Autoconsommation collective : exonération de l’accise sur l’électricité (projet de loi de finances pour 2025)

Fév 12, 2025 | Droit de l'Energie – Climat

Aux termes du projet de loi de finances pour 2025 adopté, les opérations d’autoconsommation collective d’une puissance inférieure ou égale à 1MWc vont être exonérées de l’accise sur l’électricité (anciennement TICFE et anciennement CSPE).

Le projet de loi de finances pour 2025 a été adopté le 6 février 2025. Il doit être examiné dans les prochains jours par le Conseil constitutionnel. Ce projet de loi contient un article 75 qui a pour objet d’exonérer certaines opérations d’autoconsommation collective du droit d’accise. Cet article a pour effet de modifier les articles L. 312-79 et L. 312-87 du code des impositions sur les biens et services.

Concrètement, d’une part, il ajoute, dans le tableau présentant les tarifs particuliers de l’accise, les consommateurs participant à une opération d’autoconsommation collective au sens de l’article L. 315-2 du code de l’énergie. Le tarif rattaché est celui déjà applicable à l’électricité d’origine renouvelable issue d’une opération d’autoconsommation individuelle et est de 0 euros/Mwh.

D’autre part, il modifie l’article L. 312-87 du code des impositions sur les biens et services, définissant les conditions permettant de bénéficier de l’exonération de l’accise. Celui-ci prévoit à ce jour que :

« Relève d’un tarif particulier de l’accise l’électricité qui répond aux conditions cumulatives suivantes :

1° Elle est produite à partir d’énergie éolienne, solaire thermique ou photovoltaïque, géothermique, marine, hydroélectrique, d’énergie ambiante, de la biomasse, des gaz de décharge, des gaz des stations d’épuration d’eaux usées ou de gaz produit à partir de la biomasse ;

2° La puissance installée sur le site de production est inférieure à un mégawatt. Pour l’énergie solaire photovoltaïque, cette puissance s’entend de la puissance crête ;
3° Elle est consommée pour les besoins des activités de la personne qui l’a produite
 ».

Le projet de loi vise à compléter le 3° de cet article en ajoutant que l’électricité peut également être consommée pour les besoins des consommateurs participant à une opération d’autoconsommation collective au sens de l’article L. 315 2 du code de l’énergie.

Pour rappel, l’électricité consommée est soumise à l’accise (anciennement TICFE et anciennement CSPE). L’autoconsommation individuelle bénéficie historiquement d’une exonération de cette charge. Tel n’était pas le cas des opérations d’autoconsommation collective.

Surtout, cette charge constitue un obstacle pour le développement de ces opérations, obstacle qui apparaissait au demeurant non particulièrement justifié et proportionné. Il est désormais levé.

L’évolution du cadre juridique des opérations d’autoconsommation était très attendue par le secteur. Les syndicats professionnels, dont le syndicat Enerplan, demandent depuis de nombreuses années cette évolution, qui permet au demeurant de mettre en cohérence les opérations d’autoconsommation collective avec les opérations d’autoconsommation individuelle.

Florian Ferjoux
Avocat – Gossement Avocats

Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :

Découvrez le cabinet Gossement Avocats

Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.

À lire également

📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔

📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔

Le SERDEAUT Centre de recherches, centre de recherches de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne co-dirigé par le professeur Norbert Foulquier, organise un cycle de conférences mensuelles : "Les matinales du droit de l'environnement du SERDEAUT Centre de recherches". Ce...

Loi « Duplomb 2 » : pour le Conseil d’Etat « la proposition de loi ne met pas les autorités publiques en mesure d’agir dans le respect du principe de précaution » (Conseil d’Etat, avis, 26 mars 2026, n°410574)

Loi « Duplomb 2 » : pour le Conseil d’Etat « la proposition de loi ne met pas les autorités publiques en mesure d’agir dans le respect du principe de précaution » (Conseil d’Etat, avis, 26 mars 2026, n°410574)

Par un avis n°4105574 rendu ce 26 mars 2026, le Conseil d'Etat a émis un avis particulièrement sévère sur la proposition de loi (dite "Duplomb 2") "visant à atténuer une surtransposition relative à l'utilisation de produits phytopharmaceutiques afin d'éviter la...

Solaire : le bénéfice du tarif nul d’accise sur les opérations d’autoconsommation n’est pas subordonné à la condition matérielle d’une «connexion physique directe» entre l’installation de production et l’installation de consommation (Conseil d’État, 30 mars 2026, n°506355)

Solaire : le bénéfice du tarif nul d’accise sur les opérations d’autoconsommation n’est pas subordonné à la condition matérielle d’une «connexion physique directe» entre l’installation de production et l’installation de consommation (Conseil d’État, 30 mars 2026, n°506355)

Par une décision n°506355 du 30 mars 2026, le Conseil d'Etat a annulé le commentaire administratif publié par l'administration (DGFIP) le 21 mai 2025 au BOFIP (Bulletin officiel des finances publiques – Impôts) sous la référence BOI-RES-EAT-000208, ainsi que les...

Découvrez le cabinet Gossement Avocats

Notre Cabinet

Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.

Nos Compétences

Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.

Contact

Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.