En bref
Publication du décret du 31 décembre 2025 relatif au mécanisme de capacité
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
[Soirée débat] 9 décembre 2025 – « Désinformation climatique : le rôle du droit face au brouillage du réel »
Un maire peut refuser le permis de construire d’un poulailler industriel en raison du manque d’eau, en tenant compte du changement climatique (jurisprudence cabinet)
Certificats d’économies d’énergie : une concertation publique est lancée pour la 5ème période
Les modalités de mise en œuvre d’une 5ème période des Certificats d’économies d’énergie débutant le 1er janvier 2022 sont en cours de discussion. Les parties prenantes sont invitées à transmettre leurs contributions jusqu’au 10 septembre prochain.
Une fiche de concertation a été publiée par le ministère en charge de l’énergie présentant des propositions et questions soumises au débat. Présentation
La fiche de concertation est organisée selon trois axes principaux :
- Obligation et structure générale ;
- Modalités ;
- Mobilisation des acteurs.
Sur la durée :
Les périodes de 4 années – et non plus trois années – deviendraient la norme. Cet allongement des périodes serait motivé par la volonté d’inscrire le dispositif des CEE dans les trajectoires déterminées par les lois de programmation pluriannuelles de l’énergie.
Par ailleurs, selon notre expérience, un allongement des périodes permettrait aux différents acteurs d’établir leurs relations contractuelles sur le long terme grâce à un renforcement de la sécurité juridique
Nous identifions également un autre avantage à l’allongement des périodes : les parties prenantes disposeront davantage de temps pour préparer les modalités de la période suivante.
Sur les obligations et les outils pour les atteindre :
La convention citoyenne pour le climat propose que l’obligation CEE soit multipliée par un facteur 3 à 4. Le ministère en charge de l’énergie ne commente pas cette proposition mais demande aux parties prenantes de se prononcer sur cette augmentation de l’obligation.
Afin de remplir les obligations d’économies d’énergie, les bonifications « Coup de pouce » demeurent un outil privilégié. Il est toutefois proposé de limiter les bonifications aux opérations qui permettent de réduire le plus les émissions de gaz à effet de serre. Parmi les opérations « Coup de pouce » qui pourraient disparaître, il est possible de citer : le « Coup de pouce isolation » ainsi que le « Coup de pouce thermostats »
Les programmes sont également très prisés. Le nombre avoisine les 75. Il est proposé d’en réduire leur nombre de moitié.
La fiche propose également de s’interroger sur la répartition de l’obligation :
– « L’inclusion d’autres types d’énergie serait-il souhaitable (kérosène, etc.) ? ».
– Serait-il souhaitable que les ventes d’électricité, de gaz, de la chaleur ou du froid aux consommateurs finals soient élargies à d’autres ventes que celles réalisées aux ménages et entreprises du secteur tertiaire (ventes de gaz naturel pour véhicules, ventes aux entreprises industrielles, ventes au secteur agricole, etc.) ? »
Il est également suggéré de soumettre à obligation CEE les volumes de bioéthanol ED95 mis à la consommation.
Sur les modalités
Il ressort de ces premières propositions que la 5ème période pourrait être plus contraignante pour les différents acteurs, quant aux volumes d’obligations, aux conditions pour devenir délégataire mais aussi aux sanctions.
Le ministère en charge de l’énergie rappelle qu’une évaluation menée par l’ADEME a montré une tendance à la surestimation des économies d’énergie dans l’élaboration des fiches. En conséquence de quoi, elle interroge sur les évolutions du processus de création ou de révision des fiches qui pourraient être mises en place pour favoriser l’expertise des conditions d’éligibilité à la fiche, l’évaluation des économies d’énergie, ainsi que chaque paramètre sous-tendant cette évaluation.
Ensuite, la fiche de concertation part du constat que de nombreuses démarches de contrôle sont actuellement engagées tant au niveau de l’administration que des opérateurs privés à l’égard de leurs cocontractants. Outre ces différentes démarches qui sont encouragées sur la 4ème période, deux propositions viendraient les renforcer pour la 5ème période. Il est proposé d’une part, de publier sur le site du Ministère de la Transition écologique et solidaire les sanctions prononcées par l’administration et, d’autre part, d’étendre progressivement la liste des fiches d’opérations standardisées soumises à contrôle par échantillonnage par les demandeurs avant le dépôt de leurs demandes auprès du PNCEE. Ces fiches sont répertoriées dans un tableau. On y trouve par exemple les fiches relatives à l’isolation, au remplacement des chaudières.
Outre un renforcement des sanctions, la 4ème période a été marquée par une contraction du nombre de délégataires du fait d’une élévation des exigences pour obtenir ce statut. La 5ème période pourrait poursuivre dans cette direction. Il est mentionné par exemple la possibilité d’imposer aux délégataires de produire des garanties financières ou de démontrer l’honorabilité du dirigeant de l’entreprise. Il semble également que l’administration souhaite clarifier le paysage des délégataires par une meilleure information en ligne.
Nous notons, en revanche, que le statut de mandataire, qui a pris de l’ampleur avec la diminution du nombre de délégataires, n’est pas abordé.
D’autres évolutions sont soumises au débat du public comme le délai de versement des primes aux bénéficiaires, la géolocalisation des opérations par point GPS, une obligation de vigilance du demandeur des CEE à l’égard de l’ensemble de la chaîne des prestataires, bien que cela semble d’ores et déjà appliqué.
Considéré comme « un outil indispensable de la politique de maîtrise de la demande énergétique », le dispositif des Certificats d’économies d’énergie a encore un bel avenir devant lui.
Emilie Bertaina
Avocate – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Le Gouvernement simplifie l’autorisation des installations d’élevage intensif en application de la « loi Duplomb » (Décret n° 2026-46 du 2 février 2026 modifiant la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement)
Par un décret n° 2026-46 du 2 février 2026 modifiant la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement, publié au journal officiel du 3 février 2026 et pris notamment pour l'application de la "Loi Duplomb" du 11 août 2025, le...
ZFE : le Parlement va-t-il réellement supprimer les zones à faibles émissions mobilité ? (loi de simplification de la vie économique)
Ce 20 janvier 2026, les députés et sénateurs, réunis en commission mixte paritaire, ont adopté une version du projet de loi de simplification de la vie économique qui comporte, à son article 15 ter, une mesure de suppression des zones à faible émissions mobilité...
Climat : le Gouvernement publie une trajectoire de réchauffement de la France métropolitaine de 2 °C à l’horizon 2030, de 2,7 °C à l’horizon 2050, de 4 °C à l’horizon 2100 (décret et arrêté du 23 janvier 2026)
Le Gouvernement a publié au journal officiel du 25 janvier 2026, deux textes relatifs à la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique de la France : le décret n° 2026-23 du 23 janvier 2026 relatif à la trajectoire de...
Pas de « silence vaut accord » à défaut de réponse sur une déclaration préalable pour un projet soumis à évaluation environnementale (Décret n°2025-1402 du 29 décembre 2025 relatif aux projets faisant l’objet d’une autorisation d’urbanisme et soumis à évaluation environnementale)
Depuis l’entrée en vigueur d’un décret du 29 décembre 2025, la déclaration préalable pour un projet soumis à l'obligation d'évaluation environnementale relève désormais de la règle du silence vaut rejet. Le décret tire les conséquences d’une décision du Conseil d’Etat...
Désobéissance civile : le blocage d’une autoroute par des manifestants écologistes peut être justifié par la liberté d’expression interprétée à la lumière de la liberté de réunion (Cour de cassation, 14 janvier 2026, affaire « Dernière rénovation », pourvoi n° 24-83.632)
Par un arrêt rendu ce 14 janvier 2026, la chambre criminelle de la Cour de cassation a jugé qu'une action de blocage d'une autoroute par des manifestants écologistes du collectif "Dernière rénovation" présente un lien direct avec l'exercice de la liberté d'expression,...
Autoroute A69 : la juge des libertés et de la détention bouscule les préfets du Tarn et et de la Haute-Garonne (TJ Toulouse, 12 janvier 2026 – référé pénal environnemental)
Par une ordonnance rendue le 12 janvier 2026 (disponible ici sur le site de Vert le média), la juge des libertés et de la détention (JLD) du tribunal judiciaire de Toulouse a ordonné la suspension immédiate des travaux en cours sur des sites en dehors de l'emprise...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






