Déchets du bâtiment : présentation du projet d’arrêté « moratoire » modifiant le cahier des charges de la filière REP des déchets de produits et matériaux du secteur de la construction

Sep 1, 2025 | Droit de l'Environnement

La ministre de la transition écologique a soumis à consultation publique, jusqu’au 23 septembre prochain, un projet d’arrêté prévoyant de reporter au 1er janvier 2027 l’exécution de certaines mesures prévues par le cahier des charges annexé à l’arrêté du 10 juin 2022. Aux termes de ce projet d’arrêté, la mise en œuvre de ces mesures est suspendue jusqu’au 1er janvier 2027 dans l’attente des travaux de refondation de la filière annoncés par la ministre le 20 mars 2025. Présentation.

En résumé

Le projet d’arrêté prévoit de modifier respectivement le cahier des charges des éco-organismes et de l’organisme coordonnateur afin :

  • de reporter au 1er janvier 2027 les mesures qui devaient en principe entrer en vigueur le 1er  janvier 2025 (ou le 31 décembre 2024) ;
  • de compléter les modalités de calcul de l’équilibrage, telles qu’elles sont définies dans le cahier des charges de l’organisme coordonnateur, afin de répartir entre les éco-organismes les charges découlant de l’abattement d’au moins 50% des contributions financières pour les produits qui sont performants sur le plan environnemental.

Les mesures dont la mise en œuvre est suspendue 

Le projet d’arrêté prévoit de reporter au 1er janvier 2027 (ou au 31 décembre 2026) la mise en œuvre des mesures qui suivent :

  • La reprise sans frais des déchets de PMCB qui ont été collectés par les entreprises du secteur du bâtiment dans des contenants d’un volume de 8 m3 ;
  • La mise en œuvre d’un outil unique commun à tous les éco-organismes agréés destiné respectivement à assurer la traçabilité et à garantir un accès simplifié aux installations de reprise de ces déchets pour les détenteurs de déchets ;
  • Généralisation de la prise en charge des coûts de collecte et de transport des déchets dans le cadre de leur reprise sans frais sur les chantiers à partir d’un seuil de 50 m3 ;
  • Obligation pour les installations de reprise des déchets de PMCB qui font partie du maillage territorial des points de reprise, de disposer d’une zone dédiée au stockage de PMCB susceptibles d’être réemployés ;
  • La prise en charge sans frais des flux de déchets autres que ceux de bois, métal, plastique, fractions minérales, plâtre, verre et textile et qui sont collectés séparément par rapport à ces flux ;
  • La prise en charge intégrale des coûts de traitement des déchets de matériaux constitués majoritairement en masse de minéraux ne contenant ni verre, ni laines minérales ou plâtre inertes. Ces coûts doivent néanmoins être couverts à hauteur d’au moins 80% ;
  • La prise en charge d’une opération de résorption de dépôts de déchets de PMCB abandonnés.

 Précisions sur l’équilibrage financier

Pour mémoire, le cahier des charges de l’organisme coordonnateur, annexé à l’arrêté du 10 juin 2022, prévoyait de confier à l’organisme coordonnateur le soin de répartir entre les éco-organismes les obligations de collecte de déchets de PMCB au prorata de la quantité de produits et matériaux mis sur le marché par leurs adhérents respectifs. Cette mission, initialement dévolue à l’ADEME, est désormais confiée à l’organisme coordonnateur (ce qui n’est d’ailleurs propre à la filière REP des PMCB, les cahiers des charges de plusieurs autres filières REP prévoient une disposition similaire).

A cet égard, il convient de souligner que la société OCAB, qui avait été agréée en qualité d’organisme coordonnateur au titre de la filière REP des PMCB  jusqu’au 31 décembre 2023, vient d’être réagréé par arrêté du 30 juillet 2025 jusqu’au 31 décembre 2027.

Par ailleurs, le cahier des charges impose aux éco-organismes d’appliquer un abattement d’au moins 50% du tarif moyen des contributions financières appliquées à l’ensemble des produits et matériaux de la même catégorie, au bénéfice des produits et matériaux « composés majoritairement de matériaux dont les taux de valorisation des déchets pour l’année N-2 sont supérieurs au taux moyen de valorisation de l’ensemble des déchets de PMCB de la catégorie pour cette même année. » (cf. article 3.1.5. du cahier des charges). Cette disposition prévoit, en outre, que les charges liées à l’abattement sont répartis sur les produits dont les taux de valorisation sont, à l’inverse, inférieurs au taux moyen de valorisation des déchets de PMCB de la catégorie.

C’est précisément afin de tenir compte des charges liées à cet abattement que le projet d’arrêté prévoit de compléter les dispositions relatives à l’équilibrage financier aux termes d’un nouvel article 6.

Emma Babin – avocate associée

cabinet Gossement Avocats

 

cabinet d’avocats en droit de l’environnement, avocat en droit de l’environnement, cabinet d’avocats en droit de l’énergie, avocat en droit de l’énergie

Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :

Découvrez le cabinet Gossement Avocats

Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.

À lire également

Plastique : vers une remise en cause de l’interdiction des contenants en plastique dans les cantines et les services pédiatriques ? (Conseil d’État, 8 avril 2026, n°502935)

Plastique : vers une remise en cause de l’interdiction des contenants en plastique dans les cantines et les services pédiatriques ? (Conseil d’État, 8 avril 2026, n°502935)

Par une décision n°502935 du 8 avril 2026, le Conseil d’État a annulé les dispositions par lesquelles le décret n°2025-80 du 28 janvier 2025 a précisé les modalités d’application de l’interdiction d’utiliser des contenants alimentaires en plastique en particulier dans les services de restauration scolaire et en milieu hospitalier.

ICPE : le silence gardé par le préfet pendant plus de quatre mois sur le « porté à connaissance » comportant un projet de modifications vaut décision implicite de rejet (Conseil d’Etat, 8 avril 2026, n°495603)

ICPE : le silence gardé par le préfet pendant plus de quatre mois sur le « porté à connaissance » comportant un projet de modifications vaut décision implicite de rejet (Conseil d’Etat, 8 avril 2026, n°495603)

Par une décision n°495603 du 8 avril 2026, le Conseil d'Etat a apporté une précision essentielle pour tous les exploitants d'installations classées (ICPE) - et notamment de parcs éoliens - qui sont amenés à adresser un "porté à connaissance'" à l'administration pour...

📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔

📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔

Le SERDEAUT Centre de recherches, centre de recherches de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne co-dirigé par le professeur Norbert Foulquier, organise un cycle de conférences mensuelles : "Les matinales du droit de l'environnement du SERDEAUT Centre de recherches". Ce...

Découvrez le cabinet Gossement Avocats

Notre Cabinet

Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.

Nos Compétences

Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.

Contact

Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.