En bref
Publication du décret du 31 décembre 2025 relatif au mécanisme de capacité
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
[Soirée débat] 9 décembre 2025 – « Désinformation climatique : le rôle du droit face au brouillage du réel »
Un maire peut refuser le permis de construire d’un poulailler industriel en raison du manque d’eau, en tenant compte du changement climatique (jurisprudence cabinet)
Energie – Autoconsommation : présentation du décret du 5 juillet 2021 relatif à l’autoconsommation collective dans les habitations à loyer modéré
Par un décret n°2021-895 du 5 juillet 2021, l’Etat a précisé les modalités de fonctionnement d’une opération d’autoconsommation collective impliquant un bailleur social. Présentation.
Pionniers dans le développement des opérations d’autoconsommation collective, les organismes d’habitations à loyer modéré bénéficient d’un cadre juridique spécifique qui s’est progressivement mis en place, en vue de faciliter l’organisation des opérations.
Depuis la publication de la loi n° 2019-1147 du 8 novembre 2019 relative à l’énergie et au climat, il est prévu explicitement au sein du code de la construction et de l’habitation que les organismes d’habitations à loyer modéré peuvent créer, gérer et participer à des opérations d’autoconsommation collective. La loi dispose également qu’ils peuvent être la personne morale organisatrice de l’opération d’autoconsommation collective.
En outre, la loi a prévu que certaines modalités d’organisation des opérations devaient être précisées. C’est l’objet du décret du 5 juillet 2021, qui crée les articles D. 315-12 à D. 315-16 au sein du code de l’énergie.
L’objectif de ces règles est de faciliter et de clarifier la mise en place d’une opération d’autoconsommation collective lorsqu’elle inclut un organisme d’habitations à loyer modéré qui en sera le pilote.
Les modalités d’information préalable des locataires d’une opération concernée par un bailleur social
Lorsqu’une opération d’autoconsommation collective concerne un organisme d’habitations à loyer modéré, ce dernier informe les locataires du projet par le biais d’une réunion spécifique. A la suite de la réunion et au moins un mois avant la mise en œuvre du projet, le bailleur affiche les éléments de l’opération sur les lieux prévus à cet effet et les communique individuellement aux locataires.
Pour les nouveaux locataires, une information spécifique préalable doit porter sur l’opération d’autoconsommation collective. Le bail doit comporter des clauses en ce sens.
La liste des informations que le bailleur social doit mettre à la disposition de ses locataires est précisée par le décret (Cf. Article D. 315-13 du code de l’énergie). On relèvera notamment la présentation des modalités envisagées de répartition de l’énergie entre les locataires, celle des modalités de répercussion financière de la participation à l’opération pour les locataires, la fourniture d’une simulation de l’impact financier global par euro et par an pour un ou plusieurs ménages types d’une participation à l’opération d’autoconsommation collective, enfin la description des conditions d’intégration et de sortie de l’opération.
Libre choix des locataires de participer ou non à l’opération d’autoconsommation collective
Le décret apporte des éléments pertinents sur les modalités d’intégration et de sortie des locataires de l’opération d’autoconsommation collective. Il s’agit d’un point important pour ce type de projet, car il est difficile de trouver un équilibre entre la stabilité des participants et les nécessaires mouvements de ces derniers.
Les locataires du bailleur social seront les consommateurs de l’électricité produite par l’installation de production, généralement détenue par le bailleur. L’électricité est cédée aux locataires participants selon les modalités établies par le bailleur.
Le décret prévoit des règles de participation, de refus et de sortie des locataires de l’opération d’autoconsommation collective.
Les locataires en cours au moment du lancement de l’opération consentent à y participer s’ils ne s’y opposent pas, après qu’ils aient reçu les éléments d’information. Pour les nouveaux locataires, ils disposent de quatorze jours pour refuser expressément leur participation à l’opération à la suite de la signature du contrat de bail.
Pendant l’opération, le locataire peut, sans condition, hormis le respect d’un délai de préavis qui ne peut pas être supérieur à deux mois, décider de quitter le projet d’autoconsommation collective.
Si le locataire avait initialement refusé de participer à l’opération, ou s’il s’était retiré, il peut à tout moment participer ou réintégrer l’opération, à nouveau sans conditions, si ce n’est le respect d’un délai fixé par le bailleur qui ne peut pas être supérieur à six mois.
Enfin, dernière précision, la résiliation du bail, indépendamment de sa cause, entraîne l’interruption de la participation du locataire à l’opération d’autoconsommation collective à la date de résiliation du bail, sans que le locataire n’ait à en formuler explicitement la demande.
Ces dispositions visent à apporter de la clarté et des facilités au bénéfice des locataires dans le cadre de leurs rapports à l’opération d’autoconsommation collective pilotée par le bailleur social.
De plus, cela uniformise le cadre applicable au fonctionnement des opérations d’autoconsommation collective portées par les bailleurs sociaux, ce qui donne à ces derniers une meilleure visibilité pour ceux qui souhaiteraient initier de ce type de projet.
Florian Ferjoux
Avocat – Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Publication du décret du 31 décembre 2025 relatif au mécanisme de capacité
Le 1er janvier 2026, a été publié au Journal officiel, le décret relatif au mécanisme de capacité institué pour la sécurité de l'approvisionnement en électricité. Pour rappel, le mécanisme de capacité a été créé pour garantir le maintien en fonctionnement de capacités...
Certificats d’économies d’énergie (CEE) : publication de l’arrêté du 21 décembre 2025 relatif à la mise en œuvre de la sixième période du dispositif des certificats d’économies d’énergie
L’arrêté du 21 décembre 2025 relatif à la mise en œuvre de la sixième période du dispositif des certificats d’économies d’énergie a été publié au Journal officiel de la République française du 24 décembre 2025. Cet arrêté complète le cadre réglementaire de la sixième...
Dérogation espèces protégées : l’administration n’est pas tenue de vérifier la fiabilité d’un dispositif anticollision prescrit par le juge administratif ou d’exiger le dépôt d’une demande de dérogation (Conseil d’Etat, 22 décembre 2025, n°497091 et 492940)
Par deux décisions rendues ce 22 décembre 2025, le Conseil d'Etat a apporté d'importantes précisions relatives à la procédure d'autorisation de déroger à l'interdiction de destruction d'espèces protégées. En premier lieu, la Haute juridiction administrative a jugé que...
Dérogation espèces protégées : le préfet doit mettre en demeure, à tout moment, l’exploitant d’une ICPE de régulariser sa situation (CE, 16 décembre 2025, n°494931)
Par une décision n°494931 rendue ce 16 décembre 2025, le Conseil d'Etat a jugé que le préfet doit mettre en demeure l'exploitant d'une installation classée (ici un parc éolien) de déposer une demande de dérogation espèces protégées lorsque les conditions sont réunies....
Charte de l’environnement : le juge judiciaire est compétent, à certaines conditions, pour statuer sur une demande de réparation du préjudice écologique causé par une activité autorisée (AMM) par l’administration (Cour de cassation, 13 novembre 2025, n°500 FS-B)
En cette année du vingtième anniversaire de la Charte de l'environnement, la Cour de cassation vient, pour la deuxième fois (cf. notre commentaire) d'en faire application. Mais d'une manière qui peut apparaître surprenante. Par un arrêt rendu ce 13 novembre 2025, la...
Dérogation espèces protégées : l’illégalité de l’autorisation d’exploiter une activité industrielle peut démontrer l’existence d’un « risque suffisamment caractérisé » imposant au préfet d’enjoindre au porteur de projet de déposer une demande de « dérogation espèces protégées » (TA Guyane, 11 décembre 2025, Association Guyane Nature Environnement, n°2201889)
Par un jugement n°2201889 rendu ce 11 decembre 2025, le tribunal administratif de la Guyane a annulé, à la demande de l'association Guyane Nature Environnement, d'une part une autorisation d'exploiter une mine d'aurifère, d'autre part le refus du préfet d'ejoindre au...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






