En bref
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔
Solaire : le juge administratif précise son contrôle de la prévention des atteintes aux espèces protégées pour un projet de centrale solaire sur un site pollué (CAA Marseille, 19 mars 2026, n°24MA01751 – Jurisprudence cabinet)
Qu’est-ce qu’un « avocat en droit de l’environnement » ? Nos réponses sur l’accès, l’exercice et l’évolution du métier
Certificats d’économies d’énergie (CEE) : rejet en référé de demandes de délivrance de certificats (Conseil d’Etat)
Par deux décisions en date du 29 juillet 2020, le Conseil d’Etat s’est prononcé sur la possibilité de demander au juge des référés qu’il ordonne à l’administration de délivrer des certificats d’économies d’énergie. Analyse.
Résumé
- Un demandeur de certificats d’économies d’énergie a souhaité demander au juge administratif des référés qu’il enjoigne à l’administration de délivrer ces certificats ;
- Il a alors présenté une requête en référé « mesure utile » fondée sur l’article L.521-3 du code de justice administrative ;
- Le Conseil d’Etat confirme le rejet de cette demande au motif que le juge des référés ne peut prononcer une « mesure utile » qui aurait pour effet de faire obstaclé à l’exécution d’une décision administrative. Au cas présent, l’injonction adressée à l’administration de délivrer des certificats aurait fait échec à la décision de cette même administration de suspendre les délais d’acceptation implicite pour les demandes de certificats d’économie d’énergie.
Introduction
Les sociétés qui déposent auprès de l’administration (PNCEE – Pôle national des certificats d’économies d’énergie) des demandes de certificats d’économies d’énergie sont parfois confrontées à des délais d’instruction assez longs. Cette longueur est en partie liée à l’augmentation des contrôles et demandes de compléments de dossiers. Certaines sociétés ont alors été tentées, pour obtenir plus rapidement les certificats demandés, de demander au juge administratif des référés qu’il enjoigne cette administration de délivrer les certificats demandés, à bref délai.
Les deux décisions rendues ce 29 juillet 2020 par le Conseil d’Etat ont précisément trait à des demandes en référé de délivrance de certificats d’économies d’énergie.
Dans la première espèce (n°433815), le Conseil d’Etat était saisi d’un pourvoi en cassation par une société auteure de plusieurs demandes de certificats d’économies d’énergie, en 2017.
- Par une lettre du 25 juillet 2017, le ministre chargé de l »écologie a engagé une procédure de contrôle portant sur des dossiers distincts ayant déjà fait l’objet d’une décision de délivrance de tels certificats ;
- Par un courrier du 16 novembre 2017, le ministre a, d’une part constaté l’existence de divers manquements et mis en demeure la société de lui transmettre les preuves de la conformité réglementaire des opérations contrôlées, d’autre part suspendu, en application de l’article R. 222-9 du code de l’énergie, le délai implicite d’acceptation de l’ensemble des demandes de certificats déposées par la société et de toute nouvelle demande faisant l’objet d’un dépôt.
Cette société a alors demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris d’ordonner à la ministre de la transition écologique et solidaire de lui délivrer, dans un délai de trente jours et sous astreinte de 1 500 euros par jour de retard, les certificats d’économie d’énergie (CEE) ainsi demandés. Par une ordonnance du 29 août 2019, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Il est important de préciser que cette société a choisi de présenter une requête en référé « mesure utile » fondée sur les dispositions de l’article L.521-3 du code de justice administrative. Conformément à une jurisprudence bien établie selon laquelle le juge du référé mesure-utile ne peut faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative (CE, 30 décembre 2002, Commune de Pont-Audemer c/ Association de sauvegarde des patrimoines de Basse-Seine, n°248787 ; CE, 8 juillet 2009, Société Eurelec Aquitaine, n°320143), le Conseil d’Etat a, à son tour, rejeté le pourvoi en cassation dirigé contre cette ordonnance du 29 août 2019 aux motifs suivants :
« 3. En jugeant que l’injonction sollicitée par la société requérante ferait obstacle à la décision du 16 novembre 2017 par laquelle la ministre a suspendu, en application de l’article R. 222-9 du code de l’énergie, les délais d’acceptation implicite pour les demandes de certificats d’économie d’énergie présentés par celle-ci, le juge des référés du tribunal administratif de Paris n’a pas commis d’erreur de droit. Ce motif justifie à lui seul le dispositif de l’ordonnance attaquée.«
Ainsi, le juge du référé mesure utile ne peut ordonner à l’administration de délivrer des certificats d’économies d’énergie dés lorsque qu’une telle mesure reviendrait à faire obstacle à l’exécution de la décision de suspension des délais implicites d’acceptation de ces demandes de certificats.
Cette décision du Conseil d’Etat ne prive pas de toute intérêt le recours à la procédure de référé pour demander la délivrance de certificats. Au cas par cas, il conviendra de vérifier si un référé mesure utile ou un référé suspension est justifié. Reste que la présentation de dossiers rigoureux et complets demeure la priorité.
Dans la deuxième espèce (n°434592), le Conseil d’Etat était également saisi d’un pourvoi en cassation formé par une société auteure de plusieurs demandes de certificats d’économies d’énergie, en 2017.
- Par une lettre du 25 juillet 2017, le ministre a engagé une procédure de contrôle portant sur des dossiers distincts ayant déjà fait l’objet d’une décision de délivrance de tels certificats.
- Par un courrier du 16 novembre 2017, le ministre a constaté l’existence de divers manquements et mis en demeure la société de lui transmettre les preuves de la conformité réglementaire des opérations contrôlées, en l’informant qu’il suspendait, en application de l’article R. 222-9 du code de l’énergie, le délai implicite d’acceptation de l’ensemble des demandes de certificats déposées par la société et de toute nouvelle demande faisant l’objet d’un dépôt.
Cette société a alors saisi le juge des référés du tribunal administratif de Paris d’une demande un peu différente de celle présentée par la société précitée.
Ici, le demandeur des certificats a demandé au juge des référés qu’il soit enjoint au ministre de faire procéder à l’enregistrement au registre national des certificats d’économie d’énergie qui lui ont été délivrés sous astreinte de 500 euros par jour de retard. Par une ordonnance du 29 août 2019, le juge des référés a rejeté sa demande. La société s’est pourvue en cassation contre cette ordonnance.
La demande ici présentée ne tend donc pas à la délivrance mais à l’enregistrement de certificats. Le but recherché est le même mais le chemin pour y parvenir un peu différent.
Reste que la position du Conseil d’Etat demeure identique : le juge du référé mesure utile ne peut faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative :
« 3. En jugeant que l’injonction sollicitée par la société requérante ferait obstacle à la décision du 16 novembre 2017 par laquelle la ministre a suspendu, en application de l’article R. 222-9 du code de l’énergie, les délais d’acceptation implicite pour les demandes de certificats d’économie d’énergie présentés par celle-ci, le juge des référés du tribunal administratif de Paris n’a pas commis d’erreur de droit. Ce motif justifie à lui seul le dispositif de l’ordonnance attaquée.«
Ces deux décisions du Conseil d’Etat sont donc intéressantes :
elles démontrent que certains demandeurs de certificats n’hésitent désormais plus à saisir le juge des référés pour tenter d’obtenir plus rapidement la délivrance de certificats. Toutefois, cette voie contentieuse doit être appréciée avec prudence. D’une part, la priorité demeure de bien étudier le droit des CEE et de présenter des dossiers de demande complets et bien présentés. D’autre part, il faut aussi considérer le temps de la justice : le délai d’intervention du juge peut lui-même être long, sans compter les possibilités d’appel et de pourvoi en cassation. De telle manière que seule une étude au cas par cas de chaque situation permettra de savoir si un référé – et lequel – est utile.
Arnaud Gossement
Avocat associé – docteur en droit
Professeur associé à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Déchets du bâtiment : trois députés proposent une refondation de la filière selon un scénario différent de celui défendu par le Gouvernement
La prévention et la gestion des déchets du bâtiment est un enjeu écologique et économique crucial puisque 42 millions de tonnes de ces déchets sont produits chaque année en France soit l’équivalent de la quantité totale de déchets produits annuellement par les ménages...
Certificats d’économies d’énergie : des députés du groupe « Droite républicaine » déposent une proposition de loi pour supprimer le dispositif
Mme Anne-Laure Blin et dix autres députés du groupe "Droite républicaine" ont déposé à l'Assemblée nationale, ce 28 avril 2026, une proposition de loi visant à supprimer les certificats d’économie d’énergie. Si les députés auteurs de cette proposition de loi...
Biogaz : la trajectoire d’incorporation des certificats de production de biogaz pour la période post-2028, actuellement en consultation publique
La trajectoire sur l’incorporation des CPB confirme l’importance sinon la priorité accordée au dispositif des CPB pour soutenir et valoriser la production de biométhane, sur les autres modes de valorisation (contrat d’achat et contrat d’achat de gré à gré de biogaz – les BPA – hors mobilité et mobilité).
Solaire : ce qu’il faut retenir du cahier des charges modifié de la nouvelle période d’appel d’offres pour les centrales solaires au sol
Le 29 avril 2026, l'Etat a publié le nouvel appel d’offres portant sur la réalisation et l’exploitation d’installations de production d’électricité à partir de l’énergie solaire par les centrales au sol. La Commission de régulation de l'énergie a mis en ligne le...
📢[webinaire] « L’autorisation environnementale : le point sur le droit applicable », matinale SERDEAUT Paris I le jeudi 21 mai 2026
Le SERDEAUT Centre de recherches, centre de recherches de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne co-dirigé par le professeur Norbert Foulquier, organise un cycle de conférences mensuelles : "Les matinales du droit de l'environnement du SERDEAUT Centre de recherches". Ce...
Recours abusifs : le Gouvernement propose de créer une nouvelle procédure de demande de dommages et intérêts (projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles)
Les députés examinent actuellement, en première lecture, le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. L'article 23 de ce texte créé une nouvelle procédure de demande de condamnation de l'auteur d'un recours, considéré comme abusif, à des...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.





![📢[webinaire] « L’autorisation environnementale : le point sur le droit applicable », matinale SERDEAUT Paris I le jeudi 21 mai 2026](https://www.gossement-avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/Affiche-matinale-Serdeaut-AE-21-mai-2026-pdf.jpg)
