Déchets : de nouveaux objets et produits chimiques pourront sortir du statut de déchet (arrêté du 11 décembre 2018)

Jan 7, 2019 | Droit de l'Environnement

Publié au Journal Officiel du 20 décembre 2018, l’arrêté du 11 décembre 2018 fixe les critères de sortie du statut de déchet pour les objets et produits chimiques ayant fait l’objet d’une préparation en vue de la réutilisation.

Le présent arrêté fixe les critères dont le respect permet à l’exploitant d’une installation de faire sortir du statut de déchet des objets ou produits chimiques ayant fait l’objet d’une préparation en vue d’une réutilisation.

A titre liminaire, il convient de préciser que la préparation en vue de la réutilisation s’entend au titre de la définition de l’article L. 541-1 du code de l’environnement. Aussi, il s’agit de :

« toute opération de contrôle, de nettoyage ou de réparation en vue de la valorisation par laquelle des substances, matières ou produits qui sont devenus des déchets sont préparés de manière à être réutilisés sans autre opération de prétraitement ; « 

Conformément à l’article 1er de l’arrêté commenté, des critères cumulatifs doivent être satisfaits afin que les objets et produits chimiques ayant fait l’objet d’une préparation en vue d’une réutilisation sortent du statut de déchet :

Sur les catégories de déchets entrant dans la préparation en vue de la réutilisation

La section 1 de l’annexe I du présent arrêté liste les déchets acceptés dans le processus de préparation en vue de la réutilisation. Partant, sont concernés :

– Les cartouches d’impression ;

– Les emballages [en papier/carton, en matières plastiques, en bois, en verre, textiles, composites, en mélange, contenant des résidus de substances dangereuses ou contaminés par de tels résidus] ;

– Les conteneurs à pression vides ;

– Les pneumatiques ;

– Les déchets d’équipements électriques ou électroniques ;

– Les gaz à récipients à pression et produits chimiques mis au rebut ;

– Les textiles ;

– Les éléments d’ameublements.

Il est précisé que ces déchets ne doivent pas contenir d’amiante ou de polluants organiques persistants à des concentrations supérieures aux limites fixées par le règlement européen du 29 avril 2004.

Sur les techniques et les procédés de traitement

La section 2 de l’annexe I de l’arrêté commenté apporte des précisions sur les techniques et procédés de traitement des déchets.

En premier lieu, l’arrêté indique que la préparation en vue de la réutilisation comprend un contrôle technique [contrôle visuel, tactile, tests d’étanchéité, électriques etc.] ainsi qu’un contrôle administratif [contrôle de la cohérence entre les documents d’accompagnement du déchet et le déchet etc.]

En deuxième lieu, l’arrêté prévoit que les étapes de nettoyage ou de réparation en vue de garantir que le déchet pourra être directement réutilisé pour le même usage que celui initialement prévu pourra être déterminé dans le cadre de la préparation en vue de la réutilisation.

En troisième lieu, les produits ayant fait l’objet de la préparation en vue de la réutilisation doivent être entreposés à part des autres produits gérés sur le site.

Sur la qualité des objets et produits chimiques issus de la préparation en vue de la réutilisation

La section 3 de l’annexe I de l’arrêté du 11 décembre 2018 prévoit que les objets et produits chimiques ayant fait l’objet d’une préparation en vue de leur réutilisation doivent :

– Etre dans un état permettant une utilisation directe ;

– Etre conditionnés et entreposés selon des pratiques préservant leur intégrité et leur qualité ;

– Avoir une utilisation identique à celle de leur produit d’origine ;

– Respecter les obligations du code de la consommation et les réglementations applicables à ces produits.

Sur les obligations de l’exploitant des objets et produits chimiques

En premier lieu, l’exploitant doit, soit conclure un contrat de cession pour les objets ou produits chimiques issus de la préparation en vue de la réutilisation – à l’unité ou en lot – soit les proposer à la vente aux particuliers dans un espace de distribution dont il est lui-même l’opérateur.

En deuxième lieu, les exigences des articles 3 à 7 de l’arrêté doivent être respectées par l’exploitant. Aussi, il devra :

– Etablir une attestation de conformité comprenant les éléments indiqués dans l’annexe II de l’arrêté ;

– Identifier chaque produit afin d’assurer sa traçabilité ;

– Appliquer un système de gestion de la qualité ;

– Mettre en place des obligations d’autocontrôle ;

– Conserver pendant 5 ans des éléments permettant de démontrer le respect de ces obligations. 

Isabelle Michel

Juriste – Cabinet Gossement Avocats

Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :

Découvrez le cabinet Gossement Avocats

Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.

À lire également

Energie renouvelable : une proposition de loi pour adapter le développement des énergies renouvelables aux capacités des réseaux publics de distribution et de transport d’électricité, en donnant la priorité à certains projets

Energie renouvelable : une proposition de loi pour adapter le développement des énergies renouvelables aux capacités des réseaux publics de distribution et de transport d’électricité, en donnant la priorité à certains projets

Le sénateur Michel Masset (RDSE) a déposé au Sénat une proposition de loi "visant à clarifier le déploiement de la production d'énergie solaire sur le territoire". Une proposition de loi qui intéresse le raccordement aux réseaux de public de distribution et de...

Solaire : le juge administratif précise son contrôle de la prévention des atteintes aux espèces protégées pour un projet de centrale solaire sur un site pollué  (CAA Marseille, 19 mars 2026, n°24MA01751 – Jurisprudence cabinet)

Solaire : le juge administratif précise son contrôle de la prévention des atteintes aux espèces protégées pour un projet de centrale solaire sur un site pollué (CAA Marseille, 19 mars 2026, n°24MA01751 – Jurisprudence cabinet)

Par un arrêt n°24MA01751 du 19 mars 2026, la cour administrative d'appel de Marseille a rejeté le recours par lequel des riverains ont demandé l'annulation du permis de construire une centrale solaire au sol, délivré à la société Marseille Soleil. Un projet dont...

Dérogation espèces protégées : l’exploitant d’un parc éolien qui n’est pas mis en service et dont l’environnement est inchangé n’est pas tenu de déposer une demande de dérogation (Conseil d’Etat, 20 mars 202, n°496176)

Dérogation espèces protégées : l’exploitant d’un parc éolien qui n’est pas mis en service et dont l’environnement est inchangé n’est pas tenu de déposer une demande de dérogation (Conseil d’Etat, 20 mars 202, n°496176)

Par une décision n°496176 du 20 mars 2026, le Conseil d'Etat a jugé qu'une société titulaire de l'autorisation environnementale d'exploiter un parc éolien n'est pas tenue de déposer une demande de dérogation à l'interdiction de destruction d'espèces protégées lorsque...

📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔

📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔

Le SERDEAUT Centre de recherches, centre de recherches de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne co-dirigé par le professeur Norbert Foulquier, organise un cycle de conférences mensuelles : "Les matinales du droit de l'environnement du SERDEAUT Centre de recherches". Ce...

Dérogation espèces protégées : le classement d’une espèce protégée ne porte pas une atteinte excessive au droit de propriété dés lors qu’existe la procédure « dérogation espèces protégées » (Conseil d’Etat, 11 mars 2026, n°500143)

Dérogation espèces protégées : le classement d’une espèce protégée ne porte pas une atteinte excessive au droit de propriété dés lors qu’existe la procédure « dérogation espèces protégées » (Conseil d’Etat, 11 mars 2026, n°500143)

Voici une nouvelle étape du contentieux relatif au projet de construction d'une chapelle et d'un bâtiment d'accueil des pèlerins à Saint-Pierre-de-Colombier (Ardèche), porté par la congrégation religieuse "La Famille A.". Par une décision n°500143 rendue ce 11 mars...

Découvrez le cabinet Gossement Avocats

Notre Cabinet

Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.

Nos Compétences

Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.

Contact

Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.