En bref
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir des objectifs en matière de biogaz
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
[Soirée débat] 9 décembre 2025 – « Désinformation climatique : le rôle du droit face au brouillage du réel »
Eolien : précisions sur le régime de l’offre de concours (CAA Nancy)
Deux arrêts très récents rendus par la Cour administrative d’appel de Nancy, apportent des précisions intéressantes sur un sujet important pour les développeurs d’installations de production d’énergie renouvelable en général, d’énergie éolienne en particulier : l’exécution d’une convention d’offre de concours (cf. CAA Nancy, 19 janvier 2017, sté V., n° 15NC02551 et CAA Nancy, 19 janvier 2017, sté C. n° 15NC02575).
Ces deux arrêts ont été rendus sur renvoi du Conseil d’Etat et à l’issue d’un long contentieux.
Dans ces affaires, deux sociétés exploitant un parc éolien avaient contracté avec la commune d’implantation deux conventions d’offres de concours strictement identiques, dont la légalité n’a pas été remise en cause par les juridictions administratives saisies de ces litiges et par lesquelles les sociétés se sont engagées, sous certaines conditions, à contribuer au financement de divers travaux communaux.
Plus précisément, dans les deux cas, les sociétés s’engageaient à « financer exclusivement des travaux de mise en sécurité de la rue des écoles, la rénovation de la toiture de la chapelle S. et la construction d’une maison médicale sur le territoire de la commune » jusqu’à concurrence d’un montant maximal de 150 000 euros. Ce financement était cependant soumis à des conditions strictes, puisque la somme devait être sollicitée dans un délai de six mois à compter de la mise en service du parc éolien et sur présentation des factures relatives à ces travaux.
La commune a, sur le fondement de ces contrats, émis deux titres exécutoires d’un montant de 150 000 euros à l’encontre de chacune des sociétés.
En premier lieu, la Cour administrative d’appel de Nancy rappelle que la contestation des titres exécutoires émis pour le recouvrement des sommes dues en exécution de ces contrats, relatifs au financement de travaux publics, relève de la compétence du juge administratif.
En deuxième lieu, le non-respect des conditions stipulées par les contrats a conduit les juridictions administratives à annuler les titres exécutoires émis par la commune.
Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait tout d’abord annulé les titres exécutoires litigieux au motif que la commune n’avait pas présenté, dans le délai de validité de l’offre de concours prévu par la convention, une demande de paiement régulière au regard de ses stipulations. Ce fondement n’a finalement pas été retenu par le Conseil d’Etat.
C’est cependant le fait que la commune ait présenté un titre exécutoire d’un montant identique et étayé par les mêmes factures pour les deux sociétés qui a finalement conduit la Cour administrative d’appel de Nancy, par les arrêts du 19 janvier 2017, à annuler ces titres exécutoires. En effet, la Cour relève que les conventions ne donnent pas droit à un double remboursement des mêmes sommes. La commune était tenue de déterminer le rattachement de chacune de ces factures aux obligations contractuelles souscrites par l’une ou l’autre des deux sociétés.
Ces arrêts ont le mérite de rappeler tout l’intérêt des offres de concours dans le cadre du développement d’un projet, notamment, de parc éolien. Loin d’être un outil désuet, l’offre de concours permet de proposer une compensation à l’implantation du parc éolien et ainsi de favoriser l’acceptation locale des projets.
Margaux Caréna
Avocate – cabinet Gossement avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Référé-liberté : l’euthanasie d’un animal porte atteinte au droit de propriété et au droit à la vie privée de son propriétaire ou détenteur « compte tenu du lien affectif particulier établi avec lui » (Conseil d’Etat, ord, 19 février 2026, Société Protectrice des Animaux du Roannais, n°511614)
Par une ordonnance n°511614 du 19 février 2026, le juge du référé-liberté du Conseil d'Etat a jugé que le fait pour une autorité publique d'ordonner l'euthanasie d'un animal constitue pour son propriétaire ou son détenteur, par nature et quels que soient les motifs...
Déchets du bâtiment : les députés refusent de discuter en urgence du projet de refondation de la filière de gestion de ces déchets, défendu par le Gouvernement (REP PMCB)
Une opération étonnante vient d'échouer à l'Assemblée nationale ce mardi 24 février 2026. Le Gouvernement a en effet tenté, en vain, de faire voter en urgence par les députés réunis en commission du développement durable, son projet de réforme ("refondation") des...
Déchets du bâtiment : le Gouvernement annonce une réforme de la filière REP PMCB mais pas encore de calendrier
Le ministre délégué de la Transition écologique a publié ce 19 février 2026, un communiqué de presse pour préciser quel sont les grands choix réalisés par le Gouvernement pour procéder à la refondation de la filière à responsabilité élargie du producteur pour les...
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir en matière d’énergie solaire (thermique et photovoltaïque)
Le décret du 12 février 2026 relatif à la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) a été publié. Il présente notamment la planification de l’énergie solaire, thermique et photovoltaïque. Présentation. La nouvelle feuille de route pour l’énergie...
Elevages : le Gouvernement et le sénateur Laurent Duplomb défendent la création d’un cadre juridique spécifique et dérogatoire pour les installations d’élevages d’animaux (projet de loi DDADDUE)
Le mercredi 18 février 2026, le Sénat a adopté en première lecture, le projet de loi portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, d’information, de transport, de santé,...
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026
L'Université Paris I Panthéon-Sorbonne (SERDEAUT Centre de recherches), centre de recherches de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne dirigé par le professeur Norbert Foulquier, organise un cycle de conférences mensuelles : "Les matinales du droit de l'environnement"....
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






![📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026](https://www.gossement-avocats.com/wp-content/uploads/2026/02/affiche-matinale-du-serdeaut-12-mars-2026-dep-400x250.jpg)