En bref
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
📢[webinaire] « L’autorisation environnementale : le point sur le droit applicable », matinale SERDEAUT Paris I le jeudi 21 mai 2026
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔
Projet de loi pour une économie circulaire : le Gouvernement veut encourager la consigne pour les produits des ménages
L’article 14 du projet de loi pour une économie circulaire est consacré à la consigne, c’est-à-dire la reprise gratuite par les distributeurs de leurs produits, en échange du versement de la somme consigné en amont. Ces nouvelles dispositions, qui visent les produits consommés ou utilisés par les ménages, obligent les producteurs ou leur éco-organisme à mettre en œuvre un tel dispositif pour le recyclage, la réutilisation ou le réemploi de ces produits. Présentation.
La consigne est un dispositif visant à réduire la production de déchets : il permet aux distributeurs de récupérer leurs produits (par exemple, des bouteilles en verre) une fois qu’ils ont fini d’être exploités, en échange d’une somme consignée en amont, pour pouvoir les réutiliser.
Comme l’a précisé le législateur français, la consigne a pour objectif de » favoriser la conception écologique des produits manufacturés et d’optimiser le cycle de seconde vie des produits » Ce dispositif, déjà mis en place dans certains pays tels que l’Allemagne, est encore au stade de l’expérimentation en France.
En effet, l’article L. 541-1 du code de l’environnement, qui liste les objectifs de la politique nationale de prévention et de gestion des déchets, prévoit la possibilité d’expérimentations volontaires pour le développement des dispositifs de consigne, en particulier pour réemploi, pour certains emballages et produits.
S’agissant plus précisément de la responsabilité élargie des producteurs, la loi dispose simplement que les cahiers des charges des éco organismes des différentes filières doivent notamment prévoir » les objectifs liés à la contribution des éco-organismes à la mise en place de dispositifs de consigne pour recyclage et réemploi ». Seule la filière des bouteilles de gaz doit faire l’objet d’une consigne » ou d’un système de reprise équivalent « .
En dehors de toute obligation réglementaire, la consigne existe également dans le secteur des cafés, hôtels et restaurants pour les bouteilles en verre et les fûts, ainsi que dans certaines régions (par exemple, pour les bouteilles de bières en Alsace).
Cette hésitation sur la mise en place concrète de la consigne peut s’expliquer par ses avantages et inconvénients comme le soulignait le rapport de M. Vernier, sur les filières de responsabilité élargie des producteurs, la consigne permet notamment d’avoir un meilleur taux de collecte.
A l’inverse, ce dispositif a également un coût ainsi qu’un certain effet sur les collectivités locales, responsables de la collecte et du traitement des déchets ménagers. Ainsi, le rapport préconisait l’expérimentation d’un système de consigne dans une collectivité volontaire, avec un taux de collecte bas.
Dans la continuité de ce rapport, le Gouvernement a établi en avril 2018 une feuille de route pour une économie circulaire. Sa mesure n°17 est intitulée : » enclencher une dynamique de « mobilisation générale » pour accélérer la collecte des emballages recyclables, les bouteilles plastique et les canettes grâce à la consigne solidaire « . Cette mobilisation est également fondée sur des actions volontaristes, pendant cinq ans, avec pour objectif d’améliorer la collecte de ces produits.
Deux types d’actions sont ainsi prévues : des expérimentations de consigne dans les territoires ultramarins le souhaitant ; ainsi que, sur le territoire des collectivités le souhaitant également, la mise en place d’une » consigne solidaire », afin de créer « une incitation au retour où chaque nouvelle bouteille et canette collectée contribuerait au financement d’une grande cause environnementale, de santé ou de solidarité « .
L’article 14 du projet de loi pour une économie circulaire, cette fois en dehors de toute expérimentation, prévoit la possibilité de mettre en œuvre la consigne pour recyclage, réutilisation ou réemploi des produits consommés ou utilisés par les ménages.
Un nouvel article L. 541-10-10 sera créé dans le code de l’environnement, qui définit les modalités de la consigne: « les distributeurs [de ces produits] sont tenus de reprendre sans frais les produits de même catégorie contre le versement du montant de la somme consignée correspondante « .
Le paragraphe I prévoit toutefois que la mise en place d’un tel dispositif reste une possibilité : sa mise en œuvre est prévue » lorsque [elle] est nécessaire pour atteindre les objectifs de collecte fixés par la loi ou l’Union Européenne » et, dans ce cas, » il peut être fait obligation aux producteurs ou à leur éco-organisme de le mettre en œuvre sur le territoire de la France métropolitaine « .
Pour les départements et régions d’outre-mer, l’article prévoit, dans son paragraphe III, qu’ils peuvent également appliquer ces dispositions, » après décision prise sur délibération commune » de la région (chargée de la planification de la prévention et de la gestion des déchets) et de l’ensemble des collectivités qui exercent la compétence de collecte et de traitement des déchets des ménages prévues à l’article L. 2224-13 du code général des collectivités territoriales.
Le nouvel article renvoie à un décret le soin de préciser » les modalités de gestion de la consigne et notamment le montant de la somme consignée et les modalités d’information du consommateur au travers d’une signalétique apposée sur le produit ou son emballage « . Il conviendra donc d’attendre, postérieurement à l’adoption du projet de loi, l’encadrement du dispositif par le pouvoir réglementaire, notamment pour en déterminer l’impact sur les collectivités.
Enfin, la possibilité d’instaurer une « consigne solidaire » n’a pas été reprise par le législateur.
Camille Pifteau
Avocate – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Solaire : le Gouvernement propose de relever de 1 à 3 MWc le seuil de dispense d’étude d’impact systématique pour les installations photovoltaïques de production d’électricité
Le Gouvernement organise, du 11 juin au 2 juillet 2026, une consultation publique relative à un article d'un projet de décret comportant une mesure de simplification de l'obligation d'évaluation environnementale des projets d’installations photovoltaïques de...
Greenwashing (écoblanchiment) : décryptage du projet de nouvelles règles pour encadrer les allégations environnementales (projet de loi DDADDUE)
Par un communiqué de presse du 28 mai 2026, la Commission européenne a annoncé avoir envoyé une lettre de mise en demeure à 20 Etats membres – dont la France – au motif qu’ils ne lui ont toujours pas communiqué les mesures prises pour assurer la transposition complète...
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
La société Enertrag, actrice majeure du secteur des énergies renouvelables, développe un projet de centrale solaire photovoltaïque sur le territoire de la commune d'Aigremont. Par un arrêt n° 25LY02321 rendu le 4 juin 2026, la Cour administrative d’appel de Lyon a...
Déchets : parution du décret n°2026-433 du 2 juin 2026 sur la police des déchets
Le décret n°2026-433 du 2 juin 2026 relatif à la police des déchets et à la lutte contre l’abandon de déchets, à la traçabilité et au tri performant, publié au journal officiel du 4 juin 2026, vise notamment à : Renforcer la police des déchets ; Préciser les mesures...
Déchets : parution du décret n°2026-435 du 2 juin 2026 qui apporte des précisions sur la sortie du statut de déchet, les sous-produits et le tri des biodéchets
Le décret n°2026-435 du 2 juin 2026 portant diverses dispositions relatives à la sortie du statut de déchet, aux sous-produits et au tri des biodéchets, a été journal officiel du 4 juin 2026. Il modifie le cadre juridique applicable à la sortie du statut de déchet,...
Solaire : publication de l’arrêté « S21 » du 1er juin 2026 modifiant l’arrêté du 6 octobre 2021 fixant les conditions d’achat de l’électricité produite par les installations implantées sur bâtiment, hangar ou ombrière utilisant l’énergie solaire photovoltaïque, d’une puissance crête installée inférieure ou égale à 500 kilowatts
Le Gouvernement a publié ce 4 avril 2026, l'arrêté du 1er juin 2026 modifiant l'arrêté du 6 octobre 2021 fixant les conditions d'achat de l'électricité produite par les installations implantées sur bâtiment, hangar ou ombrière utilisant l'énergie solaire...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






