En bref
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
Solaire : légalité d’un permis de construire une centrale au sol et de ses permis modificatifs (CAA Marseille)
Par un arrêt n°16MA02057 rendu le 9 mai 2018, qui fait écho à un précédent arrêt du 15 mars 2018, la Cour administrative d’appel de Marseille rejette un recours en annulation contre un permis de construire une centrale photovoltaïque au sol et contre deux permis modificatifs. Cette décision particulièrement pédagogique rappelle comment est appréciée la légalité des permis de construire des centrales solaires en zones rurales.
En l’espèce, l’exploitant avait déposé en 2010 une demande de permis de construire en vue de la réalisation d’une centrale photovoltaïque au sol sur le territoire d’une commune rurale dépourvue de document d’urbanisme.
Refusé tacitement dans un premier temps, le Préfet avait finalement délivré le permis de construire sollicité, puis successivement deux permis modificatifs.
Les requérants, opposés au projet de centrale solaire, avaient alors saisi le Tribunal administratif de Montpellier de trois recours en annulation, rejetés par les juges du fond.
En premier lieu, les requérants soutenaient que l’étude d’impact était insuffisante du fait d’une faible étendue du périmètre d’études (4 km autour du terrain d’assiette du projet) et d’une période d’observation des oiseaux et des chiroptères trop brève (4 jours). Ils prétendaient également que les mesures compensatoires étaient inexistantes.
Ce moyen est écarté par la Cour administrative d’appel de Montpellier qui rappelle que, d’une part, les textes ne fixent aucune règle quant au périmètre de la zone d’études et, d’autre part, l’étude avifaunistique peut se fonder sur des données documentaires et bibliographiques.
Quant aux mesures compensatoires, la Cour identifie les mesures suivantes, qu’elle juge suffisantes et adaptées : le débroussaillement et le défrichement hors période de reproduction et de nidification, l’absence d’éclairage du site la nuit, le maintien des haies et des boisements.
En deuxième lieu, les requérants soutenaient que le projet était contraire à la préservation des terres agricoles faisant l’objet d’une AOC et méconnaissait donc l’article R. 111-4 du code de l’urbanisme.
Ce moyen est également rejeté par la Cour aux motifs que :
– le terrain dispose d’une faible valeur agronomique,
– il n’est pas exploité à la date de délivrance du permis de construire et enfin,
– le terrain d’assiette n’est pas identifié comme faisant lui-même l’objet d’une délimitation au titre des AOC.
Il ressort de surcroît que ce projet de centrale photovoltaïque permettra le développement d’une activité pastorale, puisque l’exploitant a signé avec un agriculteur local une convention de gestion pour un entretien par broutage des espaces situés sous les panneaux.
En troisième lieu, sur le moyen relatif à l’atteinte au paysage, la Cour administrative d’appel de Montpellier a apprécié d’une part, la qualité du site naturel sur lequel la construction était projetée et d’autre part, l’impact de la centrale sur le site. Elle a considéré que le site était principalement constitué de friches agricoles, marqué par une ligne à haute tension, et que la perception des installations était particulièrement limitée.
En quatrième et dernier lieu, les requérants considéraient que le projet était contraire à l’article L. 111-1-2 du code de l’urbanisme qui limite l’urbanisation en dehors des parties urbanisées de la commune non dotées d’un document d’urbanisme.
Toutefois, la Cour administrative d’appel de Montpellier juge que la commune avait la possibilité de faire exception à cette règle sur délibération motivée du conseil municipal. Par cet arrêt, la Cour reconnaît implicitement que les centrales solaires contribuent au développement local et permettent de créer de nouveaux emplois ainsi que la réalisation de nouveaux équipements publics communaux.
Emilie Bertaina
Avocate – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Recours abusif : le législateur définit ce qu’est un « comportement abusif » (Loi n°2026-796 du 18 août 2026 d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles)
L'article 60 de la loi n°2026-796 du 18 août 2026 d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a créé une nouvelle procédure de condamnation de l’auteur d’un recours, considéré comme abusif, à des dommages et intérêts, devant le juge administratif Par une...
Bidoversité : publication du décret n°2026-829 du 28 août 2026 relatif au régime unique de la haie
Le Gouvernement a publié au journal officiel du 29 août 2026, le décret n° 2026-829 du 28 août 2026 relatif au régime unique de la haie. Le décret décrit les modalités de cette nouvelle procédure censée articuler sans les effacer les treize législations différentes...
IA : l’usage abusif de l’intelligence artificielle peut mener à une amende pour recours abusif (tribunal administratif de Rennes, ord., 19 août 2026, n°2508168)
Par une ordonnance n°2508168 rendue ce 19 août 2026, le tribunal administratif de Rennes a infligé une amende pour recours abusif à une personne dont le recours avait manifestement été écrit à l'aide d'un outil d'intelligence artificielle. Une ordonnance qui ne...
Sénatoriales 2026 : publication de la circulaire du ministre de l’intérieur sur l’attribution d’une nuance politique aux candidats, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche
Le ministre de l'intérieur vient d'adresser aux préfets une circulaire du 23 août 2026 relative à l'attribution des nuances politiques aux candidats aux élections sénatoriales du 27 septembre 2026. Une circulaire dont l'objet est de permettre aux préfets de disposer,...
Commande publique : entrée en vigueur le 22 août 2026 des nouvelles obligations de prise en compte des objectifs de développement durable dans les marchés publics (article 35 de la loi « climat et résilience » du 22 août 2021)
Depuis ce 22 août 2026, plusieurs dispositions de l'article 35 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, dite loi "climat et résilience" sont entrées en vigueur. Elles...
Stockage d’électricité : nouvelle suspension de l’exécution d’un refus de permis de construire une installation de stockage d’électricité en zone agricole (tribunal administratif de Nantes, ref., 4 août 2026, n°2614155)
Par une ordonnance n°2614155 du 4 août 2026, le juge du référé-suspension du tribunal administratif de Nantes a suspendu l'exécution de la décision par laquelle un préfet a refusé de délivrer un permis de construire en vue de la construction d’infrastructures de...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






