En bref
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔
Solaire : le juge administratif précise son contrôle de la prévention des atteintes aux espèces protégées pour un projet de centrale solaire sur un site pollué (CAA Marseille, 19 mars 2026, n°24MA01751 – Jurisprudence cabinet)
Qu’est-ce qu’un « avocat en droit de l’environnement » ? Nos réponses sur l’accès, l’exercice et l’évolution du métier
ICPE : le bénéficiaire d’un apport partiel d’actifs peut devenir le débiteur de l’obligation de remise en état
Par arrêt n°369236 rendu ce 9 novembre 2015, le Conseil d’Etat a confirmé que l’ayant droit du dernier exploitant d’une installation classée (ICPE) peut devenir le débiteur de l’obligation de remise en état de ladite installation. Cet ayant droit peut être la société qui est venue aux droits de l’ayant-droit de l’ancien exploitant par l’effet d’un apport partiel d’actifs.
Cet arrêt du Conseil d’Etat vient confirmer les termes actuels de la jurisprudence administrative relative à l’identification du débiteur de l’obligation de remise en état d’une installationn classée pour la protection de l’environnement.
Le quatrième considérant de l’arrêt rappelle que l’ayant droit du dernier exploitant – ou le tiers à qui l’ayant droit a régulièrement cédé le site – peut devenir à son tour le débiteur de l’obligation de remise en état :
« 4. Considérant, en deuxième lieu, qu’il résulte de l’ensemble des dispositions de la loi du 19 juillet 1976, reprises aux articles L. 511-1 et suivants du code de l’environnement, que l’obligation de remise en état du site est applicable aux installations de la nature de celles soumises à autorisation en application du titre 1er du livre V du code de l’environnement, alors même qu’elles auraient cessé d’être exploitées avant l’entrée en vigueur de la loi du 19 juillet 1976, dès lors que ces installations demeurent susceptibles de présenter les dangers ou inconvénients énumérés à l’article L. 511-1 de ce code; que, dans cette hypothèse, l’obligation de remise en état du site imposée par l’article 34-1 du décret du 21 septembre 1977, alors en vigueur, aujourd’hui repris à l’article R. 512-39-1 du code de l’environnement, pèse sur l’ancien exploitant ou, si celui-ci a disparu, sur son ayant droit ; que lorsque l’exploitant ou son ayant droit a cédé le site à un tiers, cette cession ne l’exonère de ses obligations que si le cessionnaire s’est substitué à lui en qualité d’exploitant«
Ce considérant ne comporte pas de règle ou d’interprétation nouvelle. Le principe est toujours celui selon lequel le débiteur de premier rang de l’obligation de remise en état est l’ancien exploitant – généralement le dernier exploitant – dont l’activité est à l’origine des désordres qu’il convient de traiter.
L’ayant droit de l’ancien exploitant, voire un tiers qui s’est régulièrement substitué à l’ayant droit de l’ancien exploitant peut devenir à son tour le débiteur de cette obligation de remise en état au titre de la police des installations classées.
Au cas d’espèce, l’obligation de remise en état a été transférée du dernier exploitant vers un ayant droit puis, par l’effet d’un traité d’apport partiel d’actifs. puis de cet ayant-droit vers un tiers qui s’est substitué à lui.
L’arrêt précise :
« 5. Considérant, pour juger que la société A. avait la qualité d’ayant droit du dernier exploitant du site de S., la cour administrative d’appel de Lyon s’est fondée sur les stipulations du traité d’apport partiel d’actifs du 20 octobre 1980 par lequel la société R. a apporté à la société A, aux droits de laquelle est venue, en dernier lieu, la société A., l’ensemble des biens, droits et éléments de passif se rapportant à la fabrication, au traitement, à la transformation, au transport, à la recherche, à l’expérimentation et à la vente de produits chimiques, au nombre desquels figurent les activités relatives au chlorure de vinyle monomère à l’origine de la pollution du site de Saint-Fons ; que la cour, qui a suffisamment motivé son arrêt, n’a pas commis d’erreur de droit en jugeant que la société A., aux droits de laquelle est venue, en dernier lieu, la société A., avait été substituée à la société R. par l’effet de ce traité d’apport partiel d’actifs, placé sous le régime des scissions ; que c’est par une souveraine appréciation des pièces du dossier, qui n’est pas entachée de dénaturation, que la cour a estimé que ce traité couvrait l’activité d’enfouissement de déchets chlorés ; »
Le droit et la jurisprudence administrative relatifs à l’identification du débiteur de l’obligation de remise en état d’une ICPE demeurent d’une grande complexité. Ainsi, l’administration et le Juge administratif peuvent constater qu’une personne est devenue débitrice de cette obligation de remise par l’effet de rapports contractuels de droit privé. A l’inverse, lorsque l’administration identifie un débiteur par application des règles du droit positif, la personne privée mise en cause ne peut exciper d’une convention de droit privé pour s’exonérer de l’obligation mise à sa charge.
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Épandage : publication du décret n°2026-357 du 7 mai 2026 encadrant le retour au sol des matières fertilisantes et supports de culture
Le Gouvernement a publié au journal officiel du 10 mai 2026, le décret n°2026-357 du 7 mai 2026 fixant les modalités de surveillance et d'identification des critères de qualité agronomique et d'innocuité des matières fertilisantes et des supports de culture. Un texte...
Déchets du bâtiment : trois députés proposent une refondation de la filière selon un scénario différent de celui défendu par le Gouvernement
La prévention et la gestion des déchets du bâtiment est un enjeu écologique et économique crucial puisque 42 millions de tonnes de ces déchets sont produits chaque année en France soit l’équivalent de la quantité totale de déchets produits annuellement par les ménages...
Certificats d’économies d’énergie : des députés du groupe « Droite républicaine » déposent une proposition de loi pour supprimer le dispositif
Mme Anne-Laure Blin et dix autres députés du groupe "Droite républicaine" ont déposé à l'Assemblée nationale, ce 28 avril 2026, une proposition de loi visant à supprimer les certificats d’économie d’énergie. Si les députés auteurs de cette proposition de loi...
Biogaz : la trajectoire d’incorporation des certificats de production de biogaz pour la période post-2028, actuellement en consultation publique
La trajectoire sur l’incorporation des CPB confirme l’importance sinon la priorité accordée au dispositif des CPB pour soutenir et valoriser la production de biométhane, sur les autres modes de valorisation (contrat d’achat et contrat d’achat de gré à gré de biogaz – les BPA – hors mobilité et mobilité).
Solaire : ce qu’il faut retenir du cahier des charges modifié de la nouvelle période d’appel d’offres pour les centrales solaires au sol
Le 29 avril 2026, l'Etat a publié le nouvel appel d’offres portant sur la réalisation et l’exploitation d’installations de production d’électricité à partir de l’énergie solaire par les centrales au sol. La Commission de régulation de l'énergie a mis en ligne le...
📢[webinaire] « L’autorisation environnementale : le point sur le droit applicable », matinale SERDEAUT Paris I le jeudi 21 mai 2026
Le SERDEAUT Centre de recherches, centre de recherches de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne co-dirigé par le professeur Norbert Foulquier, organise un cycle de conférences mensuelles : "Les matinales du droit de l'environnement du SERDEAUT Centre de recherches". Ce...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.





![📢[webinaire] « L’autorisation environnementale : le point sur le droit applicable », matinale SERDEAUT Paris I le jeudi 21 mai 2026](https://www.gossement-avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/Affiche-matinale-Serdeaut-AE-21-mai-2026-pdf.jpg)