En bref
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
Certificats d’économies d’énergie : rejet d’une demande de suspension d’une décision de sanction (Conseil d’Etat)
Par une décision du 14 janvier 2020 (n°436704), le Conseil d’Etat a rejeté une demande de suspension d’exécution de sanctions administratives prononcées dans le cadre du dispositif des Certificats d’économies d’énergie (CEE). L’occasion de revenir sur le mécanisme du référé tendant à la suspension dans le cadre du dispositif des CEE.
Pour rappel, les obligés, en cette qualité, doivent réaliser des opérations d’économies d’énergie pour atteindre leur seuil d’obligations. Les économies réalisées donnent lieu à la délivrance de Certificats d’économies d’énergie matérialisés sur le compte EMMY de l’obligé.
Aux termes de l’article R. 222-4 du code de l’énergie, l’administration peut réaliser des contrôles a posteriori destinés à identifier les éventuels manquements liés à la délivrance des certificats d’économies d’énergie. Ces contrôles permettent de vérifier la régularité des CEE délivrés.
Pour ce faire, l’obligé tient à disposition de l’administration des pièces justificatives, dont la liste est précisée par un arrêté du 4 septembre 2014. Selon l’article R. 222-9 du code de l’énergie, lorsque l’échantillon n’est pas réputé conforme le ministre chargé de l’énergie met en demeure l’intéressé de transmettre, dans un délai d’un mois, les preuves de la conformité des opérations intéressées.
Si la non-conformité persiste, le ministre peut prononcer les sanctions suivantes :
– Sanction pécuniaire ;
– Suspension ou rejet des autres demandes de CEE faites par l’intéressé ;
– Annulation des CEE non-conformes.
En l’espèce, à la suite d’un contrôle engagé sur plusieurs opérations d’économies d’énergie, l’administration a prononcé des sanctions à l’encontre d’une société obligée. Cet obligé a alors saisi le Conseil d’Etat pour solliciter la suspension de la décision prononçant les sanctions sur le fondement de l’article R. 222-12 du code de l’énergie.
L’article R. 222-12 du code de l’énergie dispose en effet :
» Les décisions du ministre chargé de l’énergie prononçant les sanctions prévues à l’article L. 222-2 peuvent faire l’objet d’un recours de pleine juridiction et d’une demande de référé tendant à la suspension de leur exécution devant le Conseil d’Etat. Cette demande a un caractère suspensif. »
Les conditions du référé suspension sont précisées par l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
« Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. »
Il ressort de ce texte que le requérant doit démontrer à la fois une situation d’urgence et un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
En l’occurrence, le requérant soutenait que :
– les sanctions administratives avaient été adoptées au terme d’une procédure qui avait méconnu les droits de la défense et le principe du contradictoire ;
– ces sanctions étaient fondées sur des faits matériellement inexacts ou non établis ;
– la durée du retrait d’éligibilité et la mesure de rejet des demandes de certificats d’économie d’énergie étaient disproportionnées ;
– la mesure de rejet des demandes de CEE est entachée d’une erreur de droit dans l’application des articles L. 222-2 et R. 222-9 du code de l’énergie.
Sans même se prononcer sur la condition d’urgence, le Conseil d’Etat a considéré que ces moyens ne permettaient pas, en l’état de l’instruction, de créer un doute sérieux sur la légalité des dispositions contestées.
La demande de suspension a, par conséquent, été rejetée par le Conseil d’Etat.
Le requérant pourra désormais faire valoir ses droits devant le Conseil d’Etat au fond.
Emilie Bertaina
Avocate – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Climat : le Gouvernement prévoit d’interdire la publicité relative aux énergies fossiles
Le Gouvernement organise une consultation publique, du 31 juillet au 31 août sur le projet de décret relatif à l’interdiction de la publicité relative à la commercialisation ou faisant la promotion des énergies fossiles pris pour l’application de l’article L. 229-61...
Photovoltaïque : l’avis défavorable de la CDPENAF sur un projet susceptible d’être soumis à un appel d’offres de la Commission de régulation de l’énergie peut faire l’objet d’un recours devant le juge administratif (CAA Toulouse, 24 juillet 2026, n°25TL02470)
Par un arrêt n°25TL02470 du 24 juillet 2026, la cour administrative d’appel de Toulouse a jugé que l’avis de la commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) est susceptible d’être soumis au contrôle du juge...
Certificats d’économies d’énergie : évolution des modalités de contrôle (arrêté du 27 juillet 2026 relatif aux modalités de contrôle dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie)
L’arrêté du 27 juillet 2026 relatif aux modalités de contrôle dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie, publié au Journal officiel de la République française du 29 juillet 2026, modifie les modalités des contrôles a priori. Présentation. Par...
Urbanisme : le Gouvernement clarifie les règles relatives à la durée de validité des autorisations d’urbanisme des ouvrages de production d’énergie renouvelable
Par un décret n° 2026-674 du 27 juillet 2026 portant mesures de simplification de l'action publique locale et des normes applicables aux collectivités territoriales et à leurs groupements, le Gouvernement a précisé un point important : les dispositions du décret n°...
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Le Conseil constitutionnel a été saisi par de nombreux parlementaires d’une demande de contrôle de constitutionnalité de la loi. A la suite de cette saisine, le cabinet Gossement Avocats, spécialise du droit de l’environnement, dépose un mémoire nommé "contribution...
Solaire : le Gouvernement relève de 1 à 3 MWc le seuil de dispense d’étude d’impact systématique pour les installations photovoltaïques de production d’électricité
Par un décret n° 2026-674 du 27 juillet 2026 portant mesures de simplification de l'action publique locale et des normes applicables aux collectivités territoriales et à leurs groupements, publié au JO du 28 juillet 2026, le Gouvernement a relevé de 1 à 3 mégawatts,...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.





![[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public](https://www.gossement-avocats.com/wp-content/uploads/2026/07/36487-large-400x250.jpg)
