En bref
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔
Qu’est-ce qu’un « avocat en droit de l’environnement » ? Nos réponses sur l’accès, l’exercice et l’évolution du métier
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir des objectifs en matière de biogaz
Solaire : publication du cahier des charges de l’appel d’offres « Centrales sur bâtiments, serres et hangars agricoles et ombrières de parking de puissance comprise entre 100 kWc et 8 MWc »
Le cahier des charges de l’appel d’offres portant sur la réalisation et l’exploitation d’installations de production d’électricité à partir d’énergie solaire « Centrales sur bâtiments, serres et hangars agricoles et ombrières de parking de puissance comprise entre 100 kWc et 8 MWc » est désormais disponible sur le site de la Commission de régulation de l’énergie. Présentation d’un cahier des charges dont l’un des outils de sélection des offres sera le droit de l’urbanisme.
Cet appel d’offres porte sur la réalisation et l’exploitation d’installations photovoltaïques sur bâtiments, serres et hangars agricoles et ombrières de parking, situées en France métropolitaine continentale.
La puissance cumulée appelée est répartie, par familles, en neuf périodes de candidatures, dont la première débutera le 24 février 2017 et la dernière s’achèvera le 4 novembre 2019.
La notation est pondérée selon deux critères seulement, à savoir le prix (70 points maximum) et l’impact carbone (30 points sur 100).
Les candidats retenus bénéficieront :
- pour la famille 1 (installations de puissance crête comprise entre 100 kWc exclus et 500 kWc exclus) d’un contrat d’achat de l’électricité produite ;
- pour la famille 2 (installations de puissance crête comprise entre 500 kWc inclus et 8 MWc inclus), qui exclut les ombrières de parking, d’un contrat de complément de rémunération.
La Commission de Régulation de l’Energie (ci-après CRE) avait déjà rendu un avis mitigé sur le projet de cahier des charges portant sur les centrales solaires sur bâtiments (cf. notre note du 6 septembre 2016). Tout en étant globalement favorable au projet de cahier des charges, la CRE avait émis plusieurs réserves.
Sa proposition visant à ajouter un plan d’affaires prévisionnel au dossier de candidature a été accueillie (cf. 3.2.5 du cahier des charges), de même que sa demande relative à la fixation du délai d’instruction à un mois (cf. 1.3.4 du cahier des charges).
En pratique, ce délai pourrait toutefois être délicat à respecter en raison du maintien de l’exigence de l’autorisation d’urbanisme au stade de la candidature à l’appel d’offres.
Les autres observations de la CRE n’ont en revanche pas été entendues par l’État.
- D’une part, la CRE était défavorable à la clause autorisant l’augmentation de la puissance cible pour une période lorsque le volume total déposé dépasse largement la puissance cible initialement appelée. Cette clause a été conservée (cf. 1.1.2 du cahier des charges): pour chaque période et dans chaque famille, la puissance cumulée appelée pourra être dépassée et le ministre chargé de l’énergie pourra décider de réviser cette puissance maximale.
- D’autre part, et surtout, la CRE était défavorable à l’exigence de production des pièces relatives à l’autorisation d’urbanisme, qui est à juste titre considérée comme alourdissant la préparation et l’instruction des dossiers, et dont elle demandait la suppression.
Cette exigence a été maintenue : l’autorisation d’urbanisme doit être jointe au dossier de candidature. Il peut s’agir de l’arrêté de permis de construire en cours de validité ou de la déclaration préalable de travaux accompagnée du certificat de non-opposition.
Si le candidat n’est pas lui-même titulaire de l’autorisation d’urbanisme, il joint une pièce attestant de la mise à disposition de cette autorisation par son bénéficiaire ainsi qu’une copie de cette autorisation d’urbanisme. Cela s’applique également dans le cas où l’autorisation d’urbanisme est détenue par une société appartenant au même groupe que la société candidate (cf.3.2.3 du cahier des charges).
Lorsque l’autorisation ne porte pas sur le projet déposé, ou, le cas échéant, que les attestations de mise à disposition ne sont pas présentes ou ne permettent pas d’établir un lien entre le titulaire du document et le candidat, l’offre est éliminée.
L’exigence de l’autorisation d’urbanisme au stade de la candidature à l’appel d’offres aura donc pour effet d’augmenter les risques d’irrecevabilité déjà pointés par la CRE.
Surtout, il convient de noter que le paragraphe 3.2.3 du cahier des charges contient une clause précisant que:
« Les caractéristiques du projet mentionnées dans l’autorisation d’urbanisme doivent être compatibles avec le projet tel que décrit dans l’offre. »
Ceci laisse à penser que l’obtention de l’autorisation d’urbanisme n’est pas une simple formalité préalable. Il conviendra d’être particulièrement attentif au contenu de l’autorisation d’urbanisme et à sa compatibilité avec le projet d’installation décrit dans l’offre.
La CRE devra donc se prononcer sur la compatibilité du projet avec le droit de l’urbanisme, ce qui a pu faire alimenter la crainte d’un allongement des délais d’instruction.
À la différence de l’appel d’offres portant sur les centrales solaires au sol, les conditions d’implantation et le certificat d’éligibilité du terrain d’implantation délivré par le préfet ne sont pas prévus au cahier des charges des centrales sur bâtiments.
Néanmoins, cela résulte de la nature même de ces centrales, qui ont vocation à s’implanter sur des bâtiments, serres et hangars agricoles, et ombrières de parking, et non pas d’un changement de logique de l’administration.
Par ailleurs, il est précisé parmi les obligations du lauréat, que celui-ci doit tenir à disposition de la CRE et de l’administration (cf. 6.8.2) une description du site d’implantation et une description des réglementations applicables au projet notamment en matière de risques (ICPE, PPR…) et d’urbanisme.
Bien qu’il s’agisse ici de la phase post-sélection, l’exigence de respect du droit de l’urbanisme est clairement établie. Ainsi, ce nouveau cahier des charges confirme que le droit de l’urbanisme reste un instrument de sélection et une contrainte pour les porteurs de projets de centrales solaires sur bâtiments.
Une attention toute particulière devra donc être portée à l’obtention de l’autorisation d’urbanisme, laquelle devra correspondre en tout point au projet présenté par le candidat, ainsi qu’à la conformité de l’installation aux réglementations d’urbanisme.
Céline Ciriani
Elève-avocate – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Solaire : le juge administratif précise son contrôle de la prévention des atteintes aux espèces protégées pour un projet de centrale solaire sur un site pollué (CAA Marseille, 19 mars 2026, n°24MA01751 – Jurisprudence cabinet)
Par un arrêt n°24MA01751 du 19 mars 2026, la cour administrative d'appel de Marseille a rejeté le recours par lequel des riverains ont demandé l'annulation du permis de construire une centrale solaire au sol, délivré à la société Marseille Soleil. Un projet dont...
Dérogation espèces protégées : l’exploitant d’un parc éolien qui n’est pas mis en service et dont l’environnement est inchangé n’est pas tenu de déposer une demande de dérogation (Conseil d’Etat, 20 mars 202, n°496176)
Par une décision n°496176 du 20 mars 2026, le Conseil d'Etat a jugé qu'une société titulaire de l'autorisation environnementale d'exploiter un parc éolien n'est pas tenue de déposer une demande de dérogation à l'interdiction de destruction d'espèces protégées lorsque...
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔
Le SERDEAUT Centre de recherches, centre de recherches de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne co-dirigé par le professeur Norbert Foulquier, organise un cycle de conférences mensuelles : "Les matinales du droit de l'environnement du SERDEAUT Centre de recherches". Ce...
Dérogation espèces protégées : le classement d’une espèce protégée ne porte pas une atteinte excessive au droit de propriété dés lors qu’existe la procédure « dérogation espèces protégées » (Conseil d’Etat, 11 mars 2026, n°500143)
Voici une nouvelle étape du contentieux relatif au projet de construction d'une chapelle et d'un bâtiment d'accueil des pèlerins à Saint-Pierre-de-Colombier (Ardèche), porté par la congrégation religieuse "La Famille A.". Par une décision n°500143 rendue ce 11 mars...
Solaire : réunion de la commission juridique du syndicat Enerplan, le 18 mars 2026
La commission juridique d’Enerplan, le syndicat des professionnels du solaire, se réunira le 18 mars 2026. La commission juridique sera animée par Me Florian Ferjoux (cabinet Gossement Avocats) et Mathilde Regoli (Enerplan). Parmi les sujets abordés, figureront la...
Solaire : le Conseil d’Etat fournit de nombreuses précisions sur le décret du 8 avril 2024 relatif aux installations agrivoltaïques et agricompatibles (Conseil d’Etat, 16 mars 2026)
Par trois décisions du 16 mars 2026, le Conseil d’Etat a rejeté les recours demandant l’annulation du décret n°2024-318 du 8 avril 2024 relatif au développement de l'agrivoltaïsme et aux conditions d'implantation des installations photovoltaïques sur des terrains...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.



![📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔](https://www.gossement-avocats.com/wp-content/uploads/2026/03/affiche-matinale-zan-16-avril-2026-400x250.jpg)


