En bref
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir des objectifs en matière de biogaz
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
[Soirée débat] 9 décembre 2025 – « Désinformation climatique : le rôle du droit face au brouillage du réel »
Autorisation unique et certificat de projet : absence d’intérêt à agir des tiers à l’encontre d’un certificat de projet (CAA Bordeaux)
Par arrêt du 27 décembre 2018 (n° 17BX00034), la Cour administrative d’appel de Bordeaux a jugé qu’une association et des particuliers se présentant comme riverains ne disposent pas d’un intérêt pour agir à l’encontre d’un certificat de projet délivré en application des dispositions de l’ordonnance n° 2014-356 du 20 mars 2014.
Dans cette affaire, une société a sollicité la délivrance d’un certificat de projet s’agissant de la construction d’un parc éolien de cinq aérogénérateurs sur le territoire de deux communes en Dordogne.
Par deux arrêtés du 17 novembre 2014, le Préfet de la Dordogne a délivré les certificats de projet sollicités, un pour chaque commune.
Une association ainsi que des riverains ont alors saisi le Tribunal administratif de Bordeaux d’un recours en annulation de ces deux arrêtés du 17 novembre 2014.
Par jugement n° 1501633 du 3 novembre 2016, le Tribunal administratif a rejeté cette demande. L’association et les riverains ont donc interjeté appel devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux.
En premier lieu, la Cour rappelle le cadre juridique dans lequel s’inscrit le certificat de projet, tel que résultant de l’ordonnance n° 2014-356 du 20 mars 2014 relative à l’expérimentation d’un certificat de projet.
Cette expérimentation ne concerne que des projets situés en région Aquitaine, Bretagne, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Ile-de-France ou Rhône-Alpes.
Le certificat de projet est alors accordé, à titre expérimental, par le préfet de département, à la demande du porteur de projet. Il concerne les projets nécessitant la délivrance d’au moins une autorisation régie par le code de l’environnement, le code forestier ou le code de l’urbanisme.
L’obtention de ce certificat de projet permet notamment au demandeur de :
1/ Identifier les régimes, décisions et procédures auxquels le projet sera soumis ;
2/ Mentionner les autres régimes et procédures dont le projet est susceptible de relever ;
3/ Décrire les principales étapes de la procédure d’instruction du dossier.
Le certificat de projet comporte également un engagement sur un délai maximal d’instruction, sous réserve de prorogations ou d’interruptions de délai.
L’article 2 de l’ordonnance précitée précise, entre outre, que les mentions portées au certificat de projet et les engagements de délai qu’il comporte, lorsqu’ils ont été de nature à lui porter préjudice, engagent » la responsabilité de l’administration à l’égard de son titulaire « .
En second lieu, la Cour revient sur l’intérêt à agir des requérants à l’encontre d’un tel acte dans la mesure où celui-ci » ne porte pas sur l’autorisation du projet « .
A cet égard, la Cour rappelle que les requérants se prévalent de la qualité de voisins des éoliennes envisagées et que l’association invoque l’article 1er de ses statuts relatif à son objet social en rapport avec » la protection de l’environnement, du patrimoine culture et des paysages contre toutes les atteintes et nuisances qui pourraient leur être portées « .
Cependant, la Cour juge que la qualité des informations mentionnées par le certificat de projet ainsi que les engagements sur les délais maximaux d’instruction ne peuvent » affecter que le porteur du projet « .
Dès lors, la juridiction d’appel en déduit, au regard des effets que le certificat de projet produit, que les tiers ne disposent pas d’un intérêt suffisant à agir pour en demander l’annulation.
Laura Picavez
Avocate – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Principe de non-régression : le Gouvernement ne peut pas réduire le niveau de protection des zones humides qui ont « un rôle essentiel en matière environnementale » (Conseil d’Etat, 2 mars 2026, France Nature Environnement et autres, n°497009)
Voici une décision d'une grande importance par laquelle, le Conseil d'Etat a sanctionné - ce qui est encore assez rare - une nouvelle violation du principe de non-régression par le Gouvernement. Faciliter par arrêté la construction de bassines dans des zones humides...
Dérogation espèces protégées : le Conseil d’Etat précise la méthode d’appréciation du « risque suffisamment caractérisé » d’atteinte à l’état de conservation des espèces protégées (Conseil d’Etat, 23 février 2026, n°494510)
Cette décision n°494510 du 23 février 2026 du Conseil d'Etat est d'une particulière importance pour les rédacteurs des études d'impact qui serviront, notamment, à apprécier l'obligation de dépôt d'une demande de dérogation espèces protégées. Le Conseil d'Etat a ici...
Référé-liberté : l’euthanasie d’un animal porte atteinte au droit de propriété et au droit à la vie privée de son propriétaire ou détenteur « compte tenu du lien affectif particulier établi avec lui » (Conseil d’Etat, ord, 19 février 2026, Société Protectrice des Animaux du Roannais, n°511614)
Par une ordonnance n°511614 du 19 février 2026, le juge du référé-liberté du Conseil d'Etat a jugé que le fait pour une autorité publique d'ordonner l'euthanasie d'un animal constitue pour son propriétaire ou son détenteur, par nature et quels que soient les motifs...
Déchets du bâtiment : les députés refusent de discuter en urgence du projet de refondation de la filière de gestion de ces déchets, défendu par le Gouvernement (REP PMCB)
Une opération étonnante vient d'échouer à l'Assemblée nationale ce mardi 24 février 2026. Le Gouvernement a en effet tenté, en vain, de faire voter en urgence par les députés réunis en commission du développement durable, son projet de réforme ("refondation") des...
Déchets du bâtiment : le Gouvernement annonce une réforme de la filière REP PMCB mais pas encore de calendrier
Le ministre délégué de la Transition écologique a publié ce 19 février 2026, un communiqué de presse pour préciser quel sont les grands choix réalisés par le Gouvernement pour procéder à la refondation de la filière à responsabilité élargie du producteur pour les...
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir en matière d’énergie solaire (thermique et photovoltaïque)
Le décret du 12 février 2026 relatif à la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) a été publié. Il présente notamment la planification de l’énergie solaire, thermique et photovoltaïque. Présentation. La nouvelle feuille de route pour l’énergie...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






