En bref
Publication du décret du 31 décembre 2025 relatif au mécanisme de capacité
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
[Soirée débat] 9 décembre 2025 – « Désinformation climatique : le rôle du droit face au brouillage du réel »
Un maire peut refuser le permis de construire d’un poulailler industriel en raison du manque d’eau, en tenant compte du changement climatique (jurisprudence cabinet)
Biodiversité : le Conseil d’Etat facilite l’extension du périmètre des réserves naturelles (Conseil d’Etat)
Par un arrêt n°414018 du 3 juin 2020, le Conseil d’Etat a apporté des précisions importantes sur l’établissement du périmètre des réserves naturelles. Analyse.
Le classement d’un territoire en réserve naturelle. La création d’une réserve naturelle protège une faune, une flore, un sol, des eaux, des gisements de minéraux et de fossiles et, de manière générale, un milieu naturel qui présentent une importance particulière écologique ou scientifique ou qu’il convient de les soustraire à toute intervention artificielle susceptible de les dégrader.
La réserve naturelle permet de fixer des règles protectrices de nature à interdire les actions pouvant y porter une atteinte, comme l’interdiction de l’exécution de travaux, ou encore l’interdiction la chasse et de la pêche.
Appréciation relative à l’étendue du périmètre d’une réserve naturelle. La réserve naturelle nationale du banc d’Arguin a été étendue par le décret n° 2017-945 du 10 mai 2017. Ce décret a fait l’objet d’un recours en annulation.
Procédant au contrôle de légalité de ce décret, le Conseil d’Etat a précisé les conditions de la création ou de l’extension d’une réserve naturelle, et en particulier celles délimitant son périmètre.
Pour la Haute juridiction administrative, deux types de territoires sont donc susceptibles d’être classés en réserve naturelle : les territoires qui doivent être classés en raison de leur intérêt scientifique et les territoires qui doivent l’être au motif qu’elles contribuent à la conservation des premiers. Il s’agit donc :
- des parties du territoire au sein desquelles la conservation des espèces et du milieu naturel revêt une importance écologique ou scientifique particulière ou qu’il convient de soustraire à toute intervention artificielle susceptible de les dégrader
- des zones qui contribuent directement à la sauvegarde de ces parties du territoire, en particulier lorsqu’elles en constituent, d’un point de vue écologique, une extension nécessaire ou qu’elles jouent un rôle de transition entre la zone la plus riche en biodiversité et le reste du territoire ».
L’arrêt précise ainsi : « En vertu des articles L. 332-1 et L. 332-3 du code de l’environnement, peuvent être classées en réserve naturelle nationale les parties du territoire au sein desquelles la conservation des espèces et du milieu naturel revêt une importance écologique ou scientifique particulière ou qu’il convient de soustraire à toute intervention artificielle susceptible de les dégrader, ainsi que les zones qui contribuent directement à la sauvegarde de ces parties du territoire, en particulier lorsqu’elles en constituent, d’un point de vue écologique, une extension nécessaire ou qu’elles jouent un rôle de transition entre la zone la plus riche en biodiversité et le reste du territoire ».
En d’autres termes : un territoire peut justifier un classement en réserve naturelle, non pas en fonction de son intérêt scientifique propre mais en raison de son intérêt pour la protection d’un autre territoire.
Au cas présent, l’extension contestée de la réserve du banc d’Arguin a été jugée conforme par le Conseil d’Etat, dans la mesure où, notamment :
- la réserve naturelle est un secteur privilégié pour de nombreux oiseaux qui y vivent et s’y reproduisent, dont des espaces classées comme vulnérables ;
- elle est l’une des principales voies de migration de l’avifaune européenne ;
- les dérangements humains, pouvant être importants notamment en été, provoquent des réactions d’envol et un abandon des nids, perturbent la reproduction et sont à l’origine directe de la dégradation des conditions de vie des espèces et de leur diminution.
- l’extension concerne des zones marines où les oiseaux viennent en nombre pour stationner ou s’alimenter, ces zones ont donc été jugées comme contribuant directement à la sauvegarde des parties du territoire protégées.
De sorte qu’une zone qui ne revêt pas en elle-même une importance écologique ou scientifique particulière, peut être intégrée au sein d’une réserve naturelle lorsqu’elle contribue directement à la sauvegarde des parties du territoire protégé.
Florian Ferjoux
Avocat- Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Climat : le Gouvernement publie une trajectoire de réchauffement de la France métropolitaine de 2 °C à l’horizon 2030, de 2,7 °C à l’horizon 2050, de 4 °C à l’horizon 2100 (décret et arrêté du 23 janvier 2026)
Le Gouvernement a publié au journal officiel du 25 janvier 2026, deux textes relatifs à la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique de la France : le décret n° 2026-23 du 23 janvier 2026 relatif à la trajectoire de...
Pas de « silence vaut accord » à défaut de réponse sur une déclaration préalable pour un projet soumis à évaluation environnementale (Décret n°2025-1402 du 29 décembre 2025 relatif aux projets faisant l’objet d’une autorisation d’urbanisme et soumis à évaluation environnementale)
Depuis l’entrée en vigueur d’un décret du 29 décembre 2025, la déclaration préalable pour un projet soumis à l'obligation d'évaluation environnementale relève désormais de la règle du silence vaut rejet. Le décret tire les conséquences d’une décision du Conseil d’Etat...
Désobéissance civile : le blocage d’une autoroute par des manifestants écologistes peut être justifié par la liberté d’expression interprétée à la lumière de la liberté de réunion (Cour de cassation, 14 janvier 2026, affaire « Dernière rénovation », pourvoi n° 24-83.632)
Par un arrêt rendu ce 14 janvier 2026, la chambre criminelle de la Cour de cassation a jugé qu'une action de blocage d'une autoroute par des manifestants écologistes du collectif "Dernière rénovation" présente un lien direct avec l'exercice de la liberté d'expression,...
Autoroute A69 : la juge des libertés et de la détention bouscule les préfets du Tarn et et de la Haute-Garonne (TJ Toulouse, 12 janvier 2026 – référé pénal environnemental)
Par une ordonnance rendue le 12 janvier 2026 (disponible ici sur le site de Vert le média), la juge des libertés et de la détention (JLD) du tribunal judiciaire de Toulouse a ordonné la suspension immédiate des travaux en cours sur des sites en dehors de l'emprise...
Climat : Donald Trump engage la procédure de « retrait » des Etats-Unis de la Convention cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques de 1992
Par un memorandum daté du 7 janvier 2026, Donald Trump, président des Etats-Unis, a demandé à son administration de prendre immédiatement les mesures requises pour assurer le "retrait" des Etats-Unis de nombreuses organisations et conventions internationales, listées...
PFAS : le Gouvernement précise les règles de détection et d’interdiction des produits comportant des PFAS, applicables au 1er janvier 2026 ou 2027 (décrets des 22 et 28 décembre 2025)
Le Gouvernement a publié, en décembre 2025, deux décrets d'application de la loi n° 2025-188 du 27 février 2025 visant à protéger la population des risques liés aux substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées : le décret n° 2025-1287 du 22 décembre 2025...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






