Comités régionaux de l’énergie : le décret n°2023-35 du 27 janvier 2023 précise leur rôle et leur composition

Fév 1, 2023 | Droit de l'Environnement

La loi « climat et résilience » du 22 août 2021 a créé les « comités régionaux de l’énergie ». Le décret n°2023-35 du 27 janvier 2023 en précise le rôle et la composition. Ces comités doivent contribuer à la définition et à la mise en œuvre des politiques énergétiques régionales. Une mission d’autant plus importante que la future loi d’accélération de la production d’énergies renouvelables prévoit leur consultation sur la cartographie des zones d’accélération. Commentaire.

L’article 83 (V) de la loi n°2021-1104 du 22 août 2021, a créé, dans chaque région située en métropole, un « comité régional de l’énergie ». Le décret n° 2023-35 du 27 janvier 2023 relatif aux comités régionaux de l’énergie a été pris pour l’application de cette disposition, codifiée à l’article L.141-5-2 du code de l’énergie.

I. Une mission de concertation et de planification
Aux termes de cet article article 83 (V) de la loi n°2021-1104 du 22 août 2021, le comité régional de l’énergie a un double objet : de concertation et de planification. Il doit favoriser la concertation sur les politiques régionaux de l’énergie et contribuer à la définition puis à la mise en œuvre des objectifs régionaux de développement des énergies renouvelables et de récupération. 
Plus précisément, le comité régional de l’énergie :
  • est chargé de favoriser la concertation, en particulier avec les collectivités territoriales, sur les questions relatives à l’énergie au sein de la région.
  • est associé à la fixation ainsi qu’au suivi et à l’évaluation de la mise en œuvre des objectifs de développement des énergies renouvelables et de récupération du schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires prévu à l’article L. 4251-1 du code général des collectivités territoriales ou, en Île-de-France, du schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie et de son schéma régional éolien prévus à l’article L. 222-1 du code de l’environnement.

L’article 2 du décret n° 2023-35 du 27 janvier 2023 relatif aux comités régionaux de l’énergie apporte les précisions suivantes quant à la mission du comité régional de l’énergie, à l’article D. 141-2-1 du code de l’énergie. Ce comité est chargé, de manière générale, ,de « favoriser la concertation sur les questions relatives à l’énergie, au sein de chaque région » : 

« Le comité régional de l’énergie prévu par l’article L. 141-5-2 du code de l’énergie est chargé de favoriser la concertation, en particulier avec les collectivités territoriales, sur les questions relatives à l’énergie au sein de chaque région située sur le territoire métropolitain continental. (…) »

II. Un pouvoir d’avis et de proposition

Aux termes de l’article L.141-5-2 du code de l’énergie dans sa rédaction issue de l’article 83 (V) de la loi n°2021-1104 du 22 août 2021 précitée, le comité régional de l’énergie peut : 

  • débattre et rendre des avis sur tous les sujets relatifs à l’énergie ayant un impact sur la région.
  • élaborer une proposition d’objectifs régionaux de développement des énergies renouvelables de la région 

Sur ce deuxième point, la procédure est la suivante : 

  • Le ministre chargé de l’énergie demande au comité régional de l’énergie de chaque région située sur le territoire métropolitain continental d’élaborer une proposition d’objectifs de développement des énergies renouvelables de la région, en vue de définir les objectifs de développement des énergies renouvelables prévus à l’article L. 141-5-1 du code de l’énergie. 
  • A l’expiration d’un délai de deux mois à compter de la demande, la proposition du comité régional est réputée élaborée.

A noter : l’article 3 du projet de loi d’accélération de la production d’énergies renouvelables, actuellement en dernière lecture au Sénat, prévoit que le comité régional est saisi pour avis, par le référent préfectoral, de la cartographie des zones d’accélération.

Une cartographie dont devra ensuite tenir compte le comité régional de l’énergie dans l’élaboration de sa proposition relative aux objectifs de développement des énergies renouvelables de la région. La rédaction du dernier alinéa du 1 de l’article L.141-5-2 du code de l’énergie pourrait être ainsi modifiée, à la suite de la promulgation de la future loi d’accélération de la production d’énergies renouvelables :
« Pour élaborer sa proposition, le comité régional de l’énergie ou l’organe en tenant lieu tient compte des zones d’accélération pour l’implantation d’installations terrestres de production d’énergies renouvelables mentionnées à l’article L. 141-5-3 du présent code.« 
L’article 2 du décret n° 2023-35 du 27 janvier 2023 relatif aux comités régionaux de l’énergie apporte les précisions suivantes quant aux attributions du comité régional de l’énergie, à l’article  D. 141-2-1 du code de l’énergie : 

1° Il propose au ministre chargé de l’énergie des objectifs régionaux de développement des énergies renouvelables et de récupération pour la chaleur et le froid, l’électricité et le gaz de la région dans les conditions prévues à l’article L. 141-5-2. Pour l’élaboration de la proposition, le comité prend en compte les capacités de production existantes et en projet et s’appuie notamment sur des études de potentiels énergétiques, renouvelables et de récupération régionaux mobilisables jointes à la proposition ;

2° Il est associé à la fixation ainsi qu’au suivi et à l’évaluation de la mise en œuvre des objectifs de développement des énergies renouvelables et de récupération du schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires prévu à l’article L. 4251-1 du code général des collectivités territoriales ou, en Ile-de-France, du schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie et de son schéma régional éolien prévus à l’article L. 222-1 du code de l’environnement ;

3° Il rend un avis sur l’évolution du développement des énergies renouvelables et de récupération dans la région, en vue de l’atteinte des objectifs prévus à l’article L. 141-5-1, sur la base d’un bilan des indicateurs de suivi prévu au deuxième alinéa de l’article L. 141-5-1 présenté chaque année par le président du conseil régional et le préfet de région ;

4° Il peut débattre et rendre des avis sur tous les sujets relatifs à l’énergie ayant un impact sur la région.
Les avis et propositions du comité sont rendus publics.

III. La composition du comité régional de l’énergie
L’article L.141-5-2 du code de l’énergie précise que le comité régional de l’énergie est coprésidé par le président du conseil régional et le représentant de l’Etat dans la région. Il précise en outre que ce comité « associe les communes ou groupements de communes, les départements, les autorités organisatrices de la distribution d’énergie, mentionnées à l’article L. 2224-31 du code général des collectivités territoriales, et les gestionnaires des réseaux publics de distribution ou de transport intéressés. »
L’article 2 du décret n° 2023-35 du 27 janvier 2023 relatif aux comités régionaux de l’énergie créé un nouvel article D. 141-2-3 au sein du code de l’énergie qui comporte les précisions suivantes quant à leur composition et à la désignation des membres : 
« I.-Le comité régional de l’énergie, composé au plus de quarante-cinq membres, comprend, outre le préfet de région et le président du conseil régional :

1° Un collège de représentants de l’Etat et de ses établissements publics, désignés par le préfet de région ;
2° Un collège de représentants de la région, désignés par le président du conseil régional ;
3° Un collège de représentants des départements, des communes, des établissements publics de coopération intercommunale, désignés sur proposition d’associations représentatives d’élus territoriaux ou des collectivités intéressées, des syndicats mixtes et des autorités organisatrices de la distribution publique d’énergie mentionnées aux articles L. 2224-31 et L. 2224-38 du code général des collectivités territoriales ;
4° Un collège de représentants des entreprises et de l’activité économique du secteur de l’énergie dans la région comprenant des représentants de producteurs notamment d’énergies renouvelables, des représentants des personnels des entreprises du secteur de l’énergie, de consommateurs, des gestionnaires des réseaux publics de distribution, et des gestionnaires des réseaux publics de transport d’énergie ;
5° Un collège de représentants d’organisations de la société civile actives dans le domaine de l’énergie et du climat et d’associations agréées pour la protection de l’environnement, d’associations de consommateurs particuliers et de personnalités qualifiées
. »

La durée des membres des comités régionaux de l’énergie est, en principe, de six ans, renouvelable.
Arnaud Gossement
Avocat – professeur associé à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne

Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :

Découvrez le cabinet Gossement Avocats

Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.

À lire également

Energie renouvelable : une proposition de loi pour adapter le développement des énergies renouvelables aux capacités des réseaux publics de distribution et de transport d’électricité, en donnant la priorité à certains projets

Energie renouvelable : une proposition de loi pour adapter le développement des énergies renouvelables aux capacités des réseaux publics de distribution et de transport d’électricité, en donnant la priorité à certains projets

Le sénateur Michel Masset (RDSE) a déposé au Sénat une proposition de loi "visant à clarifier le déploiement de la production d'énergie solaire sur le territoire". Une proposition de loi qui intéresse le raccordement aux réseaux de public de distribution et de...

Solaire : le juge administratif précise son contrôle de la prévention des atteintes aux espèces protégées pour un projet de centrale solaire sur un site pollué  (CAA Marseille, 19 mars 2026, n°24MA01751 – Jurisprudence cabinet)

Solaire : le juge administratif précise son contrôle de la prévention des atteintes aux espèces protégées pour un projet de centrale solaire sur un site pollué (CAA Marseille, 19 mars 2026, n°24MA01751 – Jurisprudence cabinet)

Par un arrêt n°24MA01751 du 19 mars 2026, la cour administrative d'appel de Marseille a rejeté le recours par lequel des riverains ont demandé l'annulation du permis de construire une centrale solaire au sol, délivré à la société Marseille Soleil. Un projet dont...

Dérogation espèces protégées : l’exploitant d’un parc éolien qui n’est pas mis en service et dont l’environnement est inchangé n’est pas tenu de déposer une demande de dérogation (Conseil d’Etat, 20 mars 202, n°496176)

Dérogation espèces protégées : l’exploitant d’un parc éolien qui n’est pas mis en service et dont l’environnement est inchangé n’est pas tenu de déposer une demande de dérogation (Conseil d’Etat, 20 mars 202, n°496176)

Par une décision n°496176 du 20 mars 2026, le Conseil d'Etat a jugé qu'une société titulaire de l'autorisation environnementale d'exploiter un parc éolien n'est pas tenue de déposer une demande de dérogation à l'interdiction de destruction d'espèces protégées lorsque...

📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔

📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔

Le SERDEAUT Centre de recherches, centre de recherches de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne co-dirigé par le professeur Norbert Foulquier, organise un cycle de conférences mensuelles : "Les matinales du droit de l'environnement du SERDEAUT Centre de recherches". Ce...

Dérogation espèces protégées : le classement d’une espèce protégée ne porte pas une atteinte excessive au droit de propriété dés lors qu’existe la procédure « dérogation espèces protégées » (Conseil d’Etat, 11 mars 2026, n°500143)

Dérogation espèces protégées : le classement d’une espèce protégée ne porte pas une atteinte excessive au droit de propriété dés lors qu’existe la procédure « dérogation espèces protégées » (Conseil d’Etat, 11 mars 2026, n°500143)

Voici une nouvelle étape du contentieux relatif au projet de construction d'une chapelle et d'un bâtiment d'accueil des pèlerins à Saint-Pierre-de-Colombier (Ardèche), porté par la congrégation religieuse "La Famille A.". Par une décision n°500143 rendue ce 11 mars...

Découvrez le cabinet Gossement Avocats

Notre Cabinet

Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.

Nos Compétences

Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.

Contact

Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.