Projet de loi énergie – climat : les dispositions relatives à l’autorité en charge de l’examen au cas par cas

Fév 12, 2019 | Droit de l'Environnement

Le Gouvernement vient de présenter un projet de loi « énergie-climat » qui comporte des dispositions relatives à l’autorité environnementale. Analyse.

Au titre des mesures de simplification en faveur du développement des énergies renouvelables, l’article 3 du projet de loi prévoit de substituer, à l’autorité environnementale jusqu’ici compétente pour déterminer, au cas par cas, si un projet devait être soumis à évaluation environnementale, une « autorité en charge de l’examen au cas par cas » (cf. modifications des articles L. 122-1 et L. 122-3-4 du code de l’environnement).

Cette « autorité en charge de l’examen au cas par cas » sera désignée par décret en Conseil d’Etat.

On ne manquera pas de souligner que le projet de loi prévoit de doter l’autorité nouvellement désignée de garantie en termes d’indépendance.

Il est ainsi prévu d’insérer, à la suite du premier alinéa du IV de l’article L. 122-1 du code de l’environnement, un nouvel alinéa ainsi rédigé :

« L’autorité désignée au premier alinéa ne peut être une autorité, dont les services ou les établissements publics relevant de la tutelle sont chargés de l’élaboration ou de la maîtrise d’ouvrage du projet concerné ».

Une telle précision vise expressément à garantir l’indépendance de la nouvelle autorité et à renforcer la sécurité juridique des décisions qui seront prises, dans un contexte marqué par l’annulation de plusieurs projets en raison de l’irrégularité de l’avis de l’autorité environnementale.

A noter que la procédure reste néanmoins inchangée : lorsqu’un projet relève de l’examen au cas par cas, il appartiendra au maître d’ouvrage du projet de saisir l’autorité en charge de cet examen d’un dossier présentant le projet.

En conclusion, cette mesure, qui est présentée comme mesure de « simplification » consiste d’abord à substituer une autorité jusqu’ici compétente par une autre spécifiquement dédiée. Par ailleurs, une telle mesure présente l’inconvénient, pour le maître d’ouvrage, de multiplier les interlocuteurs au stade de l’instruction de sa demande d’autorisation (une autorité pour la soumission du projet à une évaluation au cas par cas, une autre pour rendre un avis sur l’évaluation environnementale).

Emma Babin

Avocate senior – Cabinet Gossement Avocats

Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :

Découvrez le cabinet Gossement Avocats

Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.

À lire également

Le « Principe habitabilité » : « C’est simplement le vrai nom de ce que l’on appelait auparavant environnement – une fois qu’on a compris ce qu’il était vraiment : pas un dehors où se servir, mais une condition de tous les possibles. » Notre lecture du livre de Baptiste Morizot et Laurent Neyret (Gallimard, 2026, coll. Tracts)

Le « Principe habitabilité » : « C’est simplement le vrai nom de ce que l’on appelait auparavant environnement – une fois qu’on a compris ce qu’il était vraiment : pas un dehors où se servir, mais une condition de tous les possibles. » Notre lecture du livre de Baptiste Morizot et Laurent Neyret (Gallimard, 2026, coll. Tracts)

Baptiste Morizot est agrégé de philosophie et enseignant à l'université d'Aix-Marseille. Laurent Neyret est professeur de droit à Sciences-po. Il a été directeur de cabinet de Laurent Fabius alors président du Conseil constitutionnel. Ils ont tous deux publié, en...

Urbanisme : le Conseil d’Etat réalise un équilibre entre la qualité d’élu local libre de son expression du maire et sa qualité d’instructeur désintéressé et impartial des demandes d’autorisations d’urbanisme (Conseil d’Etat, 29 juin 2026, société R. n°496823)

Urbanisme : le Conseil d’Etat réalise un équilibre entre la qualité d’élu local libre de son expression du maire et sa qualité d’instructeur désintéressé et impartial des demandes d’autorisations d’urbanisme (Conseil d’Etat, 29 juin 2026, société R. n°496823)

Par une décision n°496823 rendue ce 29 juin 2026 le Conseil d'Etat a jugé que les décisions prises en matière d’autorisation d’urbanisme sont cumulativement soumises au respect, d’une part des dispositions de l’article L.422-7 du code de l’urbanisme (obligation...

Découvrez le cabinet Gossement Avocats

Notre Cabinet

Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.

Nos Compétences

Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.

Contact

Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.