En bref
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir des objectifs en matière de biogaz
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
[Soirée débat] 9 décembre 2025 – « Désinformation climatique : le rôle du droit face au brouillage du réel »
ICPE : réformation d’un arrêté autorisant une société à déroger aux normes environnementales pour le rejet en mer d’un effluent liquide (CAA de Marseille)
Par arrêt du 25 janvier 2019, n°18MA04096, la Cour administrative d’appel de Marseille a confirmé un jugement réformant l’arrêté par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a autorisé la société X. à rejeter un effluent en mer, en dérogation à certaines normes environnementales.
Une société exploitant une usine de fabrication d’alumine a été autorisée, par voie d’arrêté, à rejeter en mer un effluent liquide contenant des concentrations de métaux non conformes aux normes environnementales. Cette dérogation valait jusqu’au 31 décembre 2021.
La Cour administrative d’appel de Marseille juge qu’il appartient à l’exploitant de prendre toutes les mesures nécessaires pour que soient mises en œuvre des solutions permettant de respecter les normes réglementaires dans le délai le plus court possible.
Partant, le report de la date butoir permettant de déroger à ces normes environnementales est justifié.
Analyse
En l’espèce, par arrêté du 28 décembre 2015, le préfet des Bouches-du-Rhône a permis à une société fabricant de l’alumine de rejeter en mer, jusqu’au 31 décembre 2021, un effluent liquide résiduel dérogeant aux valeurs limites d’émissions pour six substances : l’arsenic, l’aluminium, le fer, l’hydrogène, « la demande biochimique en oxygène pour cinq jours » (DB05) et enfin « la demande chimique en oxygène » (DCO).
Plusieurs associations ont saisi le Tribunal administratif de Marseille afin de ramener le terme de la dérogation aux valeurs limites d’émission au 31 décembre 2018 ou, au plus tard, à la fin du premier trimestre de l’année 2019. Par jugement du 20 juillet 2018, les juges de première instance ont ramené la durée de la dérogation au 31 décembre 2019. La société défenderesse a par la suite interjeté appel afin d’obtenir le sursis à exécution du jugement.
L’appelante soutenait que la décision l’exposait à des conséquences difficilement réparables, conformément à l’article R.811-17 du code de justice administrative. En effet, selon elle, il existerait un risque qu’elle ne soit pas en mesure de mobiliser les financements nécessaires pour atteindre, à la date prévue, les résultats attendus concernant les flux résiduels. Il en découlerait ainsi un risque de cessation de son activité en raison du non-respect de ces prescriptions à la date fixée par les juges.
La Cour administrative d’appel a rejeté ce moyen, en considérant :
En premier lieu, s’agissant du prétendu risque de perte de financement, aucun justificatif n’est apporté par l’appelante.
Surtout, la Cour considère qu’il incombe à l’appelante, « en sa qualité d’exploitante, de prendre toutes les mesures nécessaires pour que soient élaborées et mises en œuvre des mesures permettant de ramener, les paramètres DBO5 et DCO sous les valeurs limites dans le délai le plus court possible. »
En deuxième lieu, s’agissant du supposé risque de cessation de l’activité de la société appelante, la Cour estime que le fait que les résultats attendus ne soient pas atteints d’ici le 31 décembre 2019 ne suffit pas à établir que la société serait conduite à cette même date à cesser toute activité.
Par voie de conséquence, la Cour rejette la demande de l’appelante et confirme la réformation de l’arrêté du 28 décembre 2015. Elle ramène l’échéance de la dérogation au 31 décembre 2019, au lieu du 31 décembre 2021.
Isabelle Michel
Juriste – Cabinet Gossement d’avocat
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Référé-liberté : l’euthanasie d’un animal porte atteinte au droit de propriété et au droit à la vie privée de son propriétaire ou détenteur « compte tenu du lien affectif particulier établi avec lui » (Conseil d’Etat, ord, 19 février 2026, Société Protectrice des Animaux du Roannais, n°511614)
Par une ordonnance n°511614 du 19 février 2026, le juge du référé-liberté du Conseil d'Etat a jugé que le fait pour une autorité publique d'ordonner l'euthanasie d'un animal constitue pour son propriétaire ou son détenteur, par nature et quels que soient les motifs...
Déchets du bâtiment : les députés refusent de discuter en urgence du projet de refondation de la filière de gestion de ces déchets, défendu par le Gouvernement (REP PMCB)
Une opération étonnante vient d'échouer à l'Assemblée nationale ce mardi 24 février 2026. Le Gouvernement a en effet tenté, en vain, de faire voter en urgence par les députés réunis en commission du développement durable, son projet de réforme ("refondation") des...
Déchets du bâtiment : le Gouvernement annonce une réforme de la filière REP PMCB mais pas encore de calendrier
Le ministre délégué de la Transition écologique a publié ce 19 février 2026, un communiqué de presse pour préciser quel sont les grands choix réalisés par le Gouvernement pour procéder à la refondation de la filière à responsabilité élargie du producteur pour les...
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir en matière d’énergie solaire (thermique et photovoltaïque)
Le décret du 12 février 2026 relatif à la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) a été publié. Il présente notamment la planification de l’énergie solaire, thermique et photovoltaïque. Présentation. La nouvelle feuille de route pour l’énergie...
Elevages : le Gouvernement et le sénateur Laurent Duplomb défendent la création d’un cadre juridique spécifique et dérogatoire pour les installations d’élevages d’animaux (projet de loi DDADDUE)
Le mercredi 18 février 2026, le Sénat a adopté en première lecture, le projet de loi portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, d’information, de transport, de santé,...
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026
L'Université Paris I Panthéon-Sorbonne (SERDEAUT Centre de recherches), centre de recherches de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne dirigé par le professeur Norbert Foulquier, organise un cycle de conférences mensuelles : "Les matinales du droit de l'environnement"....
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






![📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026](https://www.gossement-avocats.com/wp-content/uploads/2026/02/affiche-matinale-du-serdeaut-12-mars-2026-dep-400x250.jpg)