En bref
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
Déchets : un mandataire ne peut être subrogé dans les obligations des producteurs soumis à la responsabilité élargie du producteur (Conseil d’Etat, 10 novembre 2023, n°449213)
Par une décision du 10 novembre 2023 n°449213, le Conseil d’Etat a annulé le décret n°2020-1455 du 27 novembre 2020 portant réforme de la responsabilité élargie des producteurs en tant qu’il introduit l’article R. 541-174 dans le code de l’environnement. Commentaire.
Pour mémoire, l’article R. 541-174 du code de l’environnement – en vigueur depuis le 1er janvier 2021 – prévoit que tout producteur de produits, indépendamment de son lieu d’établissement, peut désigner un mandataire établi en France afin que ce dernier assure, au nom et pour le compte du producteur, le respect de ses obligations relatives au régime de responsabilité élargie des producteurs. Il est précisé que ce mandataire est subrogé dans toutes les obligations de responsabilité élargie du producteur dont il accepte le mandat.
En pratique, les mandataires accomplissent les obligations relatives au régime de responsabilité élargie des producteurs en adhérant, au nom et pour le compte des producteurs mandants, à un éco-organisme.
Au cas présent, l’éco-organisme agréé notamment au titre des déchets diffus spécifiques ménagers au sein de la filière des produits chimiques pouvant présenter un risque significatif pour la santé et l’environnement – la société EcoDDS – demande l’annulation du décret du 27 novembre 2020 en tant qu’il introduit ou modifie un certain nombre d’articles dans le code de l’environnement.
Remise en cause de la « subrogation » du mandataire dans les obligations de responsabilité élargie du producteur
Le Conseil d’Etat juge, par sa décision du 10 novembre 2023, que le pouvoir réglementaire a excédé sa compétence en prévoyant que le mandataire est subrogé dans toutes les obligations du producteur dont il a accepté le mandat. Le Conseil d’Etat fonde sa décision sur le fait que ni l’article L. 541-10 du code de l’environnement, ni aucune autre disposition législative n’indique explicitement qu’une subrogation serait possible.
Il ressort, en effet, de l’article 8 bis de la directive n°2008/98/CE du 19 novembre 2008 relative aux déchets que chaque Etat membre autorise les producteurs de produits établis dans un autre Etat membre qui commercialisent des produits sur son territoire à désigner une personne physique ou morale établie sur son territoire en tant que mandataire chargé d’assurer le respect des obligations relatives au régime de responsabilité élargie des producteurs. Si le législateur européen a prévu la possibilité pour les producteurs étrangers de recourir à un mandataire, il est intéressant de relever que le pouvoir réglementaire français a également autorisé les producteurs français à confier la réalisation de leurs obligations REP à un mandataire établi en France.
Le droit de l’Union européenne n’a pas prévu de mécanisme de « subrogation » – qui impliquerait, au sens du code civil, une substitution du mandataire dans les obligations du producteur mandant –. Par l’octroi d’un mandat, le producteur de produits confie l’accomplissement de ses obligations en matière de responsabilité élargie des producteurs à un tiers mais reste toutefois tenu de répondre du bon accomplissement de ces obligations vis-à-vis de l’administration.
Le Conseil d’Etat a donc jugé que la société EcoDDS est fondée à solliciter l’annulation du décret n°2020-1455 en ce qu’il introduit l’article R. 541-174 dans le code de l’environnement, sans différer les effets de cette annulation.
Le pouvoir réglementaire devrait publier un nouvel article permettant a minima aux producteurs étrangers de désigner un mandataire établi en France afin de se conformer aux dispositions de l’article 8 bis de la directive 2008/98.
Alexia Thomas
Avocate – Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Le Lagopède alpin et le Grand tétras sont enfin protégés (arrêtés du 12 août et du 3 septembre 2026)
Par deux arrêtés du 12 août et du 3 septembre 2026, les ministres de la transition écologique et de l'agriculture ont, enfin, inscrit le lagopède alpin et le grand tétras sur la liste des espèces d'oiseaux protégés en France. Une excellente nouvelle et une victoire...
Restriction des usages de l’eau : rejet en référé d’une demande de suspension d’un arrêté sécheresse (tribunal administratif de Nice, ref., 25 août 2026, n°2605774)
Les litiges relatifs aux usages de l'eau se multiplient devant le juge administratif. Par une ordonnance n°2605774 rendue ce 25 août 2026, la juge des référés du tribunal administratif de Nice a rejeté la demande, présentée notamment par la commune de Cannes, de...
Urbanisme : le refus de délivrer le permis de construire peut être fondé sur une incomplétude du dossier, sans demande de compléments préalable (Conseil d’Etat, 3 août 2026, n°497092)
Par une décision du 3 août 2026 n°497092, publiée au Recueil, le Conseil d’Etat a jugé que l’autorité administrative compétente peut refuser de délivrer un permis de construire lorsque ce dernier n’est pas complet, sans avoir adressé une demande de compléments...
Recours abusif : le législateur définit ce qu’est un « comportement abusif » (Loi n°2026-796 du 18 août 2026 d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles)
L'article 60 de la loi n°2026-796 du 18 août 2026 d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a créé une nouvelle procédure de condamnation de l’auteur d’un recours, considéré comme abusif, à des dommages et intérêts, devant le juge administratif Par une...
Bidoversité : publication du décret n°2026-829 du 28 août 2026 relatif au régime unique de la haie
Le Gouvernement a publié au journal officiel du 29 août 2026, le décret n° 2026-829 du 28 août 2026 relatif au régime unique de la haie. Le décret décrit les modalités de cette nouvelle procédure censée articuler sans les effacer les treize législations différentes...
IA : l’usage abusif de l’intelligence artificielle peut mener à une amende pour recours abusif (tribunal administratif de Rennes, ord., 19 août 2026, n°2508168)
Par une ordonnance n°2508168 rendue ce 19 août 2026, le tribunal administratif de Rennes a infligé une amende pour recours abusif à une personne dont le recours avait manifestement été écrit à l'aide d'un outil d'intelligence artificielle. Une ordonnance qui ne...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






