En bref
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
ZFE : le Parlement va-t-il réellement supprimer les zones à faibles émissions mobilité ? (loi de simplification de la vie économique)
Ce 20 janvier 2026, les députés et sénateurs, réunis en commission mixte paritaire, ont adopté une version du projet de loi de simplification de la vie économique qui comporte, à son article 15 ter, une mesure de suppression des zones à faible émissions mobilité (ZFE-m). Une mesure qui procède de deux amendements déposés par des députés des groupes RN et Droite républicaine. Une mesure dont l’avenir est cependant très incertain. D’une part, elle figure dans un projet de loi dont l’avenir est lui aussi incertain. Discuté au Parlement depuis avril 2024, l’examen en dernière lecture de ce texte a été de nouveau reporté, cette fois-ci au lendemain des élections municipales. D’autre part, cette mesure ne présente aucun lien avec l’objet de la loi de simplification de la vie économique. De telle sorte que, si elle devait être définitivement adoptée au Parlement, elle serait alors très certainement censurée par le Conseil constitutionnel au motif qu’elle constitue un cavalier législatif. Enfin, la suppression des ZFE, sans mise en place d’aucune alternative, mettrait en cause l’objectif de lutte contre la pollution de l’air et le respect de nos engagements européens. Analyse.
A titre liminaire, pour faire le point sur le cadre juridique des zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m), nous vous proposons la lecture de cette note.
I. Le vote de l’amendement de suppression des ZFE, déposé par les députés des groupes RN et Droite républicaine
L’article 15 ter du projet de loi de simplification de la vie économique procède du vote, à l’Assemblée nationale, de deux amendements rédigés en termes identiques :
- l’amendement n°CS583 déposé par plusieurs députés du groupe Rassemblement national
- l’amendement n°CS1506 déposé par plusieurs députés du groupe Droite républicaine
Ces deux amendements ont été adoptés par les députés réunis en commission spéciale, le 17 mars 2025, en dépit des avis défavorables du rapporteur Stéphane Travert et du Gouvernement. Les députés ont ainsi voté la suppression de toutes les dispositions relatives aux ZFE actuellement présentes dans différents codes : code général des collectivités territoriales, code des transports, code de l’environnement.
Pour l’essentiel, les députés ont voté la suppression des mesures suivantes au sein du code général des collectivités territoriales :
- l’article L. 2213-4-1 créant les trois types de ZFE exposés précédemment, dont, notamment, celles devant obligatoirement être instaurées dans les agglomérations dépassant 150 000 habitants et celles ne respectant pas des normes de qualité de l’air ;
- l’article L. 2213-4-2 autorisant les services de police (nationale et municipale) à mettre en œuvre « des dispositifs fixes ou mobiles de contrôle automatisé des données signalétiques des véhicules » ;
- le C du I de l’article L. 5211-9-2 obligeant les maires « des communes membres d’un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre situé dans » une ZFE à « transférer au président de cet établissement public les compétences et prérogatives » dont ils disposent pour définir les modalités des ZFE.
Le texte a été voté en séance publique à l’Assemblée nationale, le 24 juin 2025.
La Commission mixte paritaire s’est réunie le 20 janvier 2026 et a conservé dans le projet de loi de simplification de la vie économique cet article 15 ter qui prévoit la suppression des dispositions relatives aux ZFE et donc des ZFE elles-mêmes.
L’avenir de cet article 15 ter est très incertain car il figure dans un projet de loi dont l’examen en dernière lecture a été repoussé au lendemain des élections municipales, sans nouvelle date précise.
II. La censure prévisible de la mesure de suppression des ZFE, par le Conseil constitutionnel
Devant la commission mixte paritaire, le député rapporteur du texte pour l’Assemblée nationale a reconnu que l’article 15 ter constitue un cavalier législatif qui sera très certainement déclaré contraire à la Constitution par le Conseil
« Je rappelle qu’en tout état de cause, l’article 15 ter constitue un cavalier législatif qui sera –selon toute vraisemblance – censuré par le Conseil constitutionnel en application du premier alinéa de l’article 45 de la Constitution. Nous le savons tous et je ne peux que m’étonner que certains soient aussi attachés à des dispositions dont ils savent pertinemment qu’elles n’entreront pas en vigueur.«
Ces amendements poursuivaient donc un but politique – ouvrir une polémique sur les ZFE peu avant la campagne électorale pour les élections municipales – et non juridique car, à l’évidence, aucun député ne pouvait ignorer qu’un texte sans lien avec l’objectif de simplification de la vie économique du projet de loi encourt un risque élevé de censure par le Conseil constitutionnel.
Arnaud Gossement
avocat – professeur associé à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne
A lire également :
Textes en vigueur
- Directive 2008/50/CE du Parlement européen et du Conseil du 21 mai 2008 concernant la qualité de l’air ambiant et un air pur pour l’Europe
- Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets
- Décret n° 2022-1761 du 30 décembre 2022 relatif aux aides à l’acquisition ou à la location de véhicules peu polluants
- Décret n°2022-1641 du 23 décembre 2022 relatif aux conditions de l’instauration d’une zone à faibles émissions mobilité dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants situées sur le territoire métropolitain
- Arrêté du 8 décembre 2022 établissant le plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques
- Décret n° 2022-99 du 1er février 2022 relatif aux conditions de l’instauration d’une zone à faibles émissions mobilité
- Décret n° 2020-1138 du 16 septembre 2020 relatif au non-respect de manière régulière des normes de la qualité de l’air donnant lieu à une obligation d’instauration d’une zone à faibles émissions mobilité
- Arrêté du 3 janvier 2020 portant validation de 10 programmes dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie
- Arrêté du 29 décembre 2017 relatif aux modalités de gestion des aides à l’acquisition et à la location des véhicules peu polluants
- Arrêté du 24 novembre 1967 relatif à la signalisation des routes et des autoroutes
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Le Conseil constitutionnel a été saisi par de nombreux parlementaires d’une demande de contrôle de constitutionnalité de la loi. A la suite de cette saisine, le cabinet Gossement Avocats, spécialise du droit de l’environnement, dépose un mémoire nommé "contribution...
Solaire : le Gouvernement relève de 1 à 3 MWc le seuil de dispense d’étude d’impact systématique pour les installations photovoltaïques de production d’électricité
Par un décret n° 2026-674 du 27 juillet 2026 portant mesures de simplification de l'action publique locale et des normes applicables aux collectivités territoriales et à leurs groupements, publié au JO du 28 juillet 2026, le Gouvernement a relevé de 1 à 3 mégawatts,...
Batteries : les procédures de notification et d’accréditation des organismes d’évaluation de la conformité définies par l’arrêté du 10 juillet 2026
Le Gouvernement a publié au journal officiel du 22 juillet 2026, l’arrêté du 10 juillet 2026 concernant la notification et l’accréditation des organismes d’évaluation de la conformité intervenant au titre du règlement (UE) 2023/1542 relatif aux batteries et aux...
Hydroélectricité : ce que contient la loi n°2026-554 du 29 juin 2026 visant à relancer les investissements dans le secteur de l’hydroélectricité
La loi n°2026-554 du 29 juin 2026 visant à relancer les investissements dans le secteur de l'hydroélectricité pour contribuer à la transition énergétique a été adoptée à la suite de l’accord conclu en août 2025 entre le Gouvernement français et la Commission...
Le décret n°2025-1048 du 30 octobre 2025 relatif à la sixième période du dispositif des certificats d’économies d’énergie est légal (Conseil d’Etat, 22 juillet 2026)
Par une décision du 22 juillet 2026, le Conseil d’Etat a rejeté les requêtes par lesquelles plusieurs fournisseurs de fioul domestique ou de carburants ont sollicité l’annulation, totale ou partielle, du décret n°2025-1048 du 30 octobre 2025 relatif à la sixième...
Néonicotinoïdes : pour la ministre de l’agriculture « 𝑐’𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑎 𝑠𝑐𝑖𝑒𝑛𝑐𝑒 𝑞𝑢𝑖 𝑑𝑒́𝑐𝑖𝑑𝑒 ». Ce que la loi d’urgence agricole dit vraiment.
"C'est la science qui décide". Lors de la discussion parlementaire du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, la ministre de l'agriculture s'est prévalue d'une nouvelle version de l'article relatif à l'autorisation de l'utilisation de...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.

![[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public](https://www.gossement-avocats.com/wp-content/uploads/2026/07/36487-large-400x250.jpg)



