En bref
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir des objectifs en matière de biogaz
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
[Soirée débat] 9 décembre 2025 – « Désinformation climatique : le rôle du droit face au brouillage du réel »
Hydroélectricité : arrêtés de prescriptions complémentaires et installation d’une passe à poisson (Conseil d’Etat)
Par un arrêt du 22 octobre 2018, le Conseil d’Etat a précisé d’une part, la procédure d’adoption d’un arrêté de prescriptions complémentaires et, d’autre part, la computation des délais pour installer des passes à poissons sous une centrale hydroélectrique.
En l’espèce, l’exploitant d’une usine hydroélectrique s’est vu imposé, par un arrêté préfectoral de nouvelles prescriptions relatives au débit réservé, à la continuité écologique et à la mise à jour du règlement d’eau de la centrale.
Dans ce cadre, il était prévu que l’exploitant installe une passe à poisson. Le préfet a alors adopté un arrêté de prescriptions complémentaires en date du 26 mars 2013 pour préciser les caractéristiques de cet ouvrage.
Cet arrêté préfectoral a fait l’objet d’un recours de la part de l’exploitant, devant le Tribunal administratif de Strasbourg puis devant la Cour administrative d’appel de Nancy. Successivement débouté, le pétitionnaire a saisi le Conseil d’Etat d’un pourvoi en cassation.
En premier lieu, l’exploitant contestait la procédure d’adoption de l’arrêté de prescriptions complémentaires. Le projet d’arrêté soumis au conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) comportait en effet des visas et deux motifs supplémentaires par rapport au projet communiqué à l’exploitant.
Pour rappel, lorsque le CODERST est saisi par le Préfet sur un projet d’arrêté complémentaire, le pétitionnaire a la faculté de présenter ses observations par-devant lui. Le Préfet doit alors lui communiquer, au moins huit jours à l’avance, la date et le lieu de la réunion ainsi qu’un exemplaire des propositions additionnelles. Puis, le préfet adresse le projet d’arrêté de prescriptions complémentaires au pétitionnaire qui peut lui présenter par écrit ses observations.
En l’espèce, le Conseil d’Etat juge que dans un premier temps que « seules les prescriptions additionnelles envisagées par le préfet doivent être communiquées à l’exploitant préalablement à leur examen par le CODERST ». Ce n’est que dans un second temps que le projet d’arrêté portant prescriptions complémentaires doit être porté à la connaissance de l’exploitant. En l’occurrence, les prescriptions additionnelles communiquées et celles examinées par le CODERST étaient identiques, indépendamment de la modification de certains visas et de motifs du projet d’arrêté. La procédure était ainsi respectée.
Cet arrêt pris initialement dans le cadre d’une installation soumise à la loi sur l’eau, peut être transposé à l’autorisation environnementale.
En deuxième lieu, l’arrêté litigieux imposait à l’exploitant d’installer une passe à poissons avant le 1er octobre 2013, soit dans un délai d’environ sept mois à compter de l’adoption de l’arrêté. Or, l’exploitant de la centrale se prévalait du délai de 5 ans octroyé aux ouvrages existants pour se mettre en conformité, prévu à l’article L. 232-6 du code rural (devenu l’article L. 432-6 du code de l’environnement).
Le Conseil d’Etat écarte cet argument au motif qu’aux termes de l’article L. 214-17 du code de l’environnement, le délai de 5 ans ne bénéficie qu’aux seuls ouvrages régulièrement installés, ce qui n’est pas le cas lorsque l’ouvrage était antérieurement soumis à une obligation de mise en conformité comme en l’espèce.
Emilie Bertaina
Avocate – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Elevages : le Gouvernement et le sénateur Laurent Duplomb défendent la création d’un cadre juridique spécifique et dérogatoire pour les installations d’élevages d’animaux (projet de loi DDADDUE)
Le mercredi 18 février 2026, le Sénat a adopté en première lecture, le projet de loi portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, d’information, de transport, de santé,...
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026
L'Université Paris I Panthéon-Sorbonne (SERDEAUT Centre de recherches), centre de recherches de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne dirigé par le professeur Norbert Foulquier, organise un cycle de conférences mensuelles : "Les matinales du droit de l'environnement"....
ICPE – éolien : que se passe-t-il lorsque le préfet refuse de régulariser une autorisation environnementale ? (Conseil d’Etat, 13 février 2026, n°498647)
Par une décision n°498647 rendue le 13 février 2026, le Conseil d'Etat a confirmé que le bénéficiaire d'une autorisation environnementale peut former un recours distinct contre la décision implicite par laquelle un préfet a refusé de prendre une mesure de...
Dérogation espèces protégées : la raison impérative d’intérêt public majeur d’un projet pourrait être reconnue dés le stade de sa déclaration d’utilité publique (projet de loi-cadre relatif au développement des transports)
Le ministre des transports a présenté, ce 11 février 2026, le projet de loi-cadre relatif au développement des transports. L'article 19 de ce projet de loi-cadre modifie plusieurs codes de manière à ce que l'Etat puisse, lors de la déclaration de projet (I) ou de la...
Programmation pluriannuelle de l’énergie : le décret n° 2026-76 du 12 février 2026 a été publié au journal officiel. Voici ce qu’il faut en retenir
Par un décret n° 2026-76 du 12 février 2026, le Gouvernement a publié la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie : un décret et, en annexe, un document comportant les nouveaux objectifs de développement des différentes sources de production d’énergies...
Vélo : le Gouvernement propose d’affaiblir l’obligation pour les collectivités territoriales de créer des pistes cyclables (projet de loi-cadre relatif au développement des transports)
Le ministre des transports a présenté en conseil des ministres, le 11 février 2026, le projet de loi-cadre relatif au développement des transports dont l'article 21 prévoit d'affaiblir considérablement, s'il était adopté, le contenu de l'obligation - créée il y a...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.


![📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026](https://www.gossement-avocats.com/wp-content/uploads/2026/02/affiche-matinale-du-serdeaut-12-mars-2026-dep-400x250.jpg)



