Déchets du bâtiment : la ministre de la transition écologique annonce une « refondation » de la filière REP des produits et matériaux de construction du bâtiment (PMCB)

Mar 24, 2025 | Droit de l'Environnement

La ministre de la transition écologique a annoncé, le 20 mars dernier, une « refondation » de la filière de responsabilité élargie du producteur (REP) des produits et matériaux de construction du bâtiment (communiqué de presse consultable ici). Selon la ministre, en effet, le déploiement de cette filière, mise en place par la loi n°2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et pour l’économie circulaire, rencontre plusieurs difficultés, parmi lesquelles notamment la « généralisation de la reprise sans frais des déchets de PMCB » et le fait que les producteurs sont tenus de s’acquitter d’une contribution financière, qui représente une charge significative, « sans pour autant apporter un service satisfaisant aux artisans. »

Dans ce contexte, la « refondation » de la filière REP des PMCB prendra la forme d’une « étroite concertation » avec l’ensemble des parties prenantes de manière à « définir les conditions d’un déploiement de la filière plus adapté aux spécificités du secteur du bâtiment. » Dans cette perspective, un « moratoire visant l’application de certaines dispositions devant entrer en vigueur à partir de 2025 » devrait être mis en œuvre dans les prochaines semaines.

Si la ministre de la transition écologique n’a, pour l’heure, apportée aucune précision sur les dispositions qui seront concernées par le moratoire, celui-ci pourrait concerner les dispositions issues de l’arrêté du 3 juillet 2024 ayant modifié le cahier des charges de la filière REP des PMCB annexé à l’arrêté du 10 juin 2022, qui sont en vigueur depuis le 1er janvier 2025.

Pour mémoire, l’arrêté du 3 juillet 2024 prévoit notamment une obligation pour les éco-organismes de garantir la reprise sans frais des déchets auprès des entreprises du secteur du bâtiment dès lors que ces contenants ont un volume unitaire supérieur à 8 m3 ainsi qu’un abattement des contributions financières pour les produits composés majoritairement de matériaux dont les taux de valorisation des déchets pour l’année N-2 sont supérieurs au taux moyen de valorisation de l’ensemble des déchets de PMCB de la catégorie pour cette même année. Dans l’affirmative, la mise en place d’un tel moratoire impliquerait donc l’intervention d’un arrêté afin de « suspendre » l’application des dispositions prévues par l’arrêté du 3 juillet 2024 précité.

Enfin, il importe de relever que le « moratoire » annoncé par la ministre de la transition écologique se distingue, dans sa portée comme son objet, d’un autre moratoire issu d’une proposition de loi n°986, déposée par plusieurs députés RN et enregistrée le 18 février 2025, visant à suspendre l’obligation de paiement des éco-contributions dans le cadre de la filière de cette filière (pour une présentation de la proposition de loi : cliquez ici).

Emma Babin

Avocate associée

 

 

 

Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :

Découvrez le cabinet Gossement Avocats

Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.

À lire également

Hydroélectricité : les débits nécessaires à l’alimentation des dispositifs de continuité écologique sans incidence sur la puissance maximale brute de l’installation (Conseil d’État, 29 mai 2026, n°500309)

Hydroélectricité : les débits nécessaires à l’alimentation des dispositifs de continuité écologique sans incidence sur la puissance maximale brute de l’installation (Conseil d’État, 29 mai 2026, n°500309)

Par arrêt du 29 mai 2026, le Conseil d’État a apporté une précision importante sur l’incidence des débits nécessaires à l’alimentation des dispositifs de continuité écologique (dispositif de dévalaison et passe à poissons) sur la valeur du débit correspondant à la puissance maximale brute dont l’exploitant est autorisé à disposer. Il a également rappelé que les ouvrages hydroélectriques doivent respecter les exigences liés à la continuité écologique, celles-ci étant susceptibles d’avoir une incidence sur l’efficacité énergétique de l’installation

Hydroélectricité : l’administration peut refuser d’autoriser une installation qui n’exploite pas de manière optimale le potentiel énergétique du site d’implantation (Conseil d’État, 2 octobre 2026, n°504303)

Hydroélectricité : l’administration peut refuser d’autoriser une installation qui n’exploite pas de manière optimale le potentiel énergétique du site d’implantation (Conseil d’État, 2 octobre 2026, n°504303)

Par une récente décision n°504303 du 2 octobre 2026, le Conseil d’État a considéré que l’autorité administrative peut valablement refuser de délivrer l’autorisation sollicitée en vue d’exploiter une micro-centrale hydroélectrique, lorsque l’ouvrage projeté n’exploite pas de manière optimale le potentiel hydroélectrique du site.

Chasse : la chasse aux filets des alouettes des champs poursuit des finalités « vivrières, culturelles et récréationnelles » qui lui sont propres et qui justifient qu’elle soit autorisée en plus de la chasse au tir (Conseil d’Etat, 2 octobre 2026, Association One voice et Ligue pour la protection des oiseaux, n°507798)

Chasse : la chasse aux filets des alouettes des champs poursuit des finalités « vivrières, culturelles et récréationnelles » qui lui sont propres et qui justifient qu’elle soit autorisée en plus de la chasse au tir (Conseil d’Etat, 2 octobre 2026, Association One voice et Ligue pour la protection des oiseaux, n°507798)

Par une décision n°507798 rendue le 2 octobre 2026, le Conseil d'Etat a rejeté les requêtes par lesquelles l'associations One voice (représentée par notre cabinet) et la Ligue pour la protection des oiseaux, ont demandé l'annulation de deux arrêtés du 28 août 2025 par...

Découvrez le cabinet Gossement Avocats

Notre Cabinet

Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.

Nos Compétences

Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.

Contact

Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.