En bref
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
Gouvernement : les nouvelles places de l’écologie et de l’énergie dans l’appareil d’Etat (décret du 11 janvier 2024 relatif à la composition du Gouvernement)
NDLA : la présente note n’engage que son auteur.
A titre liminaire, il convient de souligner que la présente note a pour unique objet de présenter les motifs et conséquences de la modification de la place de l’énergie dans l’organigramme gouvernemental et dans l’organisation de l’appareil administratif de l’Etat.
Il est important de rappeler que la politique énergétique et climatique procède, pour l’essentiel, d’objectifs et de principes définis en droit de l’Union européenne. Par ailleurs, il est tout aussi important de souligner que, sur le plan économique, les énergies renouvelables connaissent un succès croissant, dans le monde (cf. le rapport de l’Agence internationale de l’énergie du 11 janvier 2024). Il n’est donc pas certain que la nouvelle organisation de l’appareil administratif, marquée par le souhait du président de la République de procéder à une « relance » de l’énergie nucléaire en France se traduise immédiatement par une modification de l’équilibre des sources d’énergie électrique, tel qu’organisé notamment par la directive RED III du 18 octobre 2023 que l’Etat français doit transposer.
I. Le maintien de la « planification écologique et énergétique » dans le titre de Premier ministre
Le titre de « Premier ministre » est demeuré inchangé, tant aux termes du décret du 16 mai 2022 portant nomination d’Elisabeth Borne, qu’aux termes du décret du 9 janvier 2024 portant nomination de Gabriel Attal. La rédaction de ces deux décrets signés du président de la République ne fait état que des titres de « Première ministre » ou de « Premier ministre », sans référence à la planification.
Ce sont les décrets relatifs à la composition du Gouvernement qui ont enrichi d’une référence à la « planification écologique et énergétique ».
– Le décret du 20 mai 2022 relatif à la composition du premier gouvernement d’Elisabeth Borne lui a conféré, pour la première fois, le titre de « Première ministre, chargée de la planification écologique et énergétique« .
– Le décret du 11 janvier 2024 relatif à la composition du premier gouvernement de Gabriel Attal lui a conféré également le titre de « Premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique« .
Pour mémoire, le Premier ministre dispose du secrétariat général à la planification écologique(décret n° 2022-990 du 7 juillet 2022 relatif au secrétariat général à la planification écologique et décret n° 2023-1132 du 4 décembre 2023 modifiant le décret n° 2022-990 du 7 juillet 2022 relatif au secrétariat général à la planification écologique). Par décret du 13 juillet 2022, Antoine Pellion a été nommé secrétaire général à la planification écologique.
II. Le maintien du ministre chargé de la transition écologique et de la cohésion des territoires
III. La suppression du ministère de la transition écologique et le transfert de l’administration de l’énergie vers le ministère de l’économie : la fin du « super ministère de l’écologie »
A. La suppression du ministère de la transition énergétique
Aux termes du décret du 20 mai 2022 relatif à la composition du premier gouvernement d’Elisabeth Borne, Agnès Pannier-Runacher, a été nommée « ministre de la transition énergétique ». Le ministère de la transition énergétique ne figure pas dans le décret du 11 janvier 2024 relatif à la composition du premier gouvernement de Gabriel Attal et a donc été supprimé. L’administration de l’énergie devrait désormais être dirigée par M. Bruno Le Maire, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Il convient cependant d’attendre :
– d’une part la nomination éventuelle d’un ministre délégué ou d’un secrétaire d’Etat qui pourrait avoir en charge, aux côtés du ministre de l’économie, de diriger l’administration de l’énergie.
– d’autre part, la publication du décret d’attribution des ministres pour vérifier si le ministre chargé de la transition écologique peut encore disposer de cette administration et, dans l’affirmative, dans quelle mesure.
B. La suppression du « super ministère » de l’écologie
Par un décret n°2022-832 du 1er juin 2022 relatif aux attributions du ministre de la transition écologique et des territoires – confié à Amélie de Montchalin puis à Christophe Béchu – la politique et l’administration sont confiées à la ministre de la transition énergétique mais le ministre de la transition écologique est « associé ».
– S’agissant du pilotage de la politique de l’énergie, l’article 1er de ce décret du 1er juin 2022 précise en effet que le ministre de la transition écologique « est associé par le ministre de la transition énergétique à l’élaboration de la politique de l’énergie, afin, notamment, d’assurer la lutte contre le changement climatique et de promouvoir la transition énergétique, en particulier grâce à la rénovation et la performance énergétiques des bâtiments. Il est associé aux négociations internationales et européennes relatives à l’énergie et au climat. » Par ailleurs, le ministre de la transition écologique est « associé » aux négociations internationales sur le climat : « Il est associé aux négociations internationales et européennes relatives à l’énergie et au climat.«
– S’agissant du pilotage de l’administration de l’énergie, le ministre de la transition écologique a autorité, conjointement avec le ministre chargé de la transition énergétique. En effet, aux termes de l’article 3 du décret du 1er juin 2022, Cette « autorité s’exerce : (…) 3° Conjointement avec le ministre de la transition énergétique, sur la direction générale de l’énergie et du climat pour l’exercice des compétences relatives à l’adaptation au changement climatique, à la qualité de l’air et la réglementation technique des véhicules.«
En 2024, l’administration de l’énergie devrait donc être de nouveau rattachée au ministère de l’économie qui aura notamment la charge de défendre le projet de loi relatif à la souveraineté énergétique qui devrait être prochainement présenté en conseil des ministres. Reste à savoir si le ministre chargé de la transition écologique sera encore « associé » à la conception et à la mise en œuvre de la politique énergétique et aux négociations internationales et européennes sur le climat. Pour cela, il convient d’attendre la publication des nouveaux décrets relatifs aux attributions des ministres.
Arnaud Gossement
avocat et professeur associé à l’université Paris I
Signature
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Energie : une installation de stockage d’électricité (BESS) peut être compatible avec une activité agricole, pastorale ou forestière (CAA Nantes, 5 octobre 2026, n°25NT03108 – Dossier cabinet)
Voici une information attendue par les développeurs d'installations de stockage d’électricité (BESS). Par un arrêt n°25NT03108 du 5 octobre 2026, la cour administrative d'appel de Nantes a pris acte de la décision du ministre de la ville et du logement de se désister...
Solaire flottant : une installation peut, en raison de sa puissance, ne pas être « nécessaire au fonctionnement des services publics », en zone rouge d’un PPRi (CE, 2 octobre 2026, n°499779)
Par une décision n°499779 rendue le 2 octobre 2026, le Conseil d'État a jugé qu'un préfet peut refuser l'implantation d'une centrale solaire flottante en zone rouge d'un plan de prévention des risques d'inondations (PPRi). Pour le Conseil d'Etat, si cette installation...
Chasse : la chasse aux filets des alouettes des champs poursuit des finalités « vivrières, culturelles et récréationnelles » qui lui sont propres et qui justifient qu’elle soit autorisée en plus de la chasse au tir (Conseil d’Etat, 2 octobre 2026, Association One voice et Ligue pour la protection des oiseaux, n°507798)
Par une décision n°507798 rendue le 2 octobre 2026, le Conseil d'Etat a rejeté les requêtes par lesquelles l'associations One voice (représentée par notre cabinet) et la Ligue pour la protection des oiseaux, ont demandé l'annulation de deux arrêtés du 28 août 2025 par...
Solaire : le Gouvernement veut remettre en cause les contrats d’achat signés et élargir le périmètre des installations concernées (PLF 2027)
Le projet de loi de finances pour 2027, actuellement préparé par le Gouvernement comporte des mesures qui fragilisent le soutien public des installations de production d'énergie solaire. Au nom de l'objectif affiché de réduction de la dépense publique, le Gouvernement...
Greenwashing : la directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024 s’applique-t-elle directement aux entreprises à compter du 27 septembre 2026 ?
Plusieurs articles précisent ou laissent entendre que les entreprises doivent, au plus tard ce 27 septembre 2026, vérifier que leurs produits et services respectent directement les exigences de la directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024 modifiant les directives...
Chasse : la ministre de l’écologie autorise la chasse de 5000 specimens de fuligule milouin, en recommandant de privilégier le prélèvement des mâles
La ministre de l'écologie a publié au journal officiel du 24 septembre 2026, l'arrêté du 31 août 2026 encadrant la chasse du fuligule milouin pour la saison cynégétique 2026-2027. L'arrêté du 31 août 2026 fixe la date d'ouverture de la période de chasse au 1er octobre...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






