En bref
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔
Solaire : le juge administratif précise son contrôle de la prévention des atteintes aux espèces protégées pour un projet de centrale solaire sur un site pollué (CAA Marseille, 19 mars 2026, n°24MA01751 – Jurisprudence cabinet)
Qu’est-ce qu’un « avocat en droit de l’environnement » ? Nos réponses sur l’accès, l’exercice et l’évolution du métier
Rapport environnemental : publication du décret n°2016-1138 du 19 août 2016
Le Gouvernement vient de publier, au journal officiel du 21 août 2016, le décret n° 2016-1138 du 19 août 2016 « pris pour l’application de l’article L. 225-102-1 du code de commerce et relatif aux informations environnementales figurant dans le rapport de gestion des entreprises« . Analyse
6Résumé. Le décret n°2016-1138 du 19 août 2016 modifie la rédaction de l’article R.225-105-1 du code de commerce et, partant, le contenu exigible du rapport annuel environnementale de certaines sociétés anonymes. Il précise quelles sont les informations qui doivent être présentées en matière d’économie circulaire et de rejet des émissions de gaz à effet de serre.
Pour mémoire, l’article L.205-102-1 du code de commerce prévoit que le rapport annuel de certaines sociétés anonymes doit comprendre des informations sur la politique environnementale de ladite société. Seules les sociétés anonymes correspondant aux critères fixés à l’article R.225-104 du code de commerce sont tenues de procéder à la production de ces informations dans leur rapport annuel.
Deux lois récentes ont modifié le contenu de ce rapport.
En premier loi, aux termes de l’article 70 de la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte, la société doit faire état de ses engagements en faveur de l’économie circulaire. Cet ajout n’est pas neutre. La notion d’économie circulaire reçoit en effet une définition précise à l’article L.110-1-1 du code de l’environnement. Il appartient donc aux auteurs du rapport de vérifier si l’ensemble des données de cette définition est bien renseigné.
En deuxième lieu, aux termes de l’article 173 de cette même loi, le rapport doit présenter les risques financiers liés au changement climatique et une stratégie bas-carbone. Cette exigence est applicable dès l’exercice clos au 31 décembre 2016.
En troisième lieu, l’article 4 de la loi n° 2016-138 du 11 février 2016 relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire fait obligation aux auteurs du rapport de présenter les engagements de la société en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire.
A la suite de l’entrée en vigueur de ces deux lois, la rédaction de l’article 225-102-1 du code de commerce est désormais la suivante :
« Il [le rapport] comprend également des informations sur la manière dont la société prend en compte les conséquences sociales et environnementales de son activité, incluant les conséquences sur le changement climatique de son activité et de l’usage des biens et services qu’elle produit, ainsi que sur ses engagements sociétaux en faveur du développement durable, de l’économie circulaire, de la lutte contre le gaspillage alimentaire et en faveur de la lutte contre les discriminations et de la promotion des diversités. Il fait état des accords collectifs conclus dans l’entreprise et de leurs impacts sur la performance économique de l’entreprise ainsi que sur les conditions de travail des salariés. Un décret en Conseil d’Etat établit deux listes précisant les informations visées au présent alinéa ainsi que les modalités de leur présentation, de façon à permettre une comparaison des données, selon que la société est ou non admise aux négociations sur un marché réglementé.« (nous soulignons).
Le décret n° 2016-1138 du 19 août 2016 qui vient d’être publié au Journal officiel a pour objet de tenir compte de ces modifications législatives et de modifier la rédaction de l’article R. 225-105-1 du code de commerce relatif au contenu du rapport annuel.
Tout d’abord, le rapport devra comporter des informations précises relatives à l’engagement de la société pour une économie circulaire :
« c) Economie circulaire :
i) Prévention et gestion des déchets :
– les mesures de prévention, de recyclage, de réutilisation, d’autres formes de valorisation et d’élimination des déchets ;
– les actions de lutte contre le gaspillage alimentaire ;
ii) Utilisation durable des ressources :
-la consommation d’eau et l’approvisionnement en eau en fonction des contraintes locales ;
-la consommation de matières premières et les mesures prises pour améliorer l’efficacité dans leur utilisation;
-la consommation d’énergie, les mesures prises pour améliorer l’efficacité énergétique et le recours aux énergies renouvelables ;«
Il convient de souligner que l’économie circulaire n’est pas ici réduite à la seule gestion des déchets, aussi importante soit-elle. Le rapport devra décrire, non seulement les mesures prises en matière de prévention et de gestion des déchets et de lutte contre le gaspillage alimentaire mais aussi des informations relatives à l’utilisation durable des ressources.
Par ailleurs, le rapport devra présenter « – les postes significatifs d’émissions de gaz à effet de serre générés du fait de l’activité de la société, notamment par l’usage des biens et services qu’elle produit ».
Dans la pratique, le décret n°2016-1138 du 19 août 2016 n’apporte pas de changement fondamental à la rédaction du rapport environnnemental.
En premier lieu, si les termes « économie circulaire » sont désormais inscrits à l’article R.225-105-1 du code de commerce, ils correspondent à des informations qui devaient déjà être présentées dans le cadre de ce rapport, avant l’entrée en vigueur du décret n°2016-1138 du 19 août 2016
En effet, l’article R.225-105-1 précité, dans sa rédaction anciennement en vigueur, prévoyait déjà la production des informations suivantes :
« b) Pollution et gestion des déchets :
-les mesures de prévention, de réduction ou de réparation de rejets dans l’air, l’eau et le sol affectant gravement l’environnement ;
-les mesures de prévention, de recyclage et d’élimination des déchets ;
-la prise en compte des nuisances sonores et de toute autre forme de pollution spécifique à une activité ;
c) Utilisation durable des ressources :
-la consommation d’eau et l’approvisionnement en eau en fonction des contraintes locales ;
-la consommation de matières premières et les mesures prises pour améliorer l’efficacité dans leur utilisation;
-la consommation d’énergie, les mesures prises pour améliorer l’efficacité énergétique et le recours aux énergies renouvelables ; »
Ces informations continueront de devoir être présentées mais dans un chapitre « économie circulaire ».
En deuxième lieu, le rapport devait comprendre des informations relatives au changement climatique avant l’entrée en vigueur du décret n°2016-1138 du 19 août 2016.
Auparavant, le rapport devrait décrire « -les rejets de gaz à effet de serre ». Il devra désormais identifier »- les postes significatifs d’émissions de gaz à effet de serre générés du fait de l’activité de la société, notamment par l’usage des biens et services qu’elle produit ». Ces nouvelles dispositions susciteront sans doute un débat quant aux conséquences exactes de ce changement de rédaction.
En définitive, le décret n°2016-1138 du 19 août 2016 introduit les modifications suivantes.
1. Il réunit dans un chapitre « économie circulaire » les informations relatives aux déchets et aux ressources.
2. Il précise le contenu des informations relatives à la prévention et à la gestion des déchets. Si le rapport devait auparavant présenter « -les mesures de prévention, de recyclage et d’élimination des déchets » , il doit désormais faire état des « mesures de prévention, de recyclage, de réutilisation, d’autres formes de valorisation et d’élimination des déchets ». Ce sont donc les mesures relatives à la réutilisation et, de manière générale, à la valorisation, qui devront être renseignées.
3. Il exige des informations sur la lutte contre le gaspillage alimentaire
4. Il précise les conditions de présentation des « postes significatifs » des émissions de gaz à effet de serre, directes ou indirectes.
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Dérogation espèces protégées : le périmètre de la recherche d’une éventuelle « solution alternative satisfaisante » dépend de l’objectif poursuivi par le concepteur du projet (Conseil d’Etat, 7 mai 2026, n°496357)
Par une décision n°496357 rendue ce 7 mai 2026, le Conseil d'Etat a fourni d'importantes précisions quant au contenu de la condition d'octroi d'une dérogation espèces protégées relative à l’absence de "solution alternative satisfaisante » et, plus précisément, quant...
Épandage : publication du décret n°2026-357 du 7 mai 2026 encadrant le retour au sol des matières fertilisantes et supports de culture
Le Gouvernement a publié au journal officiel du 10 mai 2026, le décret n°2026-357 du 7 mai 2026 fixant les modalités de surveillance et d'identification des critères de qualité agronomique et d'innocuité des matières fertilisantes et des supports de culture. Un texte...
Déchets du bâtiment : trois députés proposent une refondation de la filière selon un scénario différent de celui défendu par le Gouvernement
La prévention et la gestion des déchets du bâtiment est un enjeu écologique et économique crucial puisque 42 millions de tonnes de ces déchets sont produits chaque année en France soit l’équivalent de la quantité totale de déchets produits annuellement par les ménages...
Certificats d’économies d’énergie : des députés du groupe « Droite républicaine » déposent une proposition de loi pour supprimer le dispositif
Mme Anne-Laure Blin et dix autres députés du groupe "Droite républicaine" ont déposé à l'Assemblée nationale, ce 28 avril 2026, une proposition de loi visant à supprimer les certificats d’économie d’énergie. Si les députés auteurs de cette proposition de loi...
Biogaz : la trajectoire d’incorporation des certificats de production de biogaz pour la période post-2028, actuellement en consultation publique
La trajectoire sur l’incorporation des CPB confirme l’importance sinon la priorité accordée au dispositif des CPB pour soutenir et valoriser la production de biométhane, sur les autres modes de valorisation (contrat d’achat et contrat d’achat de gré à gré de biogaz – les BPA – hors mobilité et mobilité).
Solaire : ce qu’il faut retenir du cahier des charges modifié de la nouvelle période d’appel d’offres pour les centrales solaires au sol
Le 29 avril 2026, l'Etat a publié le nouvel appel d’offres portant sur la réalisation et l’exploitation d’installations de production d’électricité à partir de l’énergie solaire par les centrales au sol. La Commission de régulation de l'énergie a mis en ligne le...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.





