En bref
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinets d’avocats
Véhicule hors d’usage : le traitement par les centres VHU des véhicules relevant d’un système individuel en l’absence de contrat de gestion est légal (Conseil d’Etat, 30 juillet 2026, n°502483)
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
Pollution de l’air : l’Etat n’est pas responsable malgré l’insuffisance du plan de protection (TA Lyon)
Par un jugement du 26 septembre 2019, le Tribunal de Lyon – dans la lignée du jugement du Tribunal administratif de Montreuil rendu le 25 juin dernier – a admis une faute de l’Etat en raison de l’insuffisance des mesures prises pour réduire le dépassement des valeurs limites de particules fines PM10 et de dioxyde d’azote mais a rejeté la requête pour défaut de lien de causalité.
En l’espèce, les requérants considéraient que les bronchites de leur fils étaient imputables à la pollution atmosphérique dans l’agglomération lyonnaise. Estimant que l’Etat et la métropole n’avaient pas mis en place de dispositif efficace pour enrayer le phénomène de pollution atmosphérique, ils ont saisi le Tribunal administratif de Lyon aux fins d’obtenir réparation.
Les conclusions aux fins de condamnation de la métropole de Lyon et de la ville de Lyon ayant été écartées pour des raisons procédurales, le Tribunal n’a eu à se prononcer que sur la responsabilité de l’Etat.
Sur la responsabilité de l’Etat
En premier lieu, les articles 13 et 23 de la directive du 21 mai 2008 transposés en droit interne (art. L. 220-1, L. 221-1, L. 221-3, L. 222-4, L. 222-5 du code de l’environnement) imposent aux Etats membres d’établir des plans relatifs à la qualité de l’air pour veiller à ne pas dépasser des valeurs limites de concentration de gaz polluants. Nous notons que contrairement au Tribunal administratif de Montreuil, celui de Lyon ne se prononce pas sur la portée normative de l’article L. 220-1 du code de l’environnement.
Le Tribunal administratif de Lyon précise que l’élaboration d’un plan relatif à la qualité de l’air ne saurait permettre, à elle seule, de considérer que l’Etat membre à satisfait à ses obligations.
En l’occurrence, il constate qu’un plan de protection de l’atmosphère de l’agglomération lyonnaise a été adopté en 2014 mais que malgré les mesures prises, près de 63 000 personnes résidant dans le voisinage des principaux boulevards lyonnais demeureraient exposées à des concentrations de gaz polluants supérieures aux limites. Aussi, il juge que :
« L’exposition persistante, et difficilement compressible, reconnue par le plan de protection, d’une partie significative de la population à des concentrations en particules fines et dioxyde d’azote supérieures aux valeurs limites mais également la répétition, depuis plusieurs années, et sur des périodes parfois importantes, de dépassements des valeurs limites de ces polluants, montrent que ce plan et les moyens dont il prévoit la mise en œuvre sont insuffisants pour empêcher une méconnaissance de ces valeurs limites sur une durée la plus courte possible. Cette situation caractérise une faute de l’Etat dans l’exécution des obligations résultant pour lui des dispositions précitées du code de l’environnement, telles qu’elles transposent les articles 13 et 23 de la directive du 21 mai 2008.«
Le Tribunal administratif de Lyon retient, pour caractériser la faute de l’Etat, les critères suivants :
– La persistance de l’exposition aux gaz polluants – Ce critère avait également été retenu par le Tribunal administratif de Montreuil pour caractériser la faute de l’Etat.
– Le nombre de personnes concernées,
– La fréquence et la durée des dépassements des valeurs limites des polluants
En deuxième lieu, le Tribunal juge que le dépassement des valeurs limites entre 2012 et 2016 et l’insuffisance du plan de protection de l’atmosphère relevé au cours de cette même période ne caractérisent pas une défaillance notoire des pouvoirs publics dans les actions destinées à protéger ou améliorer la vie des habitants de l’agglomération.
En troisième lieu, les requérants invoquaient également une carence fautive de l’Etat quant à la gestion du pic de pollution de l’air de la fin de l’année 2016. Cela n’a pas été retenu par le Tribunal.
Sur le lien de causalité
Selon le Tribunal administratif de Lyon, le lien de causalité entre la faute de l’Etat et les pathologies dont souffre le fils de la requérante n’est pas démontré. Des précisions sont apportées quant aux moyens de preuve :
1. La pollution atmosphérique doit être la cause prépondérante ou le facteur particulièrement aggravant de la maladie ;
2. La production d’un certificat médical, même établi deux mois après les périodes de pics de pollution, n’est pas suffisante.
Le Tribunal administratif de Montreuil reprochait quant à lui aux requérants de ne pas avoir apporté d’éléments sur la durée de leur résidence en Ile en France, sur leurs lieux de résidence successifs et sur la date d’apparition de la pathologie ainsi que son évolution dans le temps.
Emilie Bertaina
Avocate – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
IA : l’usage abusif de l’intelligence artificielle peut mener à une amende pour recours abusif (nouvel état de la jurisprudence)
Les décisions par lesquelles le juge administratif fait part de son agacement grandissant à l’endroit des requêtes mal rédigées à l’aide d’outils d’intelligence artificielle se multiplient. Il est désormais certain que rédiger une requête devant le juge administratif...
Stockage d’électricité (BESS) : nouvelle suspension en référé d’un refus de permis de construire fondé sur l’incompatibilité du projet avec une activité agricole (TA Orléans, ord., 23 octobre 2026, n°2606368)
Par une ordonnance n°2606368 du 23 octobre 2026, le juge des référés du tribunal administratif d'Orléans a suspendu l'exécution de l'arrêté par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de délivrer un permis de construire pour l'installation d'un parc de batteries de...
Référé pénal environnemental : le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire d’Annecy ordonne, sous astreinte, la mise en conformité du chantier de l’autoroute A412 mais refuse la suspension des travaux (TJ Annecy, JLD, ordonnance du 27 octobre 2026)
Par une ordonnance rendue le 27 octobre 2026, le juge des libertés et de la détention (JLD) du tribunal judiciaire d’Annecy a ordonné à la société A. d’exécuter les mesures nécessaires au respect de quatre prescriptions de l’autorisation environnementale du chantier...
Energies renouvelables : le décret n°2026-997 du 26 octobre 2026 réforme les indemnités de résiliation des contrats de soutien, le traitement des prix négatifs et la participation des installations à la flexibilité du système électrique
Le décret n° 2026-997 du 26 octobre 2026 relatif aux mécanismes de soutien aux énergies renouvelables électriques et portant diverses dispositions relatives à ces énergies a été publié au Journal officiel du 28 octobre 2026. Ce décret en Conseil d'Etat modifie la...
Urbanisme : une orientation d’aménagement et de programmation (OAP) ne peut pas être jugée illégale au seul motif qu’elle est rédigée de manière précise ou prescriptive (Conseil d’Etat, 23 octobre 2026, n°508382)
Par une décision n°508382 du 23 octobre 2026, le Conseil d’Etat a jugé qu’une orientation d’aménagement et de programmation (OAP) d’un plan local d’urbanisme ne peut pas être regardée comme illégale au seul motif qu’elle est énoncée de façon précise ou prescriptive....
Dérogation espèces protégées : le décret n°2026-980 du 23 octobre 2026 précise les modalités de reconnaissance de la raison impérative d’intérêt public majeur d’un projet dès sa déclaration d’utilité publique ou sa déclaration de projet
Le décret n° 2026-980 du 23 octobre 2026 modifiant le code de l'environnement en vue de préciser les modalités de reconnaissance d'une raison impérative d'intérêt public majeur au stade de la déclaration d'utilité publique ou de la déclaration de projet a été publié...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






