En bref
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔
Solaire : le juge administratif précise son contrôle de la prévention des atteintes aux espèces protégées pour un projet de centrale solaire sur un site pollué (CAA Marseille, 19 mars 2026, n°24MA01751 – Jurisprudence cabinet)
Qu’est-ce qu’un « avocat en droit de l’environnement » ? Nos réponses sur l’accès, l’exercice et l’évolution du métier
Certificats d’économies d’énergie : la « bonification précarité » ne doit pas concerner le remplacement des seules chaudières à fioul (Conseil d’Etat)
Par un arrêt du 11 janvier 2019, le Conseil d’Etat a annulé l’arrêté du 22 décembre 2017 modifiant l’arrêté du 29 décembre 2014 relatif aux modalités d’application de la troisième période du dispositif des certificats d’économies d’énergie, » en tant qu’il subordonne la bonification des certificats d’économies d’énergie prévue au titre des équipements produisant de la chaleur à la condition que l’équipement installé ou le raccordement à un réseau de chaleur vienne en remplacement d’une chaudière au fioul « .
Pour mémoire, les articles L. 221-1 à L. 222-9 du code de l’énergie instituent un dispositif d’économies d’énergie à la charge de certains fournisseurs d’énergie. Les économies d’énergie, réalisées directement ou indirectement par les fournisseurs d’énergie, donnent lieu à la délivrance de certificats d’économies d’énergie (CEE).
L’article 3-4 de l’arrêté du 29 décembre 2014 relatif aux modalités d’application du dispositif des certificats d’économies d’énergie prévoit une bonification du volume des CEE pour des opérations réalisées entre le 1er mars 2017 et le 31 mars 2018, au bénéfice de ménages en situation de précarité ou de grande précarité énergétique. Pour se prévaloir de cette bonification, les demandeurs de CEE doivent être signataires de la charte intitulée » Coup de pouce économies d’énergie « .
Un arrêté du 22 décembre 2017 est venu modifier l’arrêté du 29 décembre 2014 pour y ajouter un article 3-5 qui:
– d’une part, prolonge le dispositif » coup de pouce économies d’énergie » jusqu’au 31 décembre 2020 ;
– d’autre part, s’agissant des équipements produisant de la chaleur, limite la bonification au remplacement des chaudières individuelles ou collectives au fioul.
En l’espèce, la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage a sollicité l’annulation pour excès de pouvoir de l’arrêté du 22 décembre 2017, modifiant l’arrêté du 29 décembre 2014.
En premier lieu, la requérante soutenait que l’arrêté attaqué portait atteinte au principe de la liberté du commerce et de l’industrie.
Ce moyen est rejeté par le Conseil d’Etat aux motifs que :
– D’une part, par cette bonification, le ministre a entendu développer l’utilisation des énergies renouvelables et réduire les émissions de CO2 dans le cadre de la mise en oeuvre du » Plan climat « .
– D’autre part, le nombre prévisionnel de bénéficiaires correspond à seulement 0,7 % du parc de logements chauffés au fioul. La mesure est donc proportionnée.
En deuxième lieu, le Conseil d’Etat écarte également le moyen selon lequel l’arrêté attaqué méconnaitrait le principe d’égalité devant les charges publiques, dès lors qu’il ne comporte aucune disposition fiscale.
En troisième et dernier lieu, le Conseil d’Etat rappelle que, dans le cadre du dispositif « coup de pouce énergétique », il est loisible au ministre de favoriser l’utilisation des énergies renouvelables faiblement émettrices de CO2 au détriment d’énergies fossiles non renouvelables.
Toutefois, en l’espèce, le Conseil d’Etat considère que le ministre a entaché son arrêté d’une erreur manifeste d’appréciation en visant exclusivement les chaudières à fioul :
« Toutefois, en subordonnant la bonification des certificats d’économies d’énergie au remplacement des seules chaudières au fioul, à l’exclusion de toute autre source d’énergie non renouvelable présentant des caractéristiques analogues au regard des objectifs poursuivis, et faute d’invoquer un critère objectif et rationnel susceptible de justifier ce choix, le ministre a entaché son arrêté d’une erreur manifeste d’appréciation « .
Il conviendra alors de s’interroger sur les conséquences de l’annulation de cet arrêté en vigueur pendant près d’un an. Des potentielles conséquences financières avaient été identifiées par la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage lors de l’audience en référé qui s’était tenue devant le Conseil d’Etat au printemps 2018. Mais celles-ci n’avaient pas permis de caractériser l’urgence nécessaire pour obtenir la suspension de l’exécution de cet arrêté (cf. CE, ordonnance du 28 mars 2018, n° 418746).
Emilie Bertaina
Avocate – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Simplification : les députés veulent réduire la possibilité pour l’administration de refuser une autorisation environnementale (projet de loi d’urgence agricole)
Le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles est actuellement examiné à l'Assemblée nationale en première lecture. En commission des affaires économiques, les députés ont adopté un amendement CE1095, déposé par les rapporteurs, qui tend à...
📢[webinaire] « L’autorisation environnementale : le point sur le droit applicable », matinale SERDEAUT Paris I le jeudi 21 mai 2026
Le SERDEAUT Centre de recherches, centre de recherches de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne co-dirigé par le professeur Norbert Foulquier, organise un cycle de conférences mensuelles : "Les matinales du droit de l'environnement du SERDEAUT Centre de recherches". Ce...
« Backlash écologique : quand le Parlement fait marche arrière ». La députée Sandrine Le Feur et l’avocat Arnaud Gossement invités du podcast « Dans l’hémicycle » présenté par la journaliste Bérengère Bonte
À quelques jours de l’examen de la loi d’urgence agricole à l’Assemblée nationale (19 mai 2026) et dans un contexte de "backlash écologique" au Parlement, Bérengère Bonte reçoit Sandrine Le Feur, députée EPR de la 4ème circonscription du Finistère, présidente de la...
« Référé pénal environnemental » : l’admission du référé n’est pas subordonnée au constat d’une atteinte effective à l’environnement (Cour de cassation, crim., 5 mai 2026, Pourvoi n° 25-84.870)
Par une décision rendue ce 5 mai 2026, la chambre criminelle de la Cour de cassation a jugé que l'admission du référé environnemental devant le juge des libertés et de la détention (JLD) n'est pas subordonnée au constat d'une atteinte effective à l'environnement. Il...
Dérogation espèces protégées : le périmètre de la recherche d’une éventuelle « solution alternative satisfaisante » dépend de l’objectif poursuivi par le concepteur du projet (Conseil d’Etat, 7 mai 2026, n°496357)
Par une décision n°496357 rendue ce 7 mai 2026, le Conseil d'Etat a fourni d'importantes précisions quant au contenu de la condition d'octroi d'une dérogation espèces protégées relative à l’absence de "solution alternative satisfaisante » et, plus précisément, quant...
Épandage : publication du décret n°2026-357 du 7 mai 2026 encadrant le retour au sol des matières fertilisantes et supports de culture
Le Gouvernement a publié au journal officiel du 10 mai 2026, le décret n°2026-357 du 7 mai 2026 fixant les modalités de surveillance et d'identification des critères de qualité agronomique et d'innocuité des matières fertilisantes et des supports de culture. Un texte...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.


![📢[webinaire] « L’autorisation environnementale : le point sur le droit applicable », matinale SERDEAUT Paris I le jeudi 21 mai 2026](https://www.gossement-avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/Affiche-matinale-Serdeaut-AE-21-mai-2026-pdf.jpg)



