En bref
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir des objectifs en matière de biogaz
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
Autoconsommation et énergies renouvelables : l’Assemblée nationale adopte le projet de loi en commission
Le projet de loi ratifiant les ordonnances relatives à l’autoconsommation et à la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables, vient récemment d’être adopté par la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Analyse.
Ce projet de loi a pour objet de ratifier d’une part, l’ordonnance n°2016-1019 du 27 juillet 2016 relative à l’autoconsommation d’électricité et d’autre part, l’ordonnance n°2016-1059 du 3 août 2016 relative à la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables et visant à adapter certaines dispositions relatives aux réseaux d’électricité et de gaz et aux énergies renouvelables.
Pour mémoire, ce projet de loi s’articule autour de cinq articles :
- L’article 1er ratifie les ordonnances susvisées ;
- L’article 2 met fin à la valorisation des garanties d’origine de la production d’électricité renouvelable bénéficiant d’un contrat d’achat ou de complément de rémunération et précise les sanctions applicables le cas échéant ;
- L’article 3 élargit le bénéfice de la réfaction tarifaire pour le raccordement des installations de production d’électricité à partir de sources d’énergie renouvelable ;
- L’article 4 confie aux gestionnaires des réseaux d’acheminement du gaz, la coordination des opérations associées à la modification de la nature du gaz acheminé dans ces réseaux ;
- L’article 5 prévoit la possibilité, à titre transitoire dans l’attente de la publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie, de recourir à une procédure d’appel d’offres pour développer des capacités de production de biogaz destiné à être injecté dans le réseau de gaz.
Pour de plus amples détails sur l’analyse en particulier des articles 2 et 3, voir un précédent article publié sur ce blog le 18 octobre 2016.
L’examen du projet de loi a été confié à la Commission des Affaires Economiques de l’Assemblée nationale, qui a désigné Madame Béatrice Santais, Rapporteure du texte.
La Commission des Affaires économiques a apporté certaines modifications au projet de loi qui lui a été initialement soumis.
En premier lieu, l’article 1er a été complété par les dispositions suivantes.
- De première part, un nouvel article 1er bis propose de compléter la définition de l’opération d’autoconsommation, précisée à l’article L. 315-1 du code de l’énergie, afin que l’électricité produite puisse être consommée soit instantanément, soit après une période de stockage.
Cette modification, qui a pour origine un amendement proposé par Madame la Rapporteure, a pour objectif d’éviter le « net-metering », qui consiste à « compenser les kilowattheures injectés par des kilowattheures soutirés à n’importe quel moment de l’année. »
Lors des débats en commission, la Rapporteure du texte a notamment défendu son amendement en ces termes : « Ce système [net metering] n’incite pas à la mise en place de démarches vertueuses, ni en termes de synchronisation de la consommation du site avec la production, ni en termes d’injection sur le réseau, dans la mesure où il permet de compenser des kilowattheures soutirés en plein hiver, aux périodes de pointe, par des kilowattheures produits l’été lorsque le soleil brille largement, qui n’ont donc pas la même valeur. »
- De deuxième part, un nouvel article 1er ter propose de remplacer « une même antenne basse tension » par « un même départ basse tension », pour définir une opération d’autoconsommation collective, précisée à l’article L. 315-2 du code de l’énergie.
Cet amendement, proposé par la Rapporteure et voté en commission, viserait à sécuriser juridiquement les opérations d’autoconsommation, dès l’instant où la notion d’antenne basse tension, ne fait l’objet d’aucune définition précise.
Selon la Rapporteure, la notion de départ basse tension « est une notion plus claire qui permet l’autoconsommation entre particuliers, comme entre particuliers et bâtiments à vocation économique. »
En réalité, aucune de ces deux notions n’est actuellement définie juridiquement. Il est vrai, toutefois, que la notion de « départ basse tension » est utilisée dans le récent cahier des charges de l’appel d’offres relatif à l’autoconsommation du mois d’août 2016 ainsi que dans la foire aux questions de la Commission de Régulation de l’Energie de septembre 2016.
- De troisième part, un nouvel article 1er quater propose de remplacer le mot « index » par « mesure » à l’article L. 315-4 du code de l’énergie.
Cette modification, issue d’un amendement proposé par la Rapporteure, poursuit l’objectif d’éviter, là encore, le net-metering.
Dans ce but, la Rapporteure soutient qu’il est indispensable de « faire des mesures de consommation à échéances régulières ».
En deuxième lieu, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) ayant été publié par le décret n°2016-1442 du 27 octobre 2016, la Commission des Affaires Economiques de l’Assemblée nationale propose logiquement de supprimer l’article 5 du projet de loi.
A noter que l’adoption de l’article 2 du projet de loi relatif à la suppression de la valorisation des garanties d’origine a été particulièrement débattue en commission.
Plusieurs membres de la commission ont voté un amendement visant à supprimer cet article 2.
Si cet amendement a finalement été rejeté par les membres de la Commission ces derniers ont toutefois souligné la nécessité de rechercher, avec le Gouvernement, un mécanisme de traçabilité de l’électricité verte, distinct « de toute possibilité de valorisation monétaire », selon la Rapporteure.
Emma Babin
Avocate
Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Économie circulaire : le point sur le futur règlement de l’UE relatif à la conception des véhicules et la gestion des véhicules hors d’usage (VHU)
Réforme à venir en droit de l’Union européennes en matière de circularité des véhicules (passeport numérique des véhicules) et de gestion des véhicules hors d’usage
Qu’est-ce qu’un « avocat en droit de l’environnement » ? Nos réponses sur l’accès, l’exercice et l’évolution du métier
La question nous est très souvent posée. Par nos clients, par des étudiant(e)s en droit qui réfléchissent à leur orientation professionnelle ou par des personnes qui cherchent un conseil pour défendre leurs droits : qu'est ce qu'un avocat en droit de l'environnement ?...
Lagopède alpin : la ministre de l’écologie doit suspendre, pour cinq ans, la chasse d’une espèce d’oiseau sauvage dont l’état de conservation est mauvais (Conseil d’Etat, 2 mars 2026, Ligue pour la Protection des Oiseaux, One Voice et Comité écologique ariègeois)
Voici une décision importante dont l'intérêt va bien au-delà de la seule question de la conservation du Lagopède alpin mais pourrait contraindre la ou le ministre de l'écologie a suspendre plus souvent la chasse d'espèces sauvages en mauvais état de conservation sans...
Principe de non-régression : le Gouvernement ne peut pas réduire le niveau de protection des zones humides qui ont « un rôle essentiel en matière environnementale » (Conseil d’Etat, 2 mars 2026, France Nature Environnement et autres, n°497009)
Voici une décision d'une grande importance par laquelle, le Conseil d'Etat a sanctionné - ce qui est encore assez rare - une nouvelle violation du principe de non-régression par le Gouvernement. Faciliter par arrêté la construction de bassines dans des zones humides...
Dérogation espèces protégées : le Conseil d’Etat précise la méthode d’appréciation du « risque suffisamment caractérisé » d’atteinte à l’état de conservation des espèces protégées (Conseil d’Etat, 23 février 2026, n°494510)
Cette décision n°494510 du 23 février 2026 du Conseil d'Etat est d'une particulière importance pour les rédacteurs des études d'impact qui serviront, notamment, à apprécier l'obligation de dépôt d'une demande de dérogation espèces protégées. Le Conseil d'Etat a ici...
Référé-liberté : l’euthanasie d’un animal porte atteinte au droit de propriété et au droit à la vie privée de son propriétaire ou détenteur « compte tenu du lien affectif particulier établi avec lui » (Conseil d’Etat, ord, 19 février 2026, Société Protectrice des Animaux du Roannais, n°511614)
Par une ordonnance n°511614 du 19 février 2026, le juge du référé-liberté du Conseil d'Etat a jugé que le fait pour une autorité publique d'ordonner l'euthanasie d'un animal constitue pour son propriétaire ou son détenteur, par nature et quels que soient les motifs...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






