En bref
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir des objectifs en matière de biogaz
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
[Soirée débat] 9 décembre 2025 – « Désinformation climatique : le rôle du droit face au brouillage du réel »
Certificats d’économies d’énergie : les conditions d’ouverture du dispositif aux ICPE soumises aux quotas carbone sont précisées
Un décret n° 2019-975 du 20 septembre 2019 et un arrêté de la même date, publiés le 22 septembre dernier précisent désormais les conditions dans lesquelles les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) pourront bénéficier du dispositif des Certificats d’économies d’énergie (CEE).
Contexte
Jusqu’en 2019, les installations classées pour la protection de l’environnement soumises aux système « ETS » étaient exclues du dispositif des CEE. Était invoqué notamment le fait que le dispositif des quotas carbone incitait déjà à réduire la consommation énergétique.
Au cours de la concertation préalable à la mise en place de la 4ème période, plusieurs opérateurs ont œuvré pour l’ouverture du dispositif des CEE. L’objectif principal était, sur le modèle de certains voisins européens, d’obtenir un nouveau gisement significatif et continuer à réduire les consommations énergétiques.
La loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 dite loi « PACTE » a modifié l’article L. 221-7 du code de l’énergie pour permettre cette ouverture :
« Les actions d’économies d’énergie réalisées dans les installations classées pour la protection de l’environnement mentionnées à l’article L. 229-5 du code de l’environnement [installations soumises à quotas ETS] peuvent donner lieu à la délivrance de certificats d’économies d’énergie pour les catégories d’installations et selon des conditions et modalités définies par décret.«
Lors des débats parlementaires, il a été précisé que le « décret d’application [devait être] bien calibré pour éviter de déstabiliser l’un ou l’autre des deux systèmes ». En particulier, le législateur souhaitait une ouverture encadrée et progressive du dispositif des CEE pour éviter tout effet d’aubaine et le déséquilibre du marché.
Sur les modalités d’ouverture du dispositif des CEE aux installations soumises aux quotas carbone
Le nouvel article D. 221-20.-I. du code de l’énergie prévoit que sont éligibles les opérations spécifiques réalisées :
– dans des installations soumises à quotas d’émission de gaz à effet de serre éligibles à la délivrance de quotas gratuits ou pour la production de chaleur livrée pour de telles activités ;
– pour des entreprises certifiées ISO 50 001 management de l’énergie ;
– Sur la base d’une évaluation théorique des économies d’énergie dont les hypothèses sont confirmées par un mesurage effectué sur une durée représentative après réalisation de l’opération. L’arrêté du 20 septembre 2019 prévoit que le mesurage est effectué sur une durée minimale de 6 mois représentative de l’activité des installations concernées par l’opération d’économies d’énergie.
Conformément à l’article R. 221-17 du code de l’énergie relatif aux opérations spécifiques, le temps de retour sur investissement doit être supérieur à 3 ans. Il est précisé que pour son calcul il est tenu compte de la valorisation des quotas d’émission de gaz à effet de serre.
Il ressort de ces nouvelles dispositions que l’ouverture des CEE aux entreprises soumises à quotas carbone est particulièrement étroite. Outre la difficulté de mettre en œuvre des opérations d’économies d’énergie spécifiques (audit énergétique, étude de faisabilité etc.), certains opérateurs avec lesquels nous avons pu échanger lors du petit déjeuner du 3 octobre dernier organisé par notre cabinet, considèrent que le temps de retour sur investissement est trop long pour intéresser les entreprises.
Emilie Bertaina
Avocate – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Elevages : le Gouvernement et le sénateur Laurent Duplomb défendent la création d’un cadre juridique spécifique et dérogatoire pour les installations d’élevages d’animaux (projet de loi DDADDUE)
Le mercredi 18 février 2026, le Sénat a adopté en première lecture, le projet de loi portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, d’information, de transport, de santé,...
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026
L'Université Paris I Panthéon-Sorbonne (SERDEAUT Centre de recherches), centre de recherches de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne dirigé par le professeur Norbert Foulquier, organise un cycle de conférences mensuelles : "Les matinales du droit de l'environnement"....
ICPE – éolien : que se passe-t-il lorsque le préfet refuse de régulariser une autorisation environnementale ? (Conseil d’Etat, 13 février 2026, n°498647)
Par une décision n°498647 rendue le 13 février 2026, le Conseil d'Etat a confirmé que le bénéficiaire d'une autorisation environnementale peut former un recours distinct contre la décision implicite par laquelle un préfet a refusé de prendre une mesure de...
Dérogation espèces protégées : la raison impérative d’intérêt public majeur d’un projet pourrait être reconnue dés le stade de sa déclaration d’utilité publique (projet de loi-cadre relatif au développement des transports)
Le ministre des transports a présenté, ce 11 février 2026, le projet de loi-cadre relatif au développement des transports. L'article 19 de ce projet de loi-cadre modifie plusieurs codes de manière à ce que l'Etat puisse, lors de la déclaration de projet (I) ou de la...
Programmation pluriannuelle de l’énergie : le décret n° 2026-76 du 12 février 2026 a été publié au journal officiel. Voici ce qu’il faut en retenir
Par un décret n° 2026-76 du 12 février 2026, le Gouvernement a publié la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie : un décret et, en annexe, un document comportant les nouveaux objectifs de développement des différentes sources de production d’énergies...
Vélo : le Gouvernement propose d’affaiblir l’obligation pour les collectivités territoriales de créer des pistes cyclables (projet de loi-cadre relatif au développement des transports)
Le ministre des transports a présenté en conseil des ministres, le 11 février 2026, le projet de loi-cadre relatif au développement des transports dont l'article 21 prévoit d'affaiblir considérablement, s'il était adopté, le contenu de l'obligation - créée il y a...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.


![📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026](https://www.gossement-avocats.com/wp-content/uploads/2026/02/affiche-matinale-du-serdeaut-12-mars-2026-dep-400x250.jpg)



