En bref
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
📢[webinaire] « L’autorisation environnementale : le point sur le droit applicable », matinale SERDEAUT Paris I le jeudi 21 mai 2026
Pollution de l’air : l’Etat n’est pas responsable malgré l’insuffisance du plan de protection (TA Lyon)
Par un jugement du 26 septembre 2019, le Tribunal de Lyon – dans la lignée du jugement du Tribunal administratif de Montreuil rendu le 25 juin dernier – a admis une faute de l’Etat en raison de l’insuffisance des mesures prises pour réduire le dépassement des valeurs limites de particules fines PM10 et de dioxyde d’azote mais a rejeté la requête pour défaut de lien de causalité.
En l’espèce, les requérants considéraient que les bronchites de leur fils étaient imputables à la pollution atmosphérique dans l’agglomération lyonnaise. Estimant que l’Etat et la métropole n’avaient pas mis en place de dispositif efficace pour enrayer le phénomène de pollution atmosphérique, ils ont saisi le Tribunal administratif de Lyon aux fins d’obtenir réparation.
Les conclusions aux fins de condamnation de la métropole de Lyon et de la ville de Lyon ayant été écartées pour des raisons procédurales, le Tribunal n’a eu à se prononcer que sur la responsabilité de l’Etat.
Sur la responsabilité de l’Etat
En premier lieu, les articles 13 et 23 de la directive du 21 mai 2008 transposés en droit interne (art. L. 220-1, L. 221-1, L. 221-3, L. 222-4, L. 222-5 du code de l’environnement) imposent aux Etats membres d’établir des plans relatifs à la qualité de l’air pour veiller à ne pas dépasser des valeurs limites de concentration de gaz polluants. Nous notons que contrairement au Tribunal administratif de Montreuil, celui de Lyon ne se prononce pas sur la portée normative de l’article L. 220-1 du code de l’environnement.
Le Tribunal administratif de Lyon précise que l’élaboration d’un plan relatif à la qualité de l’air ne saurait permettre, à elle seule, de considérer que l’Etat membre à satisfait à ses obligations.
En l’occurrence, il constate qu’un plan de protection de l’atmosphère de l’agglomération lyonnaise a été adopté en 2014 mais que malgré les mesures prises, près de 63 000 personnes résidant dans le voisinage des principaux boulevards lyonnais demeureraient exposées à des concentrations de gaz polluants supérieures aux limites. Aussi, il juge que :
« L’exposition persistante, et difficilement compressible, reconnue par le plan de protection, d’une partie significative de la population à des concentrations en particules fines et dioxyde d’azote supérieures aux valeurs limites mais également la répétition, depuis plusieurs années, et sur des périodes parfois importantes, de dépassements des valeurs limites de ces polluants, montrent que ce plan et les moyens dont il prévoit la mise en œuvre sont insuffisants pour empêcher une méconnaissance de ces valeurs limites sur une durée la plus courte possible. Cette situation caractérise une faute de l’Etat dans l’exécution des obligations résultant pour lui des dispositions précitées du code de l’environnement, telles qu’elles transposent les articles 13 et 23 de la directive du 21 mai 2008.«
Le Tribunal administratif de Lyon retient, pour caractériser la faute de l’Etat, les critères suivants :
– La persistance de l’exposition aux gaz polluants – Ce critère avait également été retenu par le Tribunal administratif de Montreuil pour caractériser la faute de l’Etat.
– Le nombre de personnes concernées,
– La fréquence et la durée des dépassements des valeurs limites des polluants
En deuxième lieu, le Tribunal juge que le dépassement des valeurs limites entre 2012 et 2016 et l’insuffisance du plan de protection de l’atmosphère relevé au cours de cette même période ne caractérisent pas une défaillance notoire des pouvoirs publics dans les actions destinées à protéger ou améliorer la vie des habitants de l’agglomération.
En troisième lieu, les requérants invoquaient également une carence fautive de l’Etat quant à la gestion du pic de pollution de l’air de la fin de l’année 2016. Cela n’a pas été retenu par le Tribunal.
Sur le lien de causalité
Selon le Tribunal administratif de Lyon, le lien de causalité entre la faute de l’Etat et les pathologies dont souffre le fils de la requérante n’est pas démontré. Des précisions sont apportées quant aux moyens de preuve :
1. La pollution atmosphérique doit être la cause prépondérante ou le facteur particulièrement aggravant de la maladie ;
2. La production d’un certificat médical, même établi deux mois après les périodes de pics de pollution, n’est pas suffisante.
Le Tribunal administratif de Montreuil reprochait quant à lui aux requérants de ne pas avoir apporté d’éléments sur la durée de leur résidence en Ile en France, sur leurs lieux de résidence successifs et sur la date d’apparition de la pathologie ainsi que son évolution dans le temps.
Emilie Bertaina
Avocate – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
« Loi Duplomb » : le Sénat inverse la logique du principe de précaution pour l’autorisation des substances de la famille des néonicotinoïdes
Le 29 juin 2026, le Sénat a adopté, en séance publique, l'article 2 quater du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. Un article qui reprend, pour l'essentiel, le contenu de la proposition de loi (dite « Duplomb 2 ») « visant à...
Certificats d’économies d’énergie : publication du décret n°2026-560 du 26 juin 2026 relatif à la gestion des comptes dans le registre national des certificats d’économies d’énergie
Le Gouvernement a publié au JO du 30 juin 2026, le décret n°2026-560 du 26 juin 2026 relatif à la gestion des comptes dans le registre national des certificats d’économies d’énergie. Ce décret a été pris pour l'application de la loi n°2025-594 du 30 juin 2025 contre...
Stockage d’électricité : suspension de l’exécution du retrait d’un permis de construire dans le cadre d’un référé suspension (TA Lille, ord., 16 juin 2026, n°2605575)
Par une ordonnance du 16 juin 2026, n°2605575, le juge des référés du Tribunal administratif de Lille a suspendu les effets d’une décision de retrait d’un permis de construire, qui avait été délivré de manière tacite, pour la construction d'une centrale de stockage...
Autoconsommation : publication du décret n°2026-561 du 26 juin 2026 relatif aux règles de répartition de l’énergie au sein d’une opération d’autoconsommation collective
Le Gouvernement a publié au journal officiel du 30 juin 2026, le décret n° 2026-561 du 26 juin 2026 relatif aux règles de répartition de l'énergie au sein d'une opération d'autoconsommation collective. Il a pour objet d’encadrer la répartition de l'énergie...
A 69 : les autorisations environnementales des travaux sont désormais définitives (Conseil d’Etat, 29 juin 2026, n°512448 et s.)
Par une décision n°512448 et s. rendue le 29 juin 2026, le Conseil d'Etat a rejeté le pourvoi en cassation dirigé contre l'arrêt rendu le 30 décembre 2025 par lequel la cour administrative d'appel de Toulouse avait annulé le jugement du 27 février 2025 par lequel le...
Greenwashing : condamnation d’un producteur en bouteilles plastiques pour l’utilisation irrégulière des allégations environnementales « neutre en carbone » et « 100% recyclé » (Tribunal judiciaire de Paris, 23 juin 2026, n°RG 21/13092)
Par un jugement n°RG 21/13092 du 23 juin 2026, le tribunal judiciaire de Paris a jugé que l'utilisation - sans explications suffisantes - des allégations environnementales "neutre en carbone" et "certifiée neutre en carbone" ainsi que l'utilisation des allégations...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






