En bref
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
Appel d’offres pour centrales solaires sur bâtiments, serres et hangars agricoles et ombrières de parking de puissance comprise entre 100kWc et 8 MWc : l’avis de la Commission de régulation de l’énergie
Par une délibération en date du 1er septembre 2016, la Commission de régulation de l’énergie vient de formuler un avis sur le projet de cahier des charges de l’appel d’offres portant sur la réalisation et l’exploitation d’Installations de production d’électricité à partir de l’énergie solaire « Centrales sur bâtiments, serres et hangars agricoles et ombrières de parking de puissance comprise entre 100kWc et 8 MWc ». Un avis mitigé.
La conclusion de l’avis exprimé par la Commission de régulation de l’énergie est la suivante :
« 4. AVIS DE LA CRE
La CRE est défavorable :
à la clause du cahier des charges autorisant l’augmentation de la puissance cible pour une période lorsque le volume total déposé dépasse largement la puissance cible initialement appelée ;
à l’exigence des pièces relatives à l’autorisation d’urbanisme, qui est inutile et alourdit la préparation des offres par les candidats et leur instruction par la CRE, engendrant par ailleurs un risque élevé d’irrecevabilité. Cette exigence ne va pas dans le sens de l’objectif de simplification de la procédure d’appel d’offres pourtant visé par la récente réforme.
La CRE est favorable aux autres dispositions du cahier des charges sous réserve toutefois que le délai d’instruction soit porté à un mois et que le plan d’affaires soit ajouté à la liste des pièces à fournir par les candidats. » (nous soulignons).
Cet avis est intéressant en ce qu’il souligne la part grandissante qu’occupe le droit de l’urbanisme dans la rédaction des cahiers des charges des appels d’offres destinés à encourager le développement de la production d’énergie solaire.
Pour mémoire, le cahier des charges de l’appel d’offres portant sur la réalisation et l’exploitation d’Installations de production d’électricité à partir de l’énergie solaire « Centrales au sol de puissance comprise entre 500 kWc et 17 MWc » comporte lui aussi des dispositions précises sur l’éligibilité des projets à l’endroit des règles d’urbanisme. Au demeurant, l’exclusion des projets situés en zone agricole va sans doute au-delà des exigences du droit positif et de la jurisprudence.
Dans sa délibération du 1er septembre 2016 relative à l’appel d’offres pour les centrales sur bâtiments, serres et hangars agricoles et ombrières de parking, la CRE s’oppose de nouveau à ce que les candidats soient contraints de produire une autorisation d’urbanisme :
« Dans son avis du 3 février sur le décret modifiant la procédure d’appel d’offres, la CRE « observ[ait] que certaines pièces aujourd’hui exigées des candidats dès le dépôt de leurs dossiers de candidature ne sont pas nécessaires à la notation et au classement des offres. Pourtant, la fourniture de certaines de ces pièces requiert un effort significatif de la part des candidats, sans garantie de pouvoir mener à bien leur projet. L’exigence de la fourniture de ces pièces dans le dossier sous peine d’irrecevabilité crée un risque important d’élimination pour les candidats compte tenu de la complexité des dossiers ».
Tel est le cas de l’autorisation d’urbanisme, dont le projet de cahier des charges exige la fourniture par les candidats alors que la garantie financière d’exécution répond déjà à l’objectif d’écarter les projets dont la réalisation est incertaine. De plus, le retrait automatique de la décision de désignation – faute de constitution de la garantie financière dans les deux mois après la désignation des lauréats – renforce l’incitation à ne déposer que des projets suffisamment matures, pour lesquels une garantie sera obtenue sans difficulté de la part d’un établissement bancaire voire pour lesquels cette garantie ou un accord de principe a été obtenu en amont du dépôt de l’offre.
Au surplus, les cas dérogatoires engendrent une complexité d’instruction supplémentaire importante et représentent un niveau de formalisme disproportionné qui conduira nécessairement à l’élimination d’un grand nombre de projets qui auraient probablement pu se réaliser sans disposer de ces documents.
Dès lors, la CRE demande que l’exigence des pièces relatives à l’autorisation d’urbanisme soit supprimée.
À défaut, la CRE ne sera pas en mesure d’instruire les offres dans les délais prévus par le cahier des charges. »
Cet avis doit retenir l’attention en ce qu’il témoigne aussi et sans doute de la « crainte » de la CRE de devoir se prononcer sur la conformité d’un dossier de candidature aux règles du droit de l’urbanisme.
Les cahiers des charges des appels d’offres ont tendance à utiliser le droit de l’urbanisme comme un outil de sélection des projets. Plus encore, ces documents comportent parfois des règles qui vont au-delà des exigences du droit positif et de la jurisprudence. Tel est le cas par exemple s’agissant de l’inéligibilité des projets au sol en zone agricole.
Une fois de plus, les candidats sont fortement encouragés à s’assurer que leurs dossiers sont tout à fait conformes aux exigences ainsi renforcées du droit de l’urbanisme.
Arnaud Gossement
Avocat associé – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Biogaz : publication du décret n°2026-735 du 4 août 2026 portant diverses dispositions relatives aux garanties d’origine de biogaz
Le décret n°2026-735 du 4 août 2026 portant diverses dispositions relatives aux garanties d’origine de biogaz, publié au Journal officiel de la République française du 5 août 2026, apporte des modifications au cadre réglementaire des garanties d’origine de biogaz....
Ours des Pyrénées : le juge du référé-liberté du tribunal administratif de Toulouse suspend de nouveau et en urgence des mesures d’effarouchement, décidées par le préfet de l’Ariège en violation du droit de vivre dans un environnement sain et équilibré (Charte de l’environnement)
L’association One Voice, défendue par le cabinet Gossement Avocats, a obtenu, en urgence, de la part du juge du référé liberté du tribunal administratif de Toulouse, la suspension de tirs d’effarouchement renforcé de l’Ours brun réalisés par les éleveurs du Groupement...
Grand Tétras : le Gouvernement envisage de le classer parmi les oiseaux protégés et d’interdire sa chasse
L’Etat a ouvert une consultation publique, du 15 juillet au 4 août 2026, sur un projet de texte important qui prévoit l’inscription du Grand Tétras (Tetrao urogallus) sur la liste des oiseaux protégés et le retrait de cet oiseau de la liste des espèces chassables. Par...
Climat : le Gouvernement prévoit d’interdire la publicité relative aux énergies fossiles
Le Gouvernement organise une consultation publique, du 31 juillet au 31 août sur le projet de décret relatif à l’interdiction de la publicité relative à la commercialisation ou faisant la promotion des énergies fossiles pris pour l’application de l’article L. 229-61...
Photovoltaïque : l’avis défavorable de la CDPENAF sur un projet susceptible d’être soumis à un appel d’offres de la Commission de régulation de l’énergie peut faire l’objet d’un recours devant le juge administratif (CAA Toulouse, 24 juillet 2026, n°25TL02470)
Par un arrêt n°25TL02470 du 24 juillet 2026, la cour administrative d’appel de Toulouse a jugé que l’avis de la commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) est susceptible d’être soumis au contrôle du juge...
Certificats d’économies d’énergie : évolution des modalités de contrôle (arrêté du 27 juillet 2026 relatif aux modalités de contrôle dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie)
L’arrêté du 27 juillet 2026 relatif aux modalités de contrôle dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie, publié au Journal officiel de la République française du 29 juillet 2026, modifie les modalités des contrôles a priori. Présentation. Par...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






