En bref
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir des objectifs en matière de biogaz
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
Déchets : le caractère proportionné de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères s’apprécie en fonction des données dont disposait l’organe délibérant lors l’adoption de la délibération qui en fixe le taux.
Par arrêt du 26 juillet 2018 n°415274, le Conseil d’Etat précise que si le montant de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) doit être proportionné au coût de la collecte et de traitement des déchets ménagers, le caractère proportionné s’apprécie en fonction des données dont disposait la collectivité territoriale compétente lors de l’adoption de la délibération qui en fixe le taux.
En l’espèce, le Tribunal administratif de Montreuil avait fait droit à la demande d’une société civile immobilière tendant à décharger cette dernière du paiement de la TEOM. Le ministre de l’action et des comptes publics se pourvoit en cassation contre ce jugement.
En premier lieu, le Conseil d’Etat rappelle le cadre juridique de la TEOM :
- la taxe n’est pas un prélèvement obligatoire qui aurait pour but de couvrir l’ensemble des dépenses budgétaires mais a exclusivement pour objet de couvrir les dépenses « réellement » exposées par la commune pour assurer le service public de gestion des déchets ;
- le taux de la taxe ne doit pas être disproportionné par rapport au montant de ces dépenses ;
- les communes, établissement publics de coopération intercommunales et les syndicats mixtes qui n’ont pas institué de redevance d’enlèvement des ordures ménagères (REOM) mettent en place une redevance spéciale pour financer la collecte et le traitement des déchets non ménagers « assimilés » visés à l’article L. 2224-14 du code général des collectivités territoriales.
Le Conseil d’Etat rappelle ainsi que la TEOM n’a pas pour objet de financer l’élimination de déchets non ménagers en l’absence de redevance spéciale.
En deuxième lieu, dans le cadre de son contrôle de légalité de la délibération instituant la TEOM et fixant son taux, le juge administratif examine tout d’abord si le produit de la taxe n’est pas manifestement disproportionné par rapport au coût de collecte et de traitement des « seuls » déchets ménagers, c’est-à-dire, hors redevance spéciale.
En troisième lieu, le juge peut être tenu d’ordonner un supplément d’instruction, en présence d’éléments tendant à faire apparaître que le produit constaté de la taxe excéderait manifestement le montant constaté des dépenses d’enlèvement et de traitement des ordures ménagères.
Le Conseil d’Etat précise, dans ce cas, qu’il convient de prendre en considération les données dont disposait l’organe délibérant lors du vote du taux de la TEOM, et non uniquement les données résultant a posteriori de l’exécution du service résultant, par exemple, du rapport annuel sur le prix et la qualité du service d’élimination des déchets, et ce, y compris dans l’hypothèse où la différence entre les données dont disposait l’organe délibérant et celles résultant de l’exécution du budget serait peu significative.
Emma Babin
Avocate
Responsable du bureau de Rennes
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Qu’est-ce qu’un « avocat en droit de l’environnement » ? Nos réponses sur l’accès, l’exercice et l’évolution du métier
La question nous est très souvent posée. Par nos clients, par des étudiant(e)s en droit qui réfléchissent à leur orientation professionnelle ou par des personnes qui cherchent un conseil pour défendre leurs droits : qu'est ce qu'un avocat en droit de l'environnement ?...
Lagopède alpin : la ministre de l’écologie doit suspendre, pour cinq ans, la chasse d’une espèce d’oiseau sauvage dont l’état de conservation est mauvais (Conseil d’Etat, 2 mars 2026, Ligue pour la Protection des Oiseaux, One Voice et Comité écologique ariègeois)
Voici une décision importante dont l'intérêt va bien au-delà de la seule question de la conservation du Lagopède alpin mais pourrait contraindre la ou le ministre de l'écologie a suspendre plus souvent la chasse d'espèces sauvages en mauvais état de conservation sans...
Principe de non-régression : le Gouvernement ne peut pas réduire le niveau de protection des zones humides qui ont « un rôle essentiel en matière environnementale » (Conseil d’Etat, 2 mars 2026, France Nature Environnement et autres, n°497009)
Voici une décision d'une grande importance par laquelle, le Conseil d'Etat a sanctionné - ce qui est encore assez rare - une nouvelle violation du principe de non-régression par le Gouvernement. Faciliter par arrêté la construction de bassines dans des zones humides...
Dérogation espèces protégées : le Conseil d’Etat précise la méthode d’appréciation du « risque suffisamment caractérisé » d’atteinte à l’état de conservation des espèces protégées (Conseil d’Etat, 23 février 2026, n°494510)
Cette décision n°494510 du 23 février 2026 du Conseil d'Etat est d'une particulière importance pour les rédacteurs des études d'impact qui serviront, notamment, à apprécier l'obligation de dépôt d'une demande de dérogation espèces protégées. Le Conseil d'Etat a ici...
Référé-liberté : l’euthanasie d’un animal porte atteinte au droit de propriété et au droit à la vie privée de son propriétaire ou détenteur « compte tenu du lien affectif particulier établi avec lui » (Conseil d’Etat, ord, 19 février 2026, Société Protectrice des Animaux du Roannais, n°511614)
Par une ordonnance n°511614 du 19 février 2026, le juge du référé-liberté du Conseil d'Etat a jugé que le fait pour une autorité publique d'ordonner l'euthanasie d'un animal constitue pour son propriétaire ou son détenteur, par nature et quels que soient les motifs...
Déchets du bâtiment : les députés refusent de discuter en urgence du projet de refondation de la filière de gestion de ces déchets, défendu par le Gouvernement (REP PMCB)
Une opération étonnante vient d'échouer à l'Assemblée nationale ce mardi 24 février 2026. Le Gouvernement a en effet tenté, en vain, de faire voter en urgence par les députés réunis en commission du développement durable, son projet de réforme ("refondation") des...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






