En bref
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
Urbanisme : le recours contre le permis de construire modificatif formé par un tiers suspend la durée de validité du permis de construire initial (Conseil d’Etat)
Par une décision du 19 juin 2020, mentionnée aux Tables, le Conseil d’Etat a précisé que le recours d’un tiers contre le permis modificatif a pour effet de suspendre la durée de validité du permis de construire initial. Présentation.
Les faits et la procédure
Était en cause une procédure de référé suspension initiée par un tiers contre le refus de l’administration de constater la caducité d’un permis de construire portant sur la réalisation d’une maison individuelle, de dresser un procès-verbal d’infraction pour construction sans autorisation et de prendre un arrêté interruptif des travaux.
Le tiers opposé au projet considérait que le permis de construire qui avait été accordé initialement devait être regardé comme état périmé en application des dispositions de l’article R. 424-17 du code de l’urbanisme.
Le permis de construire initial avait fait l’objet d’un permis modificatif. Ce dernier a été contesté par le tiers, et finalement annulé par le juge administratif.
La question de droit
La spécificité de la question juridique posée au Conseil d’Etat était de savoir si le recours contre un permis de construire modificatif a suspendu la durée de validité du permis de construire initial.
Pour rappel, l’article R. 424-17 du code de l’urbanisme prévoit que le permis de construire est périmé si les travaux ne sont pas initiés dans le délai de trois ans à compter de sa notification au pétitionnaire. Passé ce délai, le pétitionnaire ne dispose plus de l’autorisation lui permettant de réaliser son projet.
Pour tenir compte d’un éventuel recours contentieux contre le permis de construire, rendant incertain la réalisation du projet, le code de l’urbanisme dispose que le délai de validité du permis est suspendu jusqu’à ce que le juge administratif ait rendu une décision irrévocable (Cf. Article R. 424-19 du code de l’urbanisme).
Si les conséquences de ces dispositions sont claires pour un recours formé contre le permis initial, elles ne précisent pas ce qu’il en est sur la durée de validité de ce permis en cas de recours contentieux contre un permis de construire modificatif qui lui est rattaché.
Sur le fond
Par une décision du 21 février 2018, n°402109, le Conseil d’Etat a jugé que le délai de validité du permis de construire initial n’est pas suspendu pendant la durée du recours formé par le bénéficiaire de ce permis contre la décision de refus de lui délivrer un permis modificatif.
Dans sa décision du 19 juin 2020, les circonstances sont différentes dès lors que le permis modificatif avait été accordé et que le recours était formé par un tiers.
Le Conseil d’Etat considère cette fois-ci que,
« si la délivrance d’un permis de construire modificatif n’a pas pour effet de faire courir à nouveau le délai de validité du permis de construire initial, le recours contentieux formé par un tiers à l’encontre de ce permis modificatif suspend ce délai jusqu’à l’intervention d’une décision juridictionnelle irrévocable. ».
Le recours d’un tiers contre le permis modificatif a donc pour conséquence de suspendre la durée de validité du permis de construire initial.
Cette appréciation est cohérente avec l’objet de l’article R. 424-19 du code de l’urbanisme.
Il importe de relever que l’annulation du permis de construire modificatif par le juge administratif n’a pas d’incidence sur l’effet suspensif du recours contre ce dernier sur la durée de validité du permis initial.
A l’inverse, si le pétitionnaire devait former un recours contentieux contre le refus d’un permis de construire modificatif, en obtenir l’annulation ainsi que la délivrance, l’existence du recours n’aurait pas pour effet de suspendre la durée de validité du permis initial.
Florian Ferjoux
Avocat – Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Photovoltaïque : l’avis défavorable de la CDPENAF sur un projet susceptible d’être soumis à un appel d’offres de la Commission de régulation de l’énergie peut faire l’objet d’un recours devant le juge administratif (CAA Toulouse, 24 juillet 2026, n°25TL02470)
Par un arrêt n°25TL02470 du 24 juillet 2026, la cour administrative d’appel de Toulouse a jugé que l’avis de la commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) est susceptible d’être soumis au contrôle du juge...
Certificats d’économies d’énergie : évolution des modalités de contrôle (arrêté du 27 juillet 2026 relatif aux modalités de contrôle dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie)
L’arrêté du 27 juillet 2026 relatif aux modalités de contrôle dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie, publié au Journal officiel de la République française du 29 juillet 2026, modifie les modalités des contrôles a priori. Présentation. Par...
Urbanisme : le Gouvernement clarifie les règles relatives à la durée de validité des autorisations d’urbanisme des ouvrages de production d’énergie renouvelable
Par un décret n° 2026-674 du 27 juillet 2026 portant mesures de simplification de l'action publique locale et des normes applicables aux collectivités territoriales et à leurs groupements, le Gouvernement a précisé un point important : les dispositions du décret n°...
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Le Conseil constitutionnel a été saisi par de nombreux parlementaires d’une demande de contrôle de constitutionnalité de la loi. A la suite de cette saisine, le cabinet Gossement Avocats, spécialise du droit de l’environnement, dépose un mémoire nommé "contribution...
Solaire : le Gouvernement relève de 1 à 3 MWc le seuil de dispense d’étude d’impact systématique pour les installations photovoltaïques de production d’électricité
Par un décret n° 2026-674 du 27 juillet 2026 portant mesures de simplification de l'action publique locale et des normes applicables aux collectivités territoriales et à leurs groupements, publié au JO du 28 juillet 2026, le Gouvernement a relevé de 1 à 3 mégawatts,...
Batteries : les procédures de notification et d’accréditation des organismes d’évaluation de la conformité définies par l’arrêté du 10 juillet 2026
Le Gouvernement a publié au journal officiel du 22 juillet 2026, l’arrêté du 10 juillet 2026 concernant la notification et l’accréditation des organismes d’évaluation de la conformité intervenant au titre du règlement (UE) 2023/1542 relatif aux batteries et aux...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.




![[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public](https://www.gossement-avocats.com/wp-content/uploads/2026/07/36487-large-400x250.jpg)

