En bref
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
Projet de loi énergie – climat : un renforcement de la lutte contre la fraude aux certificats d’économies d’énergie
L’article 4 du projet de loi énergie climat propose de renforcer la lutte contre la fraude aux certificats d’économies d’énergie (CEE). Analyse.
L’article 4 du projet de loi énergie climat propose de renforcer la lutte contre la fraude aux Certificats d’économies d’énergie (CEE) en prévoyant trois types de mesures relatives :
– aux sanctions administratives ;
– au contrôle des dossiers CEE ;
– à la circulation des informations entre les services de l’administration.
Contexte
Le rapport d’analyse TRACFIN de 2016 a mis en lumière les fraudes aux certificats d’économies d’énergie. Le rapport constatait que le coût d’entrée sur le marché des CEE pour un délégataire était faible car il nécessitait seulement d’obtenir la délégation d’un obligé. Une fois que le délégataire a accès au marché, le risque est qu’il présente des dossiers fictifs, afin de bénéficier de CEE sans avoir effectué les travaux correspondants.
Les modalités pour accéder au statut de délégataire et le contrôle du PNCEE sur les dossiers de demande de délégation ont été accrus pour la 4ème période, venant limiter ainsi le nombre de délégataires.
Outre la limitation du nombre de délégataires, il est désormais envisagé de renforcer les sanctions et le contrôle sur les CEE.
Présentation du texte
En premier lieu, les CEE reposent sur un système déclaratif. Les obligés ou leurs délégataires se contentent de solliciter des certificats correspondant au volume d’économies d’énergie qu’ils estiment avoir réalisé. Les pièces justificatives ne sont produites qu’en cas de contrôle, réalisé en principe après la délivrance des CEE (cf. article R. 222-7 du code de l’énergie).
En cas de manquement aux obligations d’économies d’énergies et aux obligations déclaratives, l’article L. 222-2 du code de l’énergie prévoit diverses sanctions.
Le projet de loi qui nous occupe viendrait modifier l’article L. 222-2 du code de l’énergie comme suit :
» [En cas de manquement à des obligations déclaratives], le ministre met l’intéressé en demeure de se conformer à ses obligations dans un délai déterminé. Il peut rendre publique cette mise en demeure.
Lorsque l’intéressé ne se conforme pas dans les délais fixés à cette mise en demeure [ou lorsque des certificats d’économies d’énergie lui ont été indûment délivrés], le ministre chargé de l’énergie peut :
» 1° Prononcer à son encontre une sanction pécuniaire (…) ;
2° Le priver de la possibilité d’obtenir des certificats d’économies d’énergie (…) ;
3° Annuler des certificats d’économies d’énergie de l’intéressé, d’un volume égal à celui concerné par le manquement ;
4° Suspendre ou rejeter les demandes de certificats d’économies d’énergie faites par l’intéressé.
Un décret en Conseil d’Etat précise les modalités d’application du présent article. »
En deuxième lieu, l’article 4 propose de créer l’article L. 222-2-1 du code de l’énergie renforçant le contrôle sur les personnes déjà sanctionnées en raison de manquement aux obligations déclaratives.
Aux termes de cet article, le PNCEE pourrait imposer au demandeur sanctionné de faire réaliser un contrôle par un organisme tiers :
– des certificats délivrés ou demandés ;
– des demandes ultérieures pendant une période d’un an.
Le recours à un organisme tiers et le type de contrôle (pour les opérations passées et/ou les opérations à venir) semblent être laissés à la discrétion de l’administration.
A notre sens ce texte nécessite l’adoption d’un décret d’application. Aucune information n’est donnée ni sur les compétences de l’organisme tiers, ni sur le contrôle attendu : contrôle sur pièce ou contrôle des travaux.
En troisième lieu, la dernière disposition relative aux CEE concerne la circulation des données entre les différents services de l’administration et serait insérée à un nouvel article L. 222-10 du code de l’énergie. Les renseignements entre administrations peuvent être spontanés ou sur demande.
Le risque de fraude étant avant tout documentaire, ce nouvel article serait opportun.
Mise en perspective : pour rappel, le député Julien Aubert, du groupe Les Républicains, avait déposé, le 8 juin 2018, la proposition de résolution n° 1036 relatives aux Certificats d’Economies d’Energie (CEE).
Aux termes de cette proposition de résolution, l’Assemblée nationale formulait 4 propositions, dont le renforcement des dispositifs de lutte contre la fraude au CEE et les comportements spéculatifs.
Il est regrettable, aujourd’hui, que le législateur n’accompagne pas la lutte contre la fraude par une clarification du statut comptable et fiscal du CEE afin de donner plus de prévisibilité aux obligés du dispositif.
Emilie Bertaina
Avocate – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Solaire : le Gouvernement veut remettre en cause les contrats d’achat signés et élargir le périmètre des installations concernées (PLF 2027)
Le projet de loi de finances pour 2027, actuellement préparé par le Gouvernement comporte des mesures qui fragilisent le soutien public des installations de production d'énergie solaire. Au nom de l'objectif affiché de réduction de la dépense publique, le Gouvernement...
Greenwashing : la directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024 s’applique-t-elle directement aux entreprises à compter du 27 septembre 2026 ?
Plusieurs articles précisent ou laissent entendre que les entreprises doivent, au plus tard ce 27 septembre 2026, vérifier que leurs produits et services respectent directement les exigences de la directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024 modifiant les directives...
Chasse : la ministre de l’écologie autorise la chasse de 5000 specimens de fuligule milouin, en recommandant de privilégier le prélèvement des mâles
La ministre de l'écologie a publié au journal officiel du 24 septembre 2026, l'arrêté du 31 août 2026 encadrant la chasse du fuligule milouin pour la saison cynégétique 2026-2027. L'arrêté du 31 août 2026 fixe la date d'ouverture de la période de chasse au 1er octobre...
Déchets du bâtiment : le Gouvernement prépare un nouveau décret pour assurer la refondation de la filière. Voici ce qu’il faut en retenir.
Le ministère de l'écologie prépare un nouveau projet de décret pour tenter de réorganiser la filière de gestion des déchets du déchets du bâtiment (filière REP PMCB). Ce texte a été récemment soumis pour avis au Conseil d'Etat puis aux acteurs professionnels de la...
IA : l’usage abusif de l’intelligence artificielle peut mener à une amende pour recours abusif (état de la jurisprudence)
Les décisions par lesquelles le juge administratif fait part de son agacement grandissant à l'endroit des requêtes mal rédigées à l'aide d'outils d'intelligence artificielle se multiplient. Il est désormais certain que rédiger une requête devant le juge administratif...
Emballages : le point sur les nouvelles obligations issues du règlement PPWR (UE)2025/40 en vigueur depuis le 12 août 2026
Les dispositions du règlement (UE) 2025/40 du 19 décembre 2024 sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) sont entrées en vigueur le 12 août 2026. L’occasion de faire le point sur les principales mesures prévues par le règlement, dont l’adoption s’inscrit...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






