En bref
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
📢[webinaire] « L’autorisation environnementale : le point sur le droit applicable », matinale SERDEAUT Paris I le jeudi 21 mai 2026
Déchets : confirmation de la nature administrative du contrat conclu entre un éco-organisme et une collectivité territoriale
Par un arrêt du 15 février 2018, la cour d’appel de Nîmes juge, comme la Cour d’appel d’Angers quelques mois plus tôt, que le contrat conclu entre l’éco-organisme agréé pour la gestion des déchets diffus spécifiques et un syndicat intercommunal doit être qualifié de contrat administratif.
En l’état des informations disponibles, la Cour de Cassation a été saisie d’un pourvoi en cassation et devrait fixer définitivement la jurisprudence judiciaire sur ce point.
Pour mémoire, la question de la nature juridique du contrat conclu entre éco-organismes et collectivités territoriales, qui n’est pas déterminée par la loi, fait l’objet de nombreux débats, depuis que plusieurs juridictions judiciaires ont jugé que ce contrat présente un caractère administratif, et ont décliné leur compétence pour en connaitre. La Cour d’appel d’Angers a, pour la première fois, confirmé en appel, la nature administrative de ce contrat.
Par un arrêt n° 16/01755 du 15 février 2018, la Cour d’appel de Nîmes également saisie de cette question a confirmé à son tour la qualification de contrat administratif.
Le raisonnement suivi par la Cour d’appel de Nîmes est similaire. Comme la Cour d’appel d’Angers, la Cour d’appel de Nîmes a écarté la clause attributive de compétence figurant au contrat et fait une application rigoureuse des critères de qualification d’un contrat administratif, pour juger que le contrat porté devant elle présentait le caractère d’un contrat administratif.
Contrairement à la Cour d’appel d’Angers, la Cour d’appel de Nîmes ne s’est pas contentée de juger que le contrat est administratif en ce qu’une personne publique est partie au contrat et l’éco-organisme « contribue à l’exécution du service public de collecte et traitement des déchets ménagers« , mais a également recherché la présence de clauses exorbitantes de droit commun.
Si cet examen est en principe superfétatoire, dans la mesure où la participation à l’exécution du service public suffit à qualifier un contrat d’administratif, il est précieux pour les éco-organismes qui ne participe pas à l’exécution du service public en collectant des déchets non-ménagers.
Or, la Cour d’appel de Nîmes a jugé que le contrat devait également être qualifié de contrat administratif en raison de la présence de plusieurs clauses exorbitantes de droit commun :
« la faculté offerte à l’administration d’une résiliation unilatérale du contrat sans contrepartie indemnitaire, ainsi que l’obligation faite à ECODDS, soumise à un agrément ministériel d’une durée limitée, procèdent de clauses exorbitantes de droit commun qui ne font que conforter le caractère administratif du contrat« .
Sur ce dernier point, il convient de relever que la Cour d’appel de Nîmes n’a pas fait application de la nouvelle définition de la clause exorbitante issue d’un arrêt du Tribunal des conflits du 13 octobre 2014. Cette définition implique, en principe, que la juridiction recherche si les clauses « impliquent dans l’intérêt général que [ces contrats] relèvent d’un régime exorbitant de droit public ».
Il est à noter que la Cour d’appel de Nîmes juge inutile de transmettre une question préjudicielle à la Cour de justice de l’Union européenne, comme demandé par le requérant.
Margaux Caréna
Avocate – Référente pour le droit public des affaires
Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Fast-fashion (mode ultra express) : le Gouvernement prépare l’entrée en vigueur, le 1er septembre 2026, du malus sur les vêtements non durables
Le Gouvernement ouvre une consultation publique sur le premier projet de texte réglementaire d'application de la loi n° 2026-602 du 8 juillet 2026 visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile, le jour même de la promulgation de celle-ci. Ce texte a...
Le « Principe habitabilité » : « C’est simplement le vrai nom de ce que l’on appelait auparavant environnement – une fois qu’on a compris ce qu’il était vraiment : pas un dehors où se servir, mais une condition de tous les possibles. » Notre lecture du livre de Baptiste Morizot et Laurent Neyret (Gallimard, 2026, coll. Tracts)
Baptiste Morizot est agrégé de philosophie et enseignant à l'université d'Aix-Marseille. Laurent Neyret est professeur de droit à Sciences-po. Il a été directeur de cabinet de Laurent Fabius alors président du Conseil constitutionnel. Ils ont tous deux publié, en...
50ème anniversaire de la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature : « La loi sur la protection de la nature nous rappelle que l’objectif est de maintenir la Terre habitable » (La Croix)
La chronique d'Arnaud Gossement pour le journal La Croix est consacrée au cinquantième anniversaire d'une grande loi fondatrice du droit de l'environnement : la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature. Cette chronique est à lire ici. ...
Fast-fashion (« mode ultra express ») : décryptage de la loi n°2026-602 du 8 juillet 2026 visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile
La loi n° 2026-602 du 8 juillet 2026 visant à réduire l'impact environnemental de l'industrie textile a été publiée au journal officiel du 9 juillet 2026. Pour mémoire, selon l'ADEME, l'industrie de la mode et du textile est à l’origine de 4 à 8 % des émissions de gaz...
Lagopède alpin : l’interdiction de sa chasse en consultation publique
L’Etat vient de mettre en consultation publique un projet de texte important visant l’inscription du Lagopède alpin sur la liste des oiseaux protégés et le retrait de cet oiseau de la liste des espèces chassables. Le 2 mars 2026, saisi par les associations Ligue pour...
Urbanisme : le Conseil d’Etat réalise un équilibre entre la qualité d’élu local libre de son expression du maire et sa qualité d’instructeur désintéressé et impartial des demandes d’autorisations d’urbanisme (Conseil d’Etat, 29 juin 2026, société R. n°496823)
Par une décision n°496823 rendue ce 29 juin 2026 le Conseil d'Etat a jugé que les décisions prises en matière d’autorisation d’urbanisme sont cumulativement soumises au respect, d’une part des dispositions de l’article L.422-7 du code de l’urbanisme (obligation...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






