En bref
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
Dérogation espèces protégées : vers une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM) plus souvent admise ? (projet de loi relatif à l’accélération des énergies renouvelables)
L’avant-projet de loi relatif à l’accélération des énergies renouvelables propose de prévoir que les projets d’installation de production d’électricité et de gaz à partir de sources renouvelables, qui nécessitent une dérogation « espèces protégées », répondent – à certaines conditions qui seraient fixées par décret – à une raison impérative d’intérêt public majeur (« RIIPM »). Présentation.
Pour mémoire, l’article L. 411-1 du code de l’environnement interdit de porter atteinte aux espèces protégées. La liste de ces espèces est fixée par arrêté (cf. arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés, arrêté du 23 avril 2007 fixant les listes des insectes protégés, arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés et arrêté du 8 janvier 2021 fixant la liste des amphibiens et des reptiles).
Par dérogation, l’article L. 411-2 du code de l’environnement prévoit que l’autorité administrative peut délivrer des dérogations aux interdictions d’atteinte aux espèces protégées pour permettre la réalisation de projets. La délivrance d’une telle dérogation est soumise à la réunion de trois conditions cumulatives. Ces conditions sont les suivantes :
1.Il n’existe pas d’autre solution satisfaisante à la réalisation du projet ;
2.La dérogation ne nuit pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle ;
3.Et enfin, le projet répond à une raison impérative d’intérêt public majeur.
La dernière condition relative à la raison impérative d’intérêt public majeur est appréciée au cas par cas (cf. par ex. : CE, 29 juillet 2022, n°443420, CE, 10 mars 2022, n° 439784, CE, 24 juillet 2019, n° 414353, commentée).
Dans l’optique de renforcer l’indépendance énergétique de la France et notamment de réduire le temps pour développer des projets d’énergie renouvelable (énergie éolienne, énergie solaire photovoltaïque, etc.), l’avant-projet de loi propose d’insérer un article L. 411-2-1 dans le code de l’environnement qui prévoit que les projets d’énergie renouvelables répondent à une raison impérative d’intérêt public majeur et ce, sous certaines conditions.
Ces projets devront en effet satisfaire à des « conditions techniques », notamment en ce qui concerne leur puissance et le type de ressources renouvelables, qui seraient fixées par décret pris en Conseil d’Etat. Ce décret prendrait en compte la programmation pluriannuelle de l’énergie, et notamment les volets de la programmation relatifs à la sécurité d’approvisionnement et au développement de l’exploitation des énergies renouvelables et de récupération.
L’avant-projet de loi relatif à l’accélération des énergies renouvelables propose ainsi de mettre en place des critères réglementaires permettant de caractériser la raison impérative d’intérêt public majeur, qui est aujourd’hui une condition appréciée in concreto.
Cette nouvelle mesure serait exceptionnelle et transitoire (cf. intitulé du titre de l’avant-projet de loi dans lequel la mesure s’insère). Elle présenterait donc en principe un caractère temporaire. L’avant-projet de loi ne précise toutefois pas la durée d’application de cette mesure, qui entrerait en vigueur à la promulgation de la loi et du décret d’application.
Il convient de souligner que l’avant- projet de loi ne vise pas les deux autres conditions précitées de la délivrance d’une dérogation « espèces protégées » portant sur l’absence d’autre solution satisfaisante et l’absence de nuisance au maintien dans un état de conservation favorable des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle. Les projets d’énergie renouvelable ne pourraient donc pas être réalisés s’ils ne réunissent pas ces deux autres conditions.
Morgane Issenmann
Avocate
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Urbanisme : le refus de délivrer le permis de construire peut être fondé sur une incomplétude du dossier, sans demande de compléments préalable (Conseil d’Etat, 3 août 2026, n°497092)
Par une décision du 3 août 2026 n°497092, publiée au Recueil, le Conseil d’Etat a jugé que l’autorité administrative compétente peut refuser de délivrer un permis de construire lorsque ce dernier n’est pas complet, sans avoir adressé une demande de compléments...
Recours abusif : le législateur définit ce qu’est un « comportement abusif » (Loi n°2026-796 du 18 août 2026 d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles)
L'article 60 de la loi n°2026-796 du 18 août 2026 d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a créé une nouvelle procédure de condamnation de l’auteur d’un recours, considéré comme abusif, à des dommages et intérêts, devant le juge administratif Par une...
Bidoversité : publication du décret n°2026-829 du 28 août 2026 relatif au régime unique de la haie
Le Gouvernement a publié au journal officiel du 29 août 2026, le décret n° 2026-829 du 28 août 2026 relatif au régime unique de la haie. Le décret décrit les modalités de cette nouvelle procédure censée articuler sans les effacer les treize législations différentes...
IA : l’usage abusif de l’intelligence artificielle peut mener à une amende pour recours abusif (tribunal administratif de Rennes, ord., 19 août 2026, n°2508168)
Par une ordonnance n°2508168 rendue ce 19 août 2026, le tribunal administratif de Rennes a infligé une amende pour recours abusif à une personne dont le recours avait manifestement été écrit à l'aide d'un outil d'intelligence artificielle. Une ordonnance qui ne...
Sénatoriales 2026 : publication de la circulaire du ministre de l’intérieur sur l’attribution d’une nuance politique aux candidats, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche
Le ministre de l'intérieur vient d'adresser aux préfets une circulaire du 23 août 2026 relative à l'attribution des nuances politiques aux candidats aux élections sénatoriales du 27 septembre 2026. Une circulaire dont l'objet est de permettre aux préfets de disposer,...
Commande publique : entrée en vigueur le 22 août 2026 des nouvelles obligations de prise en compte des objectifs de développement durable dans les marchés publics (article 35 de la loi « climat et résilience » du 22 août 2021)
Depuis ce 22 août 2026, plusieurs dispositions de l'article 35 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, dite loi "climat et résilience" sont entrées en vigueur. Elles...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






