En bref
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinets d’avocats
Véhicule hors d’usage : le traitement par les centres VHU des véhicules relevant d’un système individuel en l’absence de contrat de gestion est légal (Conseil d’Etat, 30 juillet 2026, n°502483)
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
Allégations environnementales : la DGCCRF enjoint publiquement à une société de cesser les pratiques commerciales trompeuses constatées sur ses sites internet et en lien avec l’écologie
L’information, publiée au coeur du mois d’août, est passée inaperçue et pourtant, elle est d’une grande importance. Elle intéressera notamment toutes les entreprises qui s’expriment sur les qualités environnementales de leurs activités, produits et services et qui sont confrontées depuis 2020 à un cadre juridique relatif aux allégations environnementales, en plein essor. La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes relevant du ministère de l’économie), a en effet publié sur sa page internet un article par lequel elle indique avoir enjoint à une société de cesser plusieurs pratiques commerciales. Une étape significative de l’engagement de l’Etat dans la lutte contre le « greenwashing » (écoblanchiment).
Aux termes de la publication réalisée sur la page internet de la DGCCRF, des investigations ont mis en évidence plusieurs pratiques commerciales trompeuses sur les sites internet exploités par une société commercialisant des matelas et produits de literie.
Ces pratiques commerciales trompeuses sont les suivantes :
- l’origine française ou européenne de certains produits proposés à la vente, alors que ce n’était pas le cas ;
- la mise en avant trompeuse du caractère « écologique » de matériaux mis en œuvre dans la confection de matelas ;
- la mise en avant des vertus de l’aloe vera et du latex contenu dans les matelas, sans aucune justification quant à leur présence effective dans les produits et à la véracité de ces allégations ;
- l’usage des dénominations « latex naturel » et « matelas latex » sans remplir les conditions pour pouvoir utiliser ces dénominations ;
- la mise en avant d’une offre commerciale « meilleur prix garantie » qui ne peut manifestement pas être mise en œuvre par le consommateur au vu de ses conditions.
L’administration a donc enjointe la société concernée de cesser toutes ces pratiques commerciales trompeuses.
Cette publication est intéressante et doit retenir l’attention car l’une des pratiques commerciales trompeuses identifiée par l’administration est constituée d’une allégation environnementale, à savoir : « la mise en avant trompeuse du caractère « écologique » de matériaux mis en œuvre dans la confection de matelas« .
Malgré le caractère sommaire de cette indication, celle-ci appelle les observations suivantes.
– Le nom de la société auteure – selon l’administration – de cette pratique commerciale – est cité sur une page internet. L’intention de procéder à un « name and shame » est explicite ainsi que celle d’avertir les autres acteurs économiques qui formulent des allégations environnementales.
– l’allégation environnementale en cause était formulée sur un site internet, ce qui confirme que toutes les allégations environnementales doivent être vérifiées, qu’elles soient exprimées sur le produit, lors du service ou sur tout support.
– l’allégation environnementale irrégulière est détectée par l’administration et non – par exemple – par une association, ce qui démontre la volonté de l’Etat de se saisir sans attendre de cette problématique.
– cette allégation ne concerne pas un produit assemblé et commercialisé mais l’un de ses composants, preuve de l’intensité de l’obligation de vigilance qui pèse sur les auteurs d’allégations environnementales.
– cette publication de la DGCCRF intervient alors que le cadre juridique relatif aux allégations environnementales est en plein essor depuis 2020. On rappellera notamment l’entrée en vigueur de la directive n°2024/825 du 28 février 2024 qui contribue à la formation du régime juridique des allégations environnementales (cf. notre commentaire).
Cette décision de la DGCCRF témoigne de l’importance pour les acteurs économiques qui expriment des allégations environnementales de s’informer sur toutes les conditions de légalité de ces dernières.
Arnaud Gossement
avocat et professeur associé à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Urbanisme : une orientation d’aménagement et de programmation (OAP) ne peut pas être jugée illégale au seul motif qu’elle est rédigée de manière précise ou prescriptive (Conseil d’Etat, 23 octobre 2026, n°508382)
Par une décision n°508382 du 23 octobre 2026, le Conseil d’Etat a jugé qu’une orientation d’aménagement et de programmation (OAP) d’un plan local d’urbanisme ne peut pas être regardée comme illégale au seul motif qu’elle est énoncée de façon précise ou prescriptive....
Dérogation espèces protégées : le décret n°2026-980 du 23 octobre 2026 précise les modalités de reconnaissance de la raison impérative d’intérêt public majeur d’un projet dès sa déclaration d’utilité publique ou sa déclaration de projet
Le décret n° 2026-980 du 23 octobre 2026 modifiant le code de l'environnement en vue de préciser les modalités de reconnaissance d'une raison impérative d'intérêt public majeur au stade de la déclaration d'utilité publique ou de la déclaration de projet a été publié...
Autorisation environnementale : la mesure de régularisation ne peut pas faire l’objet d’un recours distinct, ce qui ne porte pas atteinte au droit au recours (CAA Nantes, 16 octobre 2026, n°25NT00220)
La mesure de régularisation d'une autorisation environnementale ne peut être contestée qu'une fois par le requérant. Par un arrêt rendu le 16 octobre 2026, la cour administrative d'appel de Nantes a confirmé l'irrecevabilité d'un recours dirigé contre l'arrêté...
Biodiversité : le projet de décret relatif à la mise en œuvre différée des mesures de compensation est soumis à consultation publique
Le ministère de la transition écologique a ouvert, du 20 octobre au 15 novembre 2026, une consultation publique sur un projet de décret en Conseil d’État relatif aux modalités de mise en œuvre différée des mesures de compensation des atteintes à la biodiversité. Ce...
Stockage d’électricité par batteries (BESS) : le Gouvernement annonce une « clarification » des règles d’implantation des batteries, d’ici le 1er décembre 2026
Le Gouvernement a annoncé, le 15 octobre 2026, une « clarification des règles sur l'implantation de batterie », dont la publication est prévue d'ici le 1er décembre 2026. Cette annonce figure dans le dossier de presse de la deuxième phase du plan d'électrification. Le...
Dérogation espèces protégées : le juge administratif peut prescrire une mesure de réduction susceptible d’exonérer le porteur de projet de l’obligation de dépôt d’une demande de dérogation mais doit en vérifier l’effectivité (Conseil d’Etat, 15 octobre 2026, n°506925)
Par une décision du 15 octobre 2026, n°506925, le Conseil d'Etat a annulé un arrêt de la cour administrative d'appel de Versailles relatif à l'autorisation environnementale d'un parc éolien. La cour administrative d'appel avait imposé elle-même un dispositif de...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






