En bref
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinets d’avocats
Véhicule hors d’usage : le traitement par les centres VHU des véhicules relevant d’un système individuel en l’absence de contrat de gestion est légal (Conseil d’Etat, 30 juillet 2026, n°502483)
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
Dérogation espèces protégées : vers une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM) plus souvent admise ? (projet de loi relatif à l’accélération des énergies renouvelables)
L’avant-projet de loi relatif à l’accélération des énergies renouvelables propose de prévoir que les projets d’installation de production d’électricité et de gaz à partir de sources renouvelables, qui nécessitent une dérogation « espèces protégées », répondent – à certaines conditions qui seraient fixées par décret – à une raison impérative d’intérêt public majeur (« RIIPM »). Présentation.
Pour mémoire, l’article L. 411-1 du code de l’environnement interdit de porter atteinte aux espèces protégées. La liste de ces espèces est fixée par arrêté (cf. arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés, arrêté du 23 avril 2007 fixant les listes des insectes protégés, arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés et arrêté du 8 janvier 2021 fixant la liste des amphibiens et des reptiles).
Par dérogation, l’article L. 411-2 du code de l’environnement prévoit que l’autorité administrative peut délivrer des dérogations aux interdictions d’atteinte aux espèces protégées pour permettre la réalisation de projets. La délivrance d’une telle dérogation est soumise à la réunion de trois conditions cumulatives. Ces conditions sont les suivantes :
1.Il n’existe pas d’autre solution satisfaisante à la réalisation du projet ;
2.La dérogation ne nuit pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle ;
3.Et enfin, le projet répond à une raison impérative d’intérêt public majeur.
La dernière condition relative à la raison impérative d’intérêt public majeur est appréciée au cas par cas (cf. par ex. : CE, 29 juillet 2022, n°443420, CE, 10 mars 2022, n° 439784, CE, 24 juillet 2019, n° 414353, commentée).
Dans l’optique de renforcer l’indépendance énergétique de la France et notamment de réduire le temps pour développer des projets d’énergie renouvelable (énergie éolienne, énergie solaire photovoltaïque, etc.), l’avant-projet de loi propose d’insérer un article L. 411-2-1 dans le code de l’environnement qui prévoit que les projets d’énergie renouvelables répondent à une raison impérative d’intérêt public majeur et ce, sous certaines conditions.
Ces projets devront en effet satisfaire à des « conditions techniques », notamment en ce qui concerne leur puissance et le type de ressources renouvelables, qui seraient fixées par décret pris en Conseil d’Etat. Ce décret prendrait en compte la programmation pluriannuelle de l’énergie, et notamment les volets de la programmation relatifs à la sécurité d’approvisionnement et au développement de l’exploitation des énergies renouvelables et de récupération.
L’avant-projet de loi relatif à l’accélération des énergies renouvelables propose ainsi de mettre en place des critères réglementaires permettant de caractériser la raison impérative d’intérêt public majeur, qui est aujourd’hui une condition appréciée in concreto.
Cette nouvelle mesure serait exceptionnelle et transitoire (cf. intitulé du titre de l’avant-projet de loi dans lequel la mesure s’insère). Elle présenterait donc en principe un caractère temporaire. L’avant-projet de loi ne précise toutefois pas la durée d’application de cette mesure, qui entrerait en vigueur à la promulgation de la loi et du décret d’application.
Il convient de souligner que l’avant- projet de loi ne vise pas les deux autres conditions précitées de la délivrance d’une dérogation « espèces protégées » portant sur l’absence d’autre solution satisfaisante et l’absence de nuisance au maintien dans un état de conservation favorable des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle. Les projets d’énergie renouvelable ne pourraient donc pas être réalisés s’ils ne réunissent pas ces deux autres conditions.
Morgane Issenmann
Avocate
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Adaptation au changement climatique : le Parlement examine la proposition de loi inscrivant dans la loi le plan national d’adaptation (PNACC) et la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC)
Voici un texte important pour la politique nationale d'adaptation au changement climatique qui pourrait, sous réserve du résultat des travaux parlementaires en cours, permettre une vraie avancée. Le Sénat vient d'adopter en première lecture, ce 19 octobre 2026, la...
IA : l’usage abusif de l’intelligence artificielle peut mener à une amende pour recours abusif (nouvel état de la jurisprudence)
Les décisions par lesquelles le juge administratif fait part de son agacement grandissant à l’endroit des requêtes mal rédigées à l’aide d’outils d’intelligence artificielle se multiplient. Il est désormais certain que rédiger une requête devant le juge administratif...
Stockage d’électricité (BESS) : nouvelle suspension en référé d’un refus de permis de construire fondé sur l’incompatibilité du projet avec une activité agricole (TA Orléans, ord., 23 octobre 2026, n°2606368)
Par une ordonnance n°2606368 du 23 octobre 2026, le juge des référés du tribunal administratif d'Orléans a suspendu l'exécution de l'arrêté par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de délivrer un permis de construire pour l'installation d'un parc de batteries de...
Référé pénal environnemental : le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire d’Annecy ordonne, sous astreinte, la mise en conformité du chantier de l’autoroute A412 mais refuse la suspension des travaux (TJ Annecy, JLD, ordonnance du 27 octobre 2026)
Par une ordonnance rendue le 27 octobre 2026, le juge des libertés et de la détention (JLD) du tribunal judiciaire d’Annecy a ordonné à la société A. d’exécuter les mesures nécessaires au respect de quatre prescriptions de l’autorisation environnementale du chantier...
Energies renouvelables : le décret n°2026-997 du 26 octobre 2026 réforme les indemnités de résiliation des contrats de soutien, le traitement des prix négatifs et la participation des installations à la flexibilité du système électrique
Le décret n° 2026-997 du 26 octobre 2026 relatif aux mécanismes de soutien aux énergies renouvelables électriques et portant diverses dispositions relatives à ces énergies a été publié au Journal officiel du 28 octobre 2026. Ce décret en Conseil d'Etat modifie la...
Urbanisme : une orientation d’aménagement et de programmation (OAP) ne peut pas être jugée illégale au seul motif qu’elle est rédigée de manière précise ou prescriptive (Conseil d’Etat, 23 octobre 2026, n°508382)
Par une décision n°508382 du 23 octobre 2026, le Conseil d’Etat a jugé qu’une orientation d’aménagement et de programmation (OAP) d’un plan local d’urbanisme ne peut pas être regardée comme illégale au seul motif qu’elle est énoncée de façon précise ou prescriptive....
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






