En bref
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔
Solaire : le juge administratif précise son contrôle de la prévention des atteintes aux espèces protégées pour un projet de centrale solaire sur un site pollué (CAA Marseille, 19 mars 2026, n°24MA01751 – Jurisprudence cabinet)
Qu’est-ce qu’un « avocat en droit de l’environnement » ? Nos réponses sur l’accès, l’exercice et l’évolution du métier
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026
Déchets : rejet du recours contre deux textes organisant la filière REP des produits et matériaux de construction du bâtiment (Conseil d’Etat, 10 février 2025, n°483376)
Par une décision du 10 février 2025, le Conseil d’Etat a rejeté la requête de l’Association des recycleurs indépendants qui tendait à l’annulation de la décision de rejet implicite du ministre de la transition écologique sur la demande d’abrogation du décret n°2021-1941 du 31 décembre 2021 relatif à la responsabilité élargie des producteurs pour les produits et les matériaux de construction du secteur du bâtiment et de l’arrêté du 10 juin 2022 portant cahier des charges des éco-organismes, des systèmes individuels et des organismes coordonnateurs de la filière à responsabilité élargie du producteur des produits et matériaux de construction du secteur du bâtiments.
Pour mémoire, l’Association des recycleurs indépendants avait adressé, le 12 avril 2023, une demande d’abrogation du décret n°2021-1941 du 31 décembre 2021 et de l’arrêté du 10 juin 2022, au ministre de la transition écologique. En l’absence de réponse du ministre, l’Association des recycleurs indépendants a formé, le 16 août 2023, un recours en annulation à l’encontre de sa décision implicite de rejet, devant le Conseil d’Etat.
Le Conseil d’Etat a rejeté la requête en annulation au motif qu’aucun des moyens (arguments) soulevés par l’Association des recycleurs indépendants n’est fondé.
Sur le moyen tiré de l’atteinte au principe d’égalité et à la libre concurrence. Aux termes de sa décision ici commentée, le Conseil d’Etat a jugé que la réglementation – et plus particulièrement, l’article R. 543-290-8 du code de l’environnement – impose à l’éco-organisme d’établir un contrat-type relatif à la couverture des coûts supportés par « toute personne » assurant la reprise des déchets du bâtiments. La requérante ne pouvait, dès lors, soutenir que le contrat-type ne pouvait être conclu par l’ensemble des opérateurs de gestion des déchets.
Sur le moyen tiré de l’atteinte à la liberté d’entreprendre des opérateurs de gestion des déchets. Le Conseil d’Etat a jugé que la requérante ne peut soutenir que l’article R. 543-290-7 du code de l’environnement méconnaitrait la liberté d’entreprendre au motif que ses adhérents ne seraient plus assurés de pouvoir exercer leur activité du fait de la sélection des opérateurs par le biais d’une procédure d’appel d’offres. Le Conseil d’Etat a ainsi souligné que cette obligation de sélection des opérateurs de gestion des déchets lorsque l’éco-organisme pourvoit à leur gestion est définie à l’article L. 541-10-6 du code de l’environnement. L’article R. 543-290-7 du code de l’environnement se borne, au terme de l’analyse du Conseil d’Etat, à tirer les conséquences des dispositions de l’article L. 541-10-6 du code de l’environnement.
Sur le moyen tiré de l’atteinte à la liberté du commerce et de l’industrie. Pour le Conseil d’Etat, l’article R.543-290-8 du code de l’environnement n’a ni pour objet ni pour effet de fixer un prix minimum pour chaque prestation de service dès lors qu’il se borne à appliquer les dispositions des articles L. 541-10-2 et L. 541-10-23 du code de l’environnement.
Sur le moyen tiré de l’atteinte à la liberté contractuelle. Le Conseil d’Etat a souligné que l’exigence de conclure un contrat afin de bénéficier des soutiens financiers d’un éco-organisme découle de l’économie générale du dispositif de responsabilité élargie du producteur. La requérante ne pouvait valablement soutenir que les dispositions du décret n°2021-1941 – à savoir, les articles R. 543-288 à R. 543-290-12 du code de l’environnement – porteraient atteinte à la liberté contractuelle au motif qu’elles imposent aux opérateurs de gestion des déchets de conclure des contrats dont ils ne peuvent négocier les termes avec les éco-organismes.
Sur le moyen tiré de l’absence d’accessibilité et de transparence du barème de rémunération. La décision commentée précise que les modalités de couverture des coûts de gestion des déchets sont déterminées dans le contrat-type élaboré en application de l’article R. 541-104 du code de l’environnement, lequel figure parmi les projets de contrats-types à joindre au dossier de demande d’agrément. Le Conseil d’Etat a, par conséquent, jugé que le moyen tiré de ce que le barème des soutiens financiers appliqué par les éco-organismes ne serait ni accessible, ni transparent doit être écarté.
Sur le moyen tiré de l’atteinte au droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé. La décision indique que les procédures d’appel d’offres et les contrats-types prévus par l’article R.543-290-8 du code de l’environnement garantissent la collecte, le recyclage ou le traitement des déchets du bâtiment par des opérateurs justifiant d’une compétence, au sein d’installations conformes à la réglementation applicable en matière de déchets. Par conséquent, l’association requérante ne pouvait soutenir que le décret n°2021-1941 et l’arrêté du 10 juin 2022 porteraient une atteinte grave et disproportionnée au droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.
Alexia Thomas – avocate
Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Agrivoltaïsme : Enerplan s’oppose à la suppression de l’obligation d’audition du porteur de projet devant la CDPENAF (loi de simplification de la vie économique)
La loi de simplification de la vie économique a été adoptée, en dernière lecture, par l'Assemblée nationale et le Sénat, les 14 et 15 avril 2026. Elle est actuellement soumise au contrôle de constitutionnalité du Conseil constitutionnel. Le syndicat des professionnels...
Zéro artificialisation nette des sols (ZAN) : pendant que le législateur recule, le juge administratif avance dans la lutte contre l’artificialisation des sols et accroît l’importance de la procédure du « sursis à statuer ZAN » (TA Rennes, 2 avril 2026, n°2405783)
Alors que le législateur pourrait prochainement affaiblir la mise en œuvre de l'objectif de lutte contre l'artificialisation des sols (cf. notre commentaire de la loi de simplification de la vie économique), le juge administratif vient de donner, à l'inverse, une...
Dérogation espèces protégées : la raison impérative d’intérêt public majeur d’un projet pourrait être reconnue dés le stade de sa déclaration d’utilité publique (projet de loi de simplification de la vie économique)
La loi de simplification de la vie économique a été votée en dernière lecture à l'Assemblée nationale et au Sénat, les 14 et 15 avril 2026. Elle est actuellement soumise au contrôle de constitutionnalité du Conseil constitutionnel. Elle comporte, dans son état actuel...
Mine d’or de Salsigne : Arnaud Gossement invité de l’émission « DébatDoc » sur La Chaîne parlementaire (LCP – AN)
Arnaud Gossement était l'un des invités, le lundi 27 avril 2026, du débat organisé à la suite de la diffusion du documentaire "La Vallée de l'Arsenic" consacré à l'histoire de la mine d'or de Salsigne, dans la vallée de l'Orbiel. Pour voir ou revoir l'émission sur la...
Simplification : le Gouvernement souhaite accélérer l’instruction par le juge administratif des recours contre les projets stratégiques (Décret n° 2026-302 du 21 avril 2026)
Le Gouvernement a publié, au journal officiel du 22 avril 2026, le décret n° 2026-302 du 21 avril 2026 relatif à la simplification de la procédure contentieuse en matière environnementale et à l'accélération de certains projets. Ce décret a pour ambition principale de...
Loi de simplification de la vie économique : le Parlement complexifie encore la mise en oeuvre de l’objectif « Zéro artificialisation nette des sols » (ZAN)
Le 14 avril 2026, l'Assemblée nationale a adopté, en dernière lecture, le projet de loi de simplification de la vie économique. Le texte, dans son état actuel de rédaction peut être consulté ici. Le vote en dernière lecture au Sénat est prévu ce 15 avril 2026. Le...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






