En bref
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔
Solaire : le juge administratif précise son contrôle de la prévention des atteintes aux espèces protégées pour un projet de centrale solaire sur un site pollué (CAA Marseille, 19 mars 2026, n°24MA01751 – Jurisprudence cabinet)
Qu’est-ce qu’un « avocat en droit de l’environnement » ? Nos réponses sur l’accès, l’exercice et l’évolution du métier
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026
Question prioritaire de constitutionnalité : le rescrit juridictionnel va être examiné par le Conseil Constitutionnel
Par une décision du 6 mai 2019, n° 427650, le Conseil d’Etat a décidé de transmettre une question prioritaire de constitutionnalité relative au rescrit juridictionnel résultant de la loi ESSOC.
Pour rappel, l’article 54 de loi n° 2018-727 du 10 août 2018 pour un Etat au service d’une société de confiance (Loi ESSOC) a prévu l’expérimentation du rescrit juridictionnel.
Ce rescrit consiste à permettre, à un bénéficiaire d’un acte ou à l’administration qui l’a délivré, de pouvoir saisir le juge administratif pour en apprécier sa légalité (compétence, vices de procédure, vices de forme). Le rescrit juridictionnel a pour but de consolider la légalité d’un acte dans des délais raisonnables, souvent pour des opérations complexes impliquant la prise de plusieurs décisions administratives. Il constitue un recours contentieux préventif, en appréciation de la validité d’un acte.
Il modifie profondément la logique contentieuse, dans la mesure où ce n’est pas un opposant à l’acte administratif qui saisit le juge, mais au contraire la personne qui en est le destinataire ou la personne qui l’a signé. L’expérimentation concerne des décisions relevant du droit de l’urbanisme, du droit de l’expropriation, et du droit de la santé publique.
Un décret d’application de la loi ESSOC a été publié le 6 décembre 2018 (Cf. décret n° 2018-1082 du 4 décembre 2018).
L’expérimentation est applicable dans le ressort des tribunaux administratifs de Bordeaux, Montpellier, Montreuil et Nancy.
Le décret prévoit également que les actes concernés par l’expérimentation sont notamment les arrêtés portant déclaration d’utilité publique, ou encore les arrêtés créant une zone d’aménagement concerté.
Il précise enfin la procédure spécifique applicable à ce recours en appréciation de validité.
C’est ce décret qui a été contesté devant le Conseil d’Etat.
Pour rechercher son annulation, les requérants ont décidé de soulever une question prioritaire de constitutionnalité à l’encontre de l’article 54 de la loi ESSOC qui a créé le rescrit juridictionnel.
En premier lieu, le Conseil d’Etat relève que l’article 54 de la loi ESSOC n’a pas encore fait l’objet d’un contrôle de constitutionnalité, et que cet article est applicable au litige examiné, conditions préalables à la transmission d’une question prioritaire de constitutionnalité au Conseil Constitutionnel.
Le rescrit juridictionnel serait susceptible de porter atteinte au droit à un recours juridictionnel effectif et à l’équilibre des droits des parties
En second lieu, le Conseil d’Etat relève que la question de la conformité du mécanisme du rescrit juridictionnel avec le principe de séparation des pouvoirs, et le droit à un recours juridictionnel effectif ainsi à l’équilibre des droits des parties présente un caractère sérieux.
Le Conseil d’Etat a jugé que :
« Le moyen tiré de ce que ces dispositions, qui permettent, à titre expérimental, à l’auteur ou au bénéficiaire de certaines décisions administratives de saisir un tribunal administratif d’une demande tendant à apprécier la légalité externe de la décision en cause, portent atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution et, notamment, qu’en méconnaissant le principe de séparation des pouvoirs, elles portent atteinte au droit à un recours juridictionnel effectif et à l’équilibre des droits des parties, garantis par l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, soulève une question présentant un caractère sérieux. »
Le recours au rescrit est à l’initiative de l’administration ou du bénéficiaire de l’acte.
De même que la difficulté du rescrit peut ressortir du fait d’engager, auprès du juge administratif, un débat sur la légalité d’un acte administratif sans la présence directe d’éventuel requérant.
Le dispositif prévoit des mesures de publicité pour les tiers. Cependant, certains tiers ne s’intéressent à la légalité d’un acte administratif que lorsque des actes subséquents sont pris à leur encontre (exemple en matière d’expropriation : l’arrêté de cessibilité, et non la déclaration d’utilité publique qui en est le fondement).
Il appartiendra dorénavant au Conseil Constitutionnel de se prononcer sur la conformité du rescrit juridictionnel.
Florian Ferjoux
Avocat – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Zéro artificialisation nette des sols (ZAN) : pendant que le législateur recule, le juge administratif avance dans la lutte contre l’artificialisation des sols et accroît l’importance de la procédure du « sursis à statuer ZAN » (TA Rennes, 2 avril 2026, n°2405783)
Alors que le législateur pourrait prochainement affaiblir la mise en œuvre de l'objectif de lutte contre l'artificialisation des sols (cf. notre commentaire de la loi de simplification de la vie économique), le juge administratif vient de donner, à l'inverse, une...
Dérogation espèces protégées : la raison impérative d’intérêt public majeur d’un projet pourrait être reconnue dés le stade de sa déclaration d’utilité publique (projet de loi de simplification de la vie économique)
La loi de simplification de la vie économique a été votée en dernière lecture à l'Assemblée nationale et au Sénat, les 14 et 15 avril 2026. Elle est actuellement soumise au contrôle de constitutionnalité du Conseil constitutionnel. Elle comporte, dans son état actuel...
Mine d’or de Salsigne : Arnaud Gossement invité de l’émission « DébatDoc » sur La Chaîne parlementaire (LCP – AN)
Arnaud Gossement était l'un des invités, le lundi 27 avril 2026, du débat organisé à la suite de la diffusion du documentaire "La Vallée de l'Arsenic" consacré à l'histoire de la mine d'or de Salsigne, dans la vallée de l'Orbiel. Pour voir ou revoir l'émission sur la...
Simplification : le Gouvernement souhaite accélérer l’instruction par le juge administratif des recours contre les projets stratégiques (Décret n° 2026-302 du 21 avril 2026)
Le Gouvernement a publié, au journal officiel du 22 avril 2026, le décret n° 2026-302 du 21 avril 2026 relatif à la simplification de la procédure contentieuse en matière environnementale et à l'accélération de certains projets. Ce décret a pour ambition principale de...
Loi de simplification de la vie économique : le Parlement complexifie encore la mise en oeuvre de l’objectif « Zéro artificialisation nette des sols » (ZAN)
Le 14 avril 2026, l'Assemblée nationale a adopté, en dernière lecture, le projet de loi de simplification de la vie économique. Le texte, dans son état actuel de rédaction peut être consulté ici. Le vote en dernière lecture au Sénat est prévu ce 15 avril 2026. Le...
Plastique : vers une remise en cause de l’interdiction des contenants en plastique dans les cantines et les services pédiatriques ? (Conseil d’État, 8 avril 2026, n°502935)
Par une décision n°502935 du 8 avril 2026, le Conseil d’État a annulé les dispositions par lesquelles le décret n°2025-80 du 28 janvier 2025 a précisé les modalités d’application de l’interdiction d’utiliser des contenants alimentaires en plastique en particulier dans les services de restauration scolaire et en milieu hospitalier.
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






