En bref
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔
Solaire : le juge administratif précise son contrôle de la prévention des atteintes aux espèces protégées pour un projet de centrale solaire sur un site pollué (CAA Marseille, 19 mars 2026, n°24MA01751 – Jurisprudence cabinet)
Qu’est-ce qu’un « avocat en droit de l’environnement » ? Nos réponses sur l’accès, l’exercice et l’évolution du métier
Avant-projet de loi sur le logement : le Gouvernement souhaite réformer la hiérarchie des normes et le contentieux de l’urbanisme
Ce 19 décembre 2017, l’avant-projet de la loi « Evolution du logement et aménagement numérique (ELAN) » (disponible ici) a été rendu public. Son contenu fait l’objet, depuis le 12 décembre 2017 et jusqu’à la fin du mois de janvier 2018, d’une conférence de consensus au Sénat. Parmi les sujets de cette importante réforme : la hiérarchie des normes en matière d’urbanisme et le contentieux.
Le calendrier d’élaboration
Dans le cadre de cette conférence de consensus, plusieurs réunions thématiques sont organisées. La première s’est tenue le 22 décembre, elle portait sur le rôle et la place des collectivités territoriales dans la politique du logement. La prochaine est programmée le 10 janvier 2017, elle portera sur l’accélération de la construction de logements et les enjeux liés à la simplification des normes de construction et d’urbanisme.
Le dépôt du projet de loi au Parlement est annoncé pour le premier trimestre 2018.
Parmi les nombreux sujets abordés, figurent la simplification des rapports entre les documents d’urbanisme et le contentieux de l’urbanisme.
La réforme de la hiérarchie des normes d’urbanisme
En premier lieu, l’avant-projet comporte, notamment, un article 11 concernant la simplification de la hiérarchie des normes des documents d’urbanisme.
Cet article vise à habiliter le gouvernement à légiférer par voie de l’ordonnance de l’article 38 de la Constitution afin de prendre toute mesure portant sur la simplification des dispositions relatives aux obligations de compatibilité et de prise en compte des documents d’urbanisme :
« 1° En réduisant la liste des documents opposables aux schémas de cohérence territoriale, aux plans locaux d’urbanisme et aux documents d’urbanisme en tenant lieu, ainsi qu’aux cartes communales ;
2° En prévoyant les conditions et modalités de cette opposabilité, notamment en supprimant le lien de prise en compte au profit de la seule compatibilité ;
3° En prévoyant les mesures de coordination rendues nécessaires, par les 1° et 2° du présent article, pour l’adaptation du schéma de cohérence territoriale prévu à l’article L. 141-1 du code de l’urbanisme ;
4° En prévoyant les mesures de coordination rendues nécessaires, par le 2° du présent article, pour l’adaptation du schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires prévu à l’article L. 4251-1 du code général des collectivités territoriales, ainsi que les modalités d’application dans le temps de ces mesures à ce schéma.«
Les mesures de simplification visent à réduire le nombre de documents de planification opposables aux SCOT, aux PLU et aux cartes communales.
Les ordonnances porteraient également sur l’établissement d’un rapport juridique unique entre les documents de planification, à savoir celui de la compatibilité.
Cette disposition renvoie à une décision récente rendue par le Conseil d’Etat, du 18 décembre 2017, n°395216, par laquelle il a précisé que les plans locaux d’urbanisme doivent être compatibles avec les orientations générales et les objectifs des schémas de cohérence territoriale, et non être conformes avec leur contenu :
« il appartient aux auteurs des plans locaux d’urbanisme, qui déterminent les partis d’aménagement à retenir en prenant en compte la situation existante et les perspectives d’avenir, d’assurer, ainsi qu’il a été dit, non leur conformité aux énonciations des schémas de cohérence territoriale, mais leur compatibilité avec les orientations générales et les objectifs qu’ils définissent« .
Enfin, les ordonnances concerneraient l’amélioration de la coordination des plans entre eux.
Une nouvelle réforme du contentieux de l’urbanisme
En deuxième lieu, l’avant-projet de loi contient un article 24 relatif au contentieux de l’urbanisme.
L’objectif affiché par les mesures projetées est la limitation de l’insécurité liée aux recours. Cet article contient de nombreuses dispositions.
– Notamment, l’avant-projet propose d’étendre les règles d’appréciation de l’intérêt à agir contenues au sein de l’article L. 600-1-2 du code de l’urbanisme à l’ensemble des décisions relatives à l’occupation ou à l’utilisation du sol régie.
Le texte actuellement en vigueur se limite aux recours portés contre un permis de construire, de démolir ou d’aménagement.
Cette extension intervient à la suite de décisions du juge administratif qui avaient exclu, à bon droit, l’application de l’article L. 600-1-2 du code de l’urbanisme aux recours portés contre des décisions de non opposition à des déclarations préalables (Cf. CAA Marseille, 11 avril 2017, n°16MA02990 ).
– L’avant-projet de loi contient une mesure visant à encadrer le référé suspension dans le temps et imposer au requérant dont le référé suspension est rejeté de confirmer le maintien de sa requête au fond.
La limitation dans le temps du référé suspension peut paraître discutable pour les droits des requérants, surtout si l’on conjugue cette disposition avec le contenu de l’article L. 480-13 du code de l’urbanisme relatif à la démolition des constructions réalisées conformément à un permis de construire par la suite annulé.
– L’avant-projet comprend également une disposition qui vise à joindre impérativement à la requête introductive d’instance, sous peine d’irrecevabilité, des pièces relatives à l’intérêt à agir des requérants.
– Il est envisagé que le refus par le juge de faire droit à une demande d’annulation partielle ou de faire droit à une demande de sursis à statuer le temps de régulariser une décision d’urbanisme soit motivé.
– L’avant-projet propose d’alléger les conditions applicables à l’action en responsabilité pour recours abusif prévue à l’article L. 600-7 du code de l’urbanisme.
– Le texte en projet contient d’autres éléments, concernant les transactions financières en cas de recours, les recours contre le permis de construire modificatif, l’article L. 480-13 du code de l’urbanisme, ou encore les effets d’une annulation ou d’une déclaration d’illégalité d’un document d’urbanisme sur la légalité d’une décision d’urbanisme.
Il conviendra d’être très attentif au déroulement de la conférence de consensus et à l’évolution du contenu du projet de loi qui sera déposé l’année prochaine.
Florian Ferjoux
Avocat – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Simplification : les députés veulent réduire la possibilité pour l’administration de refuser une autorisation environnementale (projet de loi d’urgence agricole)
Le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles est actuellement examiné à l'Assemblée nationale en première lecture. En commission des affaires économiques, les députés ont adopté un amendement CE1095, déposé par les rapporteurs, qui tend à...
📢[webinaire] « L’autorisation environnementale : le point sur le droit applicable », matinale SERDEAUT Paris I le jeudi 21 mai 2026
Le SERDEAUT Centre de recherches, centre de recherches de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne co-dirigé par le professeur Norbert Foulquier, organise un cycle de conférences mensuelles : "Les matinales du droit de l'environnement du SERDEAUT Centre de recherches". Ce...
« Backlash écologique : quand le Parlement fait marche arrière ». La députée Sandrine Le Feur et l’avocat Arnaud Gossement invités du podcast « Dans l’hémicycle » présenté par la journaliste Bérengère Bonte
À quelques jours de l’examen de la loi d’urgence agricole à l’Assemblée nationale (19 mai 2026) et dans un contexte de "backlash écologique" au Parlement, Bérengère Bonte reçoit Sandrine Le Feur, députée EPR de la 4ème circonscription du Finistère, présidente de la...
« Référé pénal environnemental » : l’admission du référé n’est pas subordonnée au constat d’une atteinte effective à l’environnement (Cour de cassation, crim., 5 mai 2026, Pourvoi n° 25-84.870)
Par une décision rendue ce 5 mai 2026, la chambre criminelle de la Cour de cassation a jugé que l'admission du référé environnemental devant le juge des libertés et de la détention (JLD) n'est pas subordonnée au constat d'une atteinte effective à l'environnement. Il...
Dérogation espèces protégées : le périmètre de la recherche d’une éventuelle « solution alternative satisfaisante » dépend de l’objectif poursuivi par le concepteur du projet (Conseil d’Etat, 7 mai 2026, n°496357)
Par une décision n°496357 rendue ce 7 mai 2026, le Conseil d'Etat a fourni d'importantes précisions quant au contenu de la condition d'octroi d'une dérogation espèces protégées relative à l’absence de "solution alternative satisfaisante » et, plus précisément, quant...
Épandage : publication du décret n°2026-357 du 7 mai 2026 encadrant le retour au sol des matières fertilisantes et supports de culture
Le Gouvernement a publié au journal officiel du 10 mai 2026, le décret n°2026-357 du 7 mai 2026 fixant les modalités de surveillance et d'identification des critères de qualité agronomique et d'innocuité des matières fertilisantes et des supports de culture. Un texte...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.


![📢[webinaire] « L’autorisation environnementale : le point sur le droit applicable », matinale SERDEAUT Paris I le jeudi 21 mai 2026](https://www.gossement-avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/Affiche-matinale-Serdeaut-AE-21-mai-2026-pdf.jpg)



