En bref
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir des objectifs en matière de biogaz
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
Autorisation unique et certificat de projet : absence d’intérêt à agir des tiers à l’encontre d’un certificat de projet (CAA Bordeaux)
Par arrêt du 27 décembre 2018 (n° 17BX00034), la Cour administrative d’appel de Bordeaux a jugé qu’une association et des particuliers se présentant comme riverains ne disposent pas d’un intérêt pour agir à l’encontre d’un certificat de projet délivré en application des dispositions de l’ordonnance n° 2014-356 du 20 mars 2014.
Dans cette affaire, une société a sollicité la délivrance d’un certificat de projet s’agissant de la construction d’un parc éolien de cinq aérogénérateurs sur le territoire de deux communes en Dordogne.
Par deux arrêtés du 17 novembre 2014, le Préfet de la Dordogne a délivré les certificats de projet sollicités, un pour chaque commune.
Une association ainsi que des riverains ont alors saisi le Tribunal administratif de Bordeaux d’un recours en annulation de ces deux arrêtés du 17 novembre 2014.
Par jugement n° 1501633 du 3 novembre 2016, le Tribunal administratif a rejeté cette demande. L’association et les riverains ont donc interjeté appel devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux.
En premier lieu, la Cour rappelle le cadre juridique dans lequel s’inscrit le certificat de projet, tel que résultant de l’ordonnance n° 2014-356 du 20 mars 2014 relative à l’expérimentation d’un certificat de projet.
Cette expérimentation ne concerne que des projets situés en région Aquitaine, Bretagne, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Ile-de-France ou Rhône-Alpes.
Le certificat de projet est alors accordé, à titre expérimental, par le préfet de département, à la demande du porteur de projet. Il concerne les projets nécessitant la délivrance d’au moins une autorisation régie par le code de l’environnement, le code forestier ou le code de l’urbanisme.
L’obtention de ce certificat de projet permet notamment au demandeur de :
1/ Identifier les régimes, décisions et procédures auxquels le projet sera soumis ;
2/ Mentionner les autres régimes et procédures dont le projet est susceptible de relever ;
3/ Décrire les principales étapes de la procédure d’instruction du dossier.
Le certificat de projet comporte également un engagement sur un délai maximal d’instruction, sous réserve de prorogations ou d’interruptions de délai.
L’article 2 de l’ordonnance précitée précise, entre outre, que les mentions portées au certificat de projet et les engagements de délai qu’il comporte, lorsqu’ils ont été de nature à lui porter préjudice, engagent » la responsabilité de l’administration à l’égard de son titulaire « .
En second lieu, la Cour revient sur l’intérêt à agir des requérants à l’encontre d’un tel acte dans la mesure où celui-ci » ne porte pas sur l’autorisation du projet « .
A cet égard, la Cour rappelle que les requérants se prévalent de la qualité de voisins des éoliennes envisagées et que l’association invoque l’article 1er de ses statuts relatif à son objet social en rapport avec » la protection de l’environnement, du patrimoine culture et des paysages contre toutes les atteintes et nuisances qui pourraient leur être portées « .
Cependant, la Cour juge que la qualité des informations mentionnées par le certificat de projet ainsi que les engagements sur les délais maximaux d’instruction ne peuvent » affecter que le porteur du projet « .
Dès lors, la juridiction d’appel en déduit, au regard des effets que le certificat de projet produit, que les tiers ne disposent pas d’un intérêt suffisant à agir pour en demander l’annulation.
Laura Picavez
Avocate – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Solaire : réunion de la commission juridique du syndicat Enerplan, le 18 mars 2026
La commission juridique d’Enerplan, le syndicat des professionnels du solaire, se réunira le 18 mars 2026. La commission juridique sera animée par Me Florian Ferjoux (cabinet Gossement Avocats) et Mathilde Regoli (Enerplan). Parmi les sujets abordés, figureront la...
Solaire : le Conseil d’Etat fournit de nombreuses précisions sur le décret du 8 avril 2024 relatif aux installations agrivoltaïques et agricompatibles (Conseil d’Etat, 16 mars 2026)
Par trois décisions du 16 mars 2026, le Conseil d’Etat a rejeté les recours demandant l’annulation du décret n°2024-318 du 8 avril 2024 relatif au développement de l'agrivoltaïsme et aux conditions d'implantation des installations photovoltaïques sur des terrains...
Urbanisme : quelle est la durée de validité des autorisations d’urbanisme délivrées pour les ouvrages de production d’énergie renouvelable ? (Tribunal administratif de Bordeaux, 4 mars 2026, n°2503330)
Par un jugement n°2503330 rendu ce 4 mars 2026, le tribunal administratif de Bordeaux a jugé que le décret n°2025-461 du 26 mai 2025, prolongeant et prorogeant le délai de validité des autorisations d'urbanisme délivrées entre 2021 et 2024, ne s'applique pas aux...
Économie circulaire : le point sur le futur règlement de l’UE relatif à la conception des véhicules et la gestion des véhicules hors d’usage (VHU)
Réforme à venir en droit de l’Union européennes en matière de circularité des véhicules (passeport numérique des véhicules) et de gestion des véhicules hors d’usage
Qu’est-ce qu’un « avocat en droit de l’environnement » ? Nos réponses sur l’accès, l’exercice et l’évolution du métier
La question nous est très souvent posée. Par nos clients, par des étudiant(e)s en droit qui réfléchissent à leur orientation professionnelle ou par des personnes qui cherchent un conseil pour défendre leurs droits : qu'est ce qu'un avocat en droit de l'environnement ?...
Lagopède alpin : la ministre de l’écologie doit suspendre, pour cinq ans, la chasse d’une espèce d’oiseau sauvage dont l’état de conservation est mauvais (Conseil d’Etat, 2 mars 2026, Ligue pour la Protection des Oiseaux, One Voice et Comité écologique ariègeois)
Voici une décision importante dont l'intérêt va bien au-delà de la seule question de la conservation du Lagopède alpin mais pourrait contraindre la ou le ministre de l'écologie a suspendre plus souvent la chasse d'espèces sauvages en mauvais état de conservation sans...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






