En bref
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
📢[webinaire] « L’autorisation environnementale : le point sur le droit applicable », matinale SERDEAUT Paris I le jeudi 21 mai 2026
Programmation pluriannuelle de l’énergie : les annonces gouvernementales pour sa révision
Le ministère de la transition écologique et solidaire a dévoilé ce mardi 27 novembre 2018 sa présentation de la révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), en commun avec la stratégie nationale bas carbone (SNBC), au sein de la nouvelle stratégie française pour l’énergie et le climat 2018-2028.
Elle s’inscrit dans l’élaboration de la nouvelle stratégie française pour l’énergie et le climat, afin de respecter l’objectif de neutralité carbone dès 2050 en France fixé par le Plan Climat présenté en juillet 2017, dans la continuité des Accords de Paris de décembre 2015.
Pour rappel, la programmation pluriannuelle de l’énergie a été mise en place par l’article 176 de la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte.
Elle est actuellement définie à l’article L. 141-1 du code de l’énergie, qui dispose :
« La programmation pluriannuelle de l’énergie, fixée par décret, établit les priorités d’action des pouvoirs publics pour la gestion de l’ensemble des formes d’énergie sur le territoire métropolitain continental, afin d’atteindre les objectifs définis aux articles L. 100-1, L. 100-2 et L. 100-4 du présent code. Elle est compatible avec les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixés dans le budget carbone mentionné à l’article L. 222-1 A du code de l’environnement, ainsi qu’avec la stratégie bas-carbone mentionnée à l’article L. 222-1 B du même code. »
En particulier, s’agissant de ces objectifs, l’article L. 100-4 du code de l’énergie modifié par cette loi prévoit « de porter la part des énergies renouvelables à 23 % de la consommation finale brute d’énergie en 2020 et à 32 % de cette consommation en 2030 ; à cette date, pour parvenir à cet objectif, les énergies renouvelables doivent représenter 40 % de la production d’électricité, 38 % de la consommation finale de chaleur, 15 % de la consommation finale de carburant et 10 % de la consommation de gaz ».
La programmation pluriannuelle de l’énergie avait fait l’objet d’un premier décret, n° 2016-1442, du 27 octobre 2016.
Celui-ci prévoyait notamment un objectif de réduction de la consommation finale d’énergie par rapport à 2012 de -7% en 2018 et de -12,6% en 2023.
La révision de cette programmation sera fondée sur quatre objectifs, sur dix ans :
– « Réduire la consommation d’énergie ;
– « Tourner le dos aux énergies fossiles » ;
– « Diversifier le mix-énergétique en développant les énergies renouvelables et de récupération et en enclenchant une décroissance du parc nucléaire » ;
– « Maîtriser la facture énergétique, préserver la compétitivité des entreprises, développer emplois et innovation».
S’agissant de l’objectif de réduction de la consommation finale d’énergie par rapport à 2012, il est désormais de -7% en 2023 et de -14% en 2028.
En particulier, s’agissant du mix énergétique, en contrepartie de la baisse de la consommation primaire d’énergies fossiles et de la fermeture de plusieurs réacteurs nucléaires, le Gouvernement s’est fixé les objectifs de développement des énergies renouvelables suivants :
– En termes de production d’électricité (hydroélectricité, solaire photovoltaïque, éolien terrestre puis progressivement éolien en mer) : une augmentation de 50% des capacités installées d’ici 2023 et un doublement de celles-ci d’ici 2028 (102 à 113 GW), par rapport à 2017.
– En termes de consommation de chaleur : une augmentation de 40% à 59% de la production par rapport à 2016, avec 196 TWh en 2023 et entre 218 et 247 TWh en 2028 (soit 34,5% à 39% de la consommation de chaleur totale).
– En termes de consommation de gaz : 10% de part de biogaz en 2030, avec une multiplication par cinq de la production de biogaz par rapport à 2017 de 24 à 32 TWh en 2028.
– En termes de consommation finale de carburant : une incorporation de biocarburants de 1ère génération de 7% de l’énergie contenue dans les carburants, aux horizons 2023 et 2028, avec 3,8% dans l’essence et 3,2% dans le gazole en 2028.
Le Gouvernement annonce également des soutiens publics au développement du renouvelable, avec 20 à 30 milliards d’euros supplémentaires pour l’électricité, et 7 à 9 milliards d’euros supplémentaires pour le gaz.
La stratégie finale ainsi que le décret comportant cette nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie devraient être publiés au deuxième trimestre 2019.
Cette annonce intervient au moment où l’Union européenne procède à la refonte de sa directive 2009/28/CE du 23 avril 2009 relative à la promotion de l’utilisation de l’énergie produite à partir de sources renouvelables. Cette refonte sera assurée par une nouvelle directive, dont le texte a été arrêté par le Parlement européen en première lecture le 13 novembre 2018.
Ce projet définit à son article 3 un objectif global contraignant de l’Union à l’horizon 2030, dans les termes suivants : « Les États membres veillent collectivement à ce que la part d’énergie produite à partir de sources renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie de l’Union en 2030 soit d’au moins 32%. »
Il s’agit du même objectif que celui d’ores et déjà inscrit dans la législation française, depuis l’adoption de la loi relative à la transition énergétique.
Camille Pifteau
Elève avocate – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
50ème anniversaire de la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature : « La loi sur la protection de la nature nous rappelle que l’objectif est de maintenir la Terre habitable » (La Croix)
La chronique d'Arnaud Gossement pour le journal La Croix est consacrée au cinquantième anniversaire d'une grande loi fondatrice du droit de l'environnement : la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature. Cette chronique est à lire ici. ...
Fast-fashion (mode ultra express) : le Gouvernement prépare l’entrée en vigueur, le 1er septembre 2026, du malus sur les vêtements non durables
Le Gouvernement ouvre une consultation publique sur le premier projet de texte réglementaire d'application de la loi n° 2026-602 du 8 juillet 2026 visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile, le jour même de la promulgation de celle-ci. Ce texte a...
Fast-fashion (« mode ultra express ») : décryptage de la loi n°2026-602 du 8 juillet 2026 visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile
La loi n° 2026-602 du 8 juillet 2026 visant à réduire l'impact environnemental de l'industrie textile a été publiée au journal officiel du 9 juillet 2026. Pour mémoire, selon l'ADEME, l'industrie de la mode et du textile est à l’origine de 4 à 8 % des émissions de gaz...
Lagopède alpin : l’interdiction de sa chasse en consultation publique
L’Etat vient de mettre en consultation publique un projet de texte important visant l’inscription du Lagopède alpin sur la liste des oiseaux protégés et le retrait de cet oiseau de la liste des espèces chassables. Le 2 mars 2026, saisi par les associations Ligue pour...
Urbanisme : le Conseil d’Etat réalise un équilibre entre la qualité d’élu local libre de son expression du maire et sa qualité d’instructeur désintéressé et impartial des demandes d’autorisations d’urbanisme (Conseil d’Etat, 29 juin 2026, société R. n°496823)
Par une décision n°496823 rendue ce 29 juin 2026 le Conseil d'Etat a jugé que les décisions prises en matière d’autorisation d’urbanisme sont cumulativement soumises au respect, d’une part des dispositions de l’article L.422-7 du code de l’urbanisme (obligation...
A69 : un projet « d’utilité publique » est sans doute aussi « d’intérêt public majeur » (Dalloz Actualités)
Le cabinet remercie le professeur Frédéric Balaguer et Dalloz Actualités d'avoir publié le commentaire, rédigé par Arnaud Gossement, de la décision du 29 juin 2026 par laquelle le Conseil d'Etat a rejeté les pourvois des associations opposées au projet d'autoroute A...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






