En bref
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinets d’avocats
Véhicule hors d’usage : le traitement par les centres VHU des véhicules relevant d’un système individuel en l’absence de contrat de gestion est légal (Conseil d’Etat, 30 juillet 2026, n°502483)
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
Autorités administratives indépendantes : la procédure de sanction des nuisances aéroportuaires est inconstitutionnelle (QPC Conseil constitutionnel)
Par une décision du 24 novembre 2017 (n° 2017-675 QPC), le Conseil constitutionnel a déclaré que les deuxième et cinquième à neuvième alinéas de l’article L. 6361-14 du code des transports, relatif à la procédure de sanction de l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (Acnusa), sont contraires à la Constitution.
Pour rappel, l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires a été créée par la loi n° 99-588 du 12 juillet 1999. Il s’agit d’une autorité administrative indépendante, composée de dix membres parmi lesquels son président nommé par décret du Président de la République. L’Acnusa est notamment compétente en matière de nuisances engendrées par le transport aérien. A cette fin, elle est dotée d’un pouvoir de sanction et peut, à ce titre, prononcer des sanctions administratives.
C’est cette procédure de sanction qui a été examinée par le Conseil constitutionnel, à la suite d’une question prioritaire de constitutionnalité soulevée par une société condamnée à une amende administrative.
Selon la société requérante, les dispositions litigieuses méconnaissent les principes d’indépendance et d’impartialité résultant de l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (DDHC).
La requérante soutient en effet que ces dispositions ne garantissent pas la séparation entre les fonctions de poursuite et d’instruction, d’une part, et les fonctions de jugement, d’autre part.
En premier lieu, le Conseil constitutionnel rappelle les dispositions de l’article 16 de la Déclaration des droits de l’Homme de 1789 selon lesquelles « toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution« .
Le Conseil constitutionnel précise ensuite que le principe de la séparation des pouvoirs ne fait pas obstacle à ce qu’une autorité administrative indépendante, agissant dans le cadre de prérogatives de puissance publique, exerce un pouvoir de sanction dans la mesure où celle-ci respecte le principe de légalité des délits et des peines, les droits de la défense ainsi que les principes d’indépendance et d’impartialité.
En deuxième lieu, le Conseil constitutionnel revient sur la procédure de sanction de l’Acnusa.
Celle-ci débute par la constatation d’un manquement par les fonctionnaires et agents désignés à l’article L. 6142-1 du code des transports. Ce manquement est consigné dans un procès-verbal notifié à la personne en cause et communiqué à l’autorité.
L’instruction est ensuite assurée, de manière contradictoire, par des fonctionnaires et agents autres que ceux ayant constaté le manquement. Au terme de l’instruction, le rapporteur notifie le dossier complet à la personne incriminée qui peut présenter ses observations. A l’issue de cette phase, le président de l’Autorité peut décider de classer sans suite la procédure. Dans le cas contraire, l’Autorité met la personne poursuivie en mesure de se présenter devant elle ou de se faire représenter. Enfin, après avoir entendu le rapporteur et éventuellement la personne en cause ou son représentant, l’Autorité délibère hors de leur présence.
En troisième lieu, le Conseil constitutionnel relève que, dans le cadre d’une procédure de sanction devant l’Acnusa, son président dispose du pouvoir d’opportunité des poursuites des manquements constatés, tout en étant également membre de la formation en charge de juger ces mêmes manquements.
Le Conseil constitutionnel en déduit ainsi qu’aucune séparation n’est assurée entre les fonctions de poursuite des éventuels manquements, d’une part, et les fonctions de jugement de ces mêmes manquements, d’autre part.
Par conséquent, la procédure de sanction de l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires méconnait le principe d’impartialité et n’est donc pas conforme à la Constitution.
Laura Picavez
Juriste – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Adaptation au changement climatique : le Parlement examine la proposition de loi inscrivant dans la loi le plan national d’adaptation (PNACC) et la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC)
Voici un texte important pour la politique nationale d'adaptation au changement climatique qui pourrait, sous réserve du résultat des travaux parlementaires en cours, permettre une vraie avancée. Le Sénat vient d'adopter en première lecture, ce 19 octobre 2026, la...
IA : l’usage abusif de l’intelligence artificielle peut mener à une amende pour recours abusif (nouvel état de la jurisprudence)
Les décisions par lesquelles le juge administratif fait part de son agacement grandissant à l’endroit des requêtes mal rédigées à l’aide d’outils d’intelligence artificielle se multiplient. Il est désormais certain que rédiger une requête devant le juge administratif...
Stockage d’électricité (BESS) : nouvelle suspension en référé d’un refus de permis de construire fondé sur l’incompatibilité du projet avec une activité agricole (TA Orléans, ord., 23 octobre 2026, n°2606368)
Par une ordonnance n°2606368 du 23 octobre 2026, le juge des référés du tribunal administratif d'Orléans a suspendu l'exécution de l'arrêté par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de délivrer un permis de construire pour l'installation d'un parc de batteries de...
Référé pénal environnemental : le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire d’Annecy ordonne, sous astreinte, la mise en conformité du chantier de l’autoroute A412 mais refuse la suspension des travaux (TJ Annecy, JLD, ordonnance du 27 octobre 2026)
Par une ordonnance rendue le 27 octobre 2026, le juge des libertés et de la détention (JLD) du tribunal judiciaire d’Annecy a ordonné à la société A. d’exécuter les mesures nécessaires au respect de quatre prescriptions de l’autorisation environnementale du chantier...
Energies renouvelables : le décret n°2026-997 du 26 octobre 2026 réforme les indemnités de résiliation des contrats de soutien, le traitement des prix négatifs et la participation des installations à la flexibilité du système électrique
Le décret n° 2026-997 du 26 octobre 2026 relatif aux mécanismes de soutien aux énergies renouvelables électriques et portant diverses dispositions relatives à ces énergies a été publié au Journal officiel du 28 octobre 2026. Ce décret en Conseil d'Etat modifie la...
Urbanisme : une orientation d’aménagement et de programmation (OAP) ne peut pas être jugée illégale au seul motif qu’elle est rédigée de manière précise ou prescriptive (Conseil d’Etat, 23 octobre 2026, n°508382)
Par une décision n°508382 du 23 octobre 2026, le Conseil d’Etat a jugé qu’une orientation d’aménagement et de programmation (OAP) d’un plan local d’urbanisme ne peut pas être regardée comme illégale au seul motif qu’elle est énoncée de façon précise ou prescriptive....
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






