En bref
Solaire : le juge administratif précise son contrôle de la prévention des atteintes aux espèces protégées pour un projet de centrale solaire sur un site pollué (CAA Marseille, 19 mars 2026, n°24MA01751 – Jurisprudence cabinet)
Qu’est-ce qu’un « avocat en droit de l’environnement » ? Nos réponses sur l’accès, l’exercice et l’évolution du métier
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir des objectifs en matière de biogaz
Loi ASAP : consultation publique sur le projet de décret relatif aux sols pollués et à la cessation d’activité des installations classées pour la protection de l’environnement
Le Ministère de la Transition écologique et solidaire vient d’ouvrir une procédure en ligne de consultation du public s’agissant du « Projet de décret modifiant des dispositions relatives aux sols pollués et à la cessation d’activité des installations classées pour la protection de l’environnement ». Présentation.
I. Le contexte
Ce projet de décret, soumis à consultation du 10 février au 2 mars 2021, est pris en application de l’article 57 de la loi n°2020-1525 du 7 décembre 2020 d’accélération et de simplification de l’action publique (dite « loi ASAP »).
Pour rappel, l’article 57 de la loi ASAP a modifié les dispositions du code de l’environnement relatives à la cessation d’activité des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Cet article a notamment instauré l’obligation pour l’exploitant d’une ICPE de faire attester « par une entreprise certifiée dans le domaine des sites et sols pollués ou disposant de compétences équivalentes en matière de prestations de services dans ce domaine, de la mise en œuvre des mesures relatives à la mise en sécurité ainsi que de l’adéquation des mesures proposées pour la réhabilitation du site, puis de la mise en œuvre de ces dernières ».
II. Le projet de décret
En premier lieu, l’article 1 du projet de décret propose de modifier l’article R. 125-43 du code de l’environnement relatif aux secteurs d’information sur les sols (SIS) pour exclure des SIS :
– Les terrains d’emprise des ICPE en exploitation, y compris en cours de cessation d’activité, sauf lorsque l’exploitant de l’ICPE a disparu ou est insolvable.
– Les terrains d’emprise sur lesquels sont exercées des activités nucléaires.
– Les mines en exploitation, y compris en cours d’arrêt de travaux.
En deuxième lieu, l’article 2 du projet de décret propose d’insérer un nouvel article R. 512-39 au code de l’environnement qui permettrait notamment d’ouvrir la possibilité pour le préfet, sur la base de justifications apportées par l’exploitant, d’autoriser le report de la réhabilitation du site jusqu’à la libération effective des terrains.
En troisième lieu, l’article 3 du projet de décret prévoit de modifier l’article R. 512-39-1 du code de l’environnement pour y inclure l’obligation pour l’exploiter de faire attester, par une entreprise certifiée ou disposant de compétences équivalentes en matière de prestations de services dans ce domaine, de la mise en œuvre des mesures pour assurer la mise en sécurité du site. Cette attestation devra ensuite être transmise à l’inspection des installations classées.
En quatrième lieu, l’article 4 du projet de décret prévoit de modifier l’article R. 5-39-2 du code de l’environnement qui définit les modalités de détermination de l’usage futur des installations soumises à autorisation. Il est notamment proposé d’introduire la possibilité pour le préfet de modifier l’usage au cours des travaux de réhabilitation si l’exploitant est en mesure de démontrer l’impossibilité technique de remplir les exigences fixées préalablement.
En cinquième lieu, l’article 5 du projet de décret propose de modifier l’article R. 512-39-3 du code de l’environnement relatif à la réhabilitation du site pour les installations soumises autorisation. Il est notamment proposé de :
- Fixer un délai de 6 mois après l’arrêt définitif des installations pour transmettre le mémoire de réhabilitation.
- Préciser le contenu du mémoire de réhabilitation.
- Préciser que le mémoire de réhabilitation est accompagné d’une attestation de l’adéquation des mesures proposées pour la réhabilitation du site.
- Introduire un silence vaut accord de quatre mois du préfet sur les travaux et les mesures de surveillance des milieux proposés dans le mémoire de réhabilitation.
- Préciser que l’exploitant fait attester de la conformité des travaux prévus et/ou prescrits par une entreprise certifiée ou disposant de compétences équivalentes en matière de prestations de services dans ce domaine.
- Préciser que le préfet arrête, si nécessaire, les mesures de surveillance, de conservation de la mémoire ou de restriction d’usage.
- Introduire un silence vaut accord de deux mois du préfet pour considérer la cessation d’activité comme achevée.
En dernier lieu, les articles 6 à 17 apportent les précisions suivantes, ainsi résumées :
- les articles 6, 7, 8 et 9 du projet de décret proposent les mêmes modifications en ce qui concerne la mise à l’arrêt définitif d’une installation classée soumise au régime de l’enregistrement.
- l’article 10 du projet de décret propose de modifier l’article R. 512-66-1 du code de l’environnement pour y préciser que l’attestation relative à la mise en sécurité du site, pour les installations soumises à déclaration, doit être réalisée par une entreprise certifiée ou disposant de compétences équivalentes en matière de prestations de services dans ce domaine, et transmise à l’inspection des installations classées, ainsi qu’au maire et au propriétaire du terrain.
- l’article 11 du projet de décret prévoit d’insérer un nouvel article R. 512-66-3 au code de l’environnement pour y lister les rubriques de la nomenclature des ICPE soumises à déclaration pour lesquelles cette attestation de mise en sécurité serait requise.
- l’article 13 du projet de décret propose d’ajouter les articles R. 512-75-1 et R. 512-75-2 au code de l’environnement dont les dispositions viendraient notamment définir les notions de cessation d’activité, de mise à l’arrêt définitif, de mise en sécurité du site et de réhabilitation ou remise en état.
- l’article 15 du projet de décret propose de modifier l’article R. 512-76 du code de l’environnement en vue d’y préciser que le silence gardé par le préfet pendant plus de deux mois après réception de la demande de substitution au tiers demandeur vaut rejet de cette demande.
- l’article 16 du projet de décret propose de modifier l’article R. 556-2 du code de l’environnement pour clarifier le contenu de l’étude de sols prévue à l’article L. 556-2.
- l’article 17 du projet de décret indique que les articles relatifs à la cessation d’activité entrent en vigueur le 1er juin 2022, et les cessations déclarées avant le 1er juin 2022 continuent d’être régies par les dispositions antérieures.
En résumé, l’exploitant d’une installation soumise à autorisation ou enregistrement mise à l’arrêt devra, pour les cessations déclarées à partir du 1er juin 2022, faire attester de la mise en sécurité puis de l’adéquation et de la mise en œuvre de la remise en état par une entreprise certifiée ou disposant de compétences équivalentes en matière de prestations de services dans ce domaine. Dans le cas de certaines installations soumises à déclaration, ces nouvelles obligations se limitent à la mise en sécurité.
Laura Picavez
Avocate – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Loi de simplification de la vie économique : le Parlement complexifie encore la mise en oeuvre de l’objectif « Zéro artificialisation nette des sols » (ZAN)
Le 14 avril 2026, l'Assemblée nationale a adopté, en dernière lecture, le projet de loi de simplification de la vie économique. Le texte, dans son état actuel de rédaction peut être consulté ici. Le vote en dernière lecture au Sénat est prévu ce 15 avril 2026. Le...
Plastique : vers une remise en cause de l’interdiction des contenants en plastique dans les cantines et les services pédiatriques ? (Conseil d’État, 8 avril 2026, n°502935)
Par une décision n°502935 du 8 avril 2026, le Conseil d’État a annulé les dispositions par lesquelles le décret n°2025-80 du 28 janvier 2025 a précisé les modalités d’application de l’interdiction d’utiliser des contenants alimentaires en plastique en particulier dans les services de restauration scolaire et en milieu hospitalier.
Réduction de la durée des recours contre les projets industriels : Arnaud Gossement interrogé par l’AFP
Ce 14 avril 2026, le Gouvernement a annoncé une nouvelle réforme des règles d'instruction des recours devant les juridictions administratives, lorsque ceux-ci sont dirigés contre des projets industriels. Le Gouvernement espère ainsi réduire "d'au moins un an" les...
[Webinaire] 17 avril 2026 : décryptage de l’appel d’offres pour les projets photovoltaïques sur toitures et ombrières (formation Tecsol – Gossement Avocats)
Dans le cadre de son activité d’organisme de formation certifiée Qualiopi, Tecsol, bureau d’ingénierie solaire, organise une formation le 17 avril 2026, pour décrypter le cahier des charges de l'appel d'offres pour les projets photovoltaïques sur toitures et ombrières...
Urbanisme : projet de décret sur la durée de validité des autorisations d’urbanisme des ouvrages de production d’énergie renouvelable – Consultation du public
Un projet de décret est actuellement soumis à la consultation du public, du 11 avril 2026 au 5 mai 2026. Le projet de décret a pour objet la clarification et la mise en cohérence et la simplification des procédures d’autorisation d’urbanisme, pour tenir compte de...
ICPE : le silence gardé par le préfet pendant plus de quatre mois sur le « porté à connaissance » comportant un projet de modifications vaut décision implicite de rejet (Conseil d’Etat, 8 avril 2026, n°495603)
Par une décision n°495603 du 8 avril 2026, le Conseil d'Etat a apporté une précision essentielle pour tous les exploitants d'installations classées (ICPE) - et notamment de parcs éoliens - qui sont amenés à adresser un "porté à connaissance'" à l'administration pour...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.




![[Webinaire] 17 avril 2026 : décryptage de l’appel d’offres pour les projets photovoltaïques sur toitures et ombrières (formation Tecsol – Gossement Avocats)](https://www.gossement-avocats.com/wp-content/uploads/2024/07/solaire-parking-adobe-moyenne.jpg)

