En bref
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
[Soirée débat] 9 décembre 2025 – « Désinformation climatique : le rôle du droit face au brouillage du réel »
Un maire peut refuser le permis de construire d’un poulailler industriel en raison du manque d’eau, en tenant compte du changement climatique (jurisprudence cabinet)
Energies renouvelables : possibilité d’apporter des modifications non-substantielles aux cahiers des charges après la sélection des candidats (décret n° 2019-1175 du 14 novembre 2019)
Le décret n° 2019-1175 du 14 novembre 2019 modifie le code de l’énergie afin de permettre des modifications non substantielles des cahiers des charges des appels d’offres portant sur la réalisation et l’exploitation d’installations de production d’électricité à partir de sources renouvelables. En outre, ce décret réduit, à partir du 1er janvier 2021, le délai entre la publication d’un avis d’appel à la concurrence au Journal officiel de l’Union européenne et la date limite de dépôt des offres.
Sur les modifications non substantielles du cahier des charges après la sélection des candidats
Le décret commenté crée une nouvelle sous-section dans la partie du code de l’énergie relative aux procédures de mise en concurrence intitulée « Modification non substantielle des cahiers des charges applicables à la réalisation et à l’exploitation d’installations de production d’électricité à partir de sources renouvelables » (art. R. 311-27-12 à R. 311-27-16 du code de l’énergie).
Désormais, le ministre chargé de l’énergie peut modifier le cahier des charges de l’appel d’offres après la désignation des candidats retenus. Ces modifications auront pour objectif d’adapter ou de simplifier le cahier des charges.
En premier lieu, les modifications ne doivent pas remettre en cause les règles de désignation comme les critères d’admissibilité, de classement ou de sélection des offres.
Art. R. 311-27-12. du code de l’énergie – « Le ministre chargé de l’énergie peut, postérieurement à la désignation des candidats retenus de l’appel d’offres prévue à l’article R. 311-23, apporter au cahier des charges mentionné à l’article R. 311-16 ou à celui mentionné à l’article R. 311-25-14 des modifications non substantielles, en vue d’en adapter ou d’en simplifier le contenu.
Ces modifications ne peuvent conduire à remettre en cause les règles sur lesquelles a reposé la désignation des candidats retenus, en particulier les critères d’admissibilité, de classement et de sélection des offres. »
L’article R. 311-27-13 du code de l’énergie encadre davantage les possibilités de modification du cahier des charges en les cantonnant aux modalités :
– de report des délais de mise en service de l’installation,
– d’information en cas de changement du producteur, de l’actionnariat, du fournisseur, de la puissance installée ou du terrain d’implantation des installations
– d’autorisation des changements de producteur, d’actionnariat, de fournisseur, de la puissance installée ou de terrain d’implantation des installations
– de constitution des garanties financières
– de calcul des pénalités tarifaires
Les modifications peuvent également porter sur les marges d’évolution permises par les cahiers des charges en matière de caractéristiques énergétiques et techniques des installations.
En deuxième lieu, s’agissant de la procédure de modification, le ministre chargé de l’énergie transmet le projet du cahier des charges à la CRE qui dispose d’un délai de 15 jours pour vérifier que les modifications sont conformes à la réglementation.
A défaut, le ministre réexamine le projet de cahier des charges.
En troisième lieu, l’application des modifications du cahier des charges aux candidats diffère selon le type de modification :
– lorsque la modification concerne le calcul des pénalités tarifaires ou les caractéristiques énergétiques et techniques des installations, les contrats d’achat ou de complément de rémunération sont modifiés, dans la mesure strictement nécessaire à leur mise en conformité avec la modification publiée ;
– pour les autres types de modifications, celles-ci s’appliquent au candidat retenu qui en fait la demande au ministre chargé de l’énergie (cf. art. R. 311-27-15 du code de l’énergie).
Nous notons que la notion de « modification substantielle » n’est pas définie par les textes. Il conviendra donc de veiller à l’équilibre entre la souplesse dont bénéficierait les candidats sélectionnés (par exemple en cas de disparition du fabricant des panneaux photovoltaïques) et le respect de la procédure de mise en concurrence.
Sur la réduction des délais
Dès le 1er janvier 2021, les délais entre la publication de l’avis d’appel à la concurrence au Journal officiel de l’Union européenne et la date limite de dépôt des offres seront en principe réduits. A compter de la date de publication de l’avis, les candidats disposeront d’un délai d’au moins :
– trente-cinq jours dans le cadre de la procédure d’appel d’offres (art. R. 311-13 du code de l’énergie),
– de trente jours pour la procédure de dialogue concurrentiel (art. R. 311-25-12 du code de l’énergie),au lieu de 6 mois actuellement.
La portée de cette modification est relative : le délai de 30 jours étant un minimum, le ministre chargé de l’énergie pourra toujours octroyer aux candidats un délai supérieur pour déposer leurs offres.
Emilie Bertaina
Avocate – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Programmation pluriannuelle de l’énergie : le décret n° 2026-76 du 12 février 2026 a été publié au journal officiel. Voici ce qu’il faut en retenir
Par un décret n° 2026-76 du 12 février 2026, le Gouvernement a publié la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie : un décret et, en annexe, un document comportant les nouveaux objectifs de développement des différentes sources de production d’énergies...
Vélo : le Gouvernement propose d’affaiblir l’obligation pour les collectivités territoriales de créer des pistes cyclables (projet de loi-cadre relatif au développement des transports)
Le ministre des transports a présenté en conseil des ministres, le 11 février 2026, le projet de loi-cadre relatif au développement des transports dont l'article 21 prévoit d'affaiblir considérablement, s'il était adopté, le contenu de l'obligation - créée il y a...
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) : le Gouvernement dévoile ses nouveaux objectifs avec une clause de revoyure en 2027
Le Gouvernement a dévoilé, ce jeudi 12 février 2026, le contenu de la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3) comportant notamment les nouveaux objectifs de développement des différentes sources de production d'énergies électriques et non...
Économie circulaire : le rechapage des pneumatiques usagés, enjeu clé de la modification en cours du cahier des charges des éco-organismes de la filière REP des pneumatiques
La ministre de la transition écologique a soumis à consultation publique un projet d’arrêté modifiant les cahiers des charges éco-organismes et des organismes coordonnateurs de la filière à responsabilité élargie du producteur des pneumatiques annexés à l’arrêté du 27...
Dérogation espèces protégées : un projet « d’intérêt national majeur répondant à une raison impérative d’intérêt public majeur » est d’abord un grand projet (Conseil d’Etat, 6 février 2026, n°500384)
Par une décision n°500384 du 6 février 2026, le Conseil d'Etat a rejeté le recours par lequel plusieurs associations de défense de l'environnement ont demandé l'annulation du décret n°2024-708 du 5 juillet 2024 qualifiant de "projet d'intérêt national majeur" (PINM)...
Urbanisme – planification : comment un plan local d’urbanisme peut-il fixer des exceptions à ses propres règles générales ? (Conseil d’Etat, 28 janvier 2026, n°500730)
Par une décision rendue ce 28 janvier 2026 (n°500730), le Conseil d’Etat a précisé les conditions des exceptions pouvant être prévues par le plan local d’urbanisme pour adapter les règles générales qu’il contient. A défaut, ces exceptions sont illégales ou peuvent...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






