En bref
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir des objectifs en matière de biogaz
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
[Soirée débat] 9 décembre 2025 – « Désinformation climatique : le rôle du droit face au brouillage du réel »
Projet de loi pour une économie circulaire : le Gouvernement souhaite étendre le dispositif « Triman »
Le Gouvernement s’apprête à présenter un projet de loi pour une économie circulaire. Pour mémoire, le logo « Triman » est destiné à informer les consommateurs que certains produits relèvent d’une consigne de tri en raison de leur caractère recyclable.
La première version du projet de loi pour une économie circulaire du 15 janvier 2019 n’apportait pas de précision relative au logo Triman, alors que la 20ème mesure de la Feuille de route pour une Economie Circulaire (FREC) préconisait plusieurs améliorations de ce dispositif.
L’article 3 [Triman] du titre 1er « information du consommateur », de cette nouvelle version du projet de loi pour une économie circulaire, propose d’insérer un nouvel article dans le code de l’environnement afin de préciser le dispositif de pictogramme appelé Triman :
« I. Après l’article L. 541-9-2 [indice de réparabilité] du code de l’environnement créé par la présente loi, il est inséré un article L.541-9-3 [Triman] ainsi rédigé :
» Art. L. 541-9-3 [triman] – Tout produit consommé ou utilisé par les ménages soumis au I de l’article L. 541-10 [Principes généraux REP] fait l’objet d’une signalétique informant le consommateur que ce produit relève d’une consigne de tri.
» Cette signalétique est accompagnée d’une information sur le geste de tri ou d’apport du déchet issu du produit. Ces informations figurent sur le produit, son emballage ou, à défaut, dans les autres documents fournis avec le produit, sans préjudice des symboles apposés en application d’autres dispositions.
» Les conditions d’application du présent article sont précisées par décret en Conseil d’Etat.
II.- Le deuxième alinéa de l’article L. 541-10-5 [emballage et plastique] du code de l’environnement est supprimé « .
Concrètement, cet article apporte des nouveautés importantes :
– Il introduit dans la partie législative du code de l’environnement le dispositif Triman ;
– Il étend le champ d’application du dispositif Triman à tous les produits consommés ou utilisés par les ménages soumis aux principes généraux de la responsabilité élargie des producteur, y compris les emballages ménagers en verre ;
– Il précise que le logo Triman doit être accompagné d’une information sur la nature du geste de tri ou d’apport du déchet issu du produit.
En premier lieu, l’article 3 du projet de loi pour une économie circulaire prévoit d’introduire l’article L. 541-9-3 dans le code de l’environnement, faisant entrer le dispositif Triman dans la partie législative du code. Cet article serait rédigé ainsi :
« Art. L. 541-9-3 [triman] – Tout produit consommé ou utilisé par les ménages soumis au I de l’article L. 541-10 [Principes généraux REP] fait l’objet d’une signalétique informant le consommateur que ce produit relève d’une consigne de tri.
» Cette signalétique est accompagnée d’une information sur le geste de tri ou d’apport du déchet issu du produit. Ces informations figurent sur le produit, son emballage ou, à défaut, dans les autres documents fournis avec le produit, sans préjudice des symboles apposés en application d’autres dispositions.
» Les conditions d’application du présent article sont précisées par décret en Conseil d’Etat. »
Actuellement, seules les dispositions réglementaires prévues par les articles R. 541-12-17 et R. 541-12-18 du code de l’environnement prévoient la signalétique Triman sur les produits recyclables relevant d’une consigne de tri.
En deuxième lieu, l’article 3 du projet de loi pour une économie circulaire généralise le logo Triman à tous les produits recyclables à destination des ménages.
Ainsi, le futur article L. 541-9-3 du code de l’environnement devrait préciser que sont concernés par le logo « Triman » tous les produits consommés ou utilisés par les ménages soumis à un dispositif de responsabilité élargie du producteur :
« Tout produit consommé ou utilisé par les ménages soumis au I de l’article L. 541-10 [Principes généraux REP] fait l’objet d’une signalétique informant le consommateur que ce produit relève d’une consigne de tri. »
En outre, l’article 3 du projet de loi pour une économie circulaire supprime le deuxième alinéa de l’article L. 541-10-5 du code de l’environnement, aux termes duquel les emballages ménagers en verre sont exclus de la signalétique Triman :
« A l’exclusion des emballages ménagers en verre, tout produit recyclable soumis à un dispositif de responsabilité élargie des producteurs mis sur le marché à compter du 1er janvier 2015 fait l’objet d’une signalétique commune informant le consommateur que ce produit relève d’une consigne de tri. Un décret en Conseil d’Etat précise les conditions d’application du présent alinéa. «
Ces nouvelles dispositions étendent le champ d’application du dispositif Triman qui concernera désormais, tout produit consommé ou utilisé par les ménages soumis aux principes généraux de la responsabilité élargie des producteurs, y compris les emballages ménagers en verre.
En troisième lieu, le futur article L. 541-9-3 du code de l’environnement va plus loin que l’article R. 541-12-17 du même code et précise que le loge Triman doit être accompagné d’une information sur la nature du geste de tri ou d’apport du déchet issu du produit :
« Cette signalétique est accompagnée d’une information sur le geste de tri ou d’apport du déchet issu du produit. Ces informations figurent sur le produit, son emballage ou, à défaut, dans les autres documents fournis avec le produit, sans préjudice des symboles apposés en application d’autres dispositions. «
Cet ajout reprend la 20ème mesure de la Feuille de route de l’Economie Circulaire (FREC), qui préconisait d’accompagner le logo Triman d’une information sur la nature du geste de tri ou d’apport des différents éléments constituant l’emballage et du produit :
« 20) AMÉLIORER LE DISPOSITIF DE PICTOGRAMME APPELÉ « TRIMAN » en simplifiant sa définition, ce pictogramme devant signifier qu’il y a un geste de tri ou d’apport de l’emballage ou du produit usagé à effectuer. Dans ce cadre, rendre obligatoire à compter de 2021 l’apposition réglementaire du Triman sur les emballages et les produits destinés aux ménages relevant des filières à responsabilité élargie des producteurs (REP). Cette simplification s’accompagnera des mesures complémentaires suivantes : Accompagner le Triman d’une information sur la nature du geste de tri ou d’apport des différents éléments constituant l’emballage et du produit«
De sorte que, désormais, le metteur sur le marché soumis au dispositif Triman devra apposer les informations sur le geste de tri sur le produit, son emballage, ou à défaut, dans les autres documents fournis avec le produit.
En quatrième lieu, une précision sur ce que recouvre le terme « informations » du second alinéa de l’article L. 541-9-3 du code de l’environnement serait la bienvenue.
En effet, à la lecture de la version actuelle du projet de loi, une hésitation est permise sur le sens exact de ce terme. Deux lectures du nouvel article L. 541-9-3 du code de l’environnement sont possibles. La première supprimerait la possibilité d’apposer le logo Triman sur un support dématérialisé, la deuxième non.
Lucie Antonetti
Avocate – Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Principe de non-régression : le Gouvernement ne peut pas réduire le niveau de protection des zones humides qui ont « un rôle essentiel en matière environnementale » (Conseil d’Etat, 2 mars 2026, France Nature Environnement et autres, n°497009)
Voici une décision d'une grande importance par laquelle, le Conseil d'Etat a sanctionné - ce qui est encore assez rare - une nouvelle violation du principe de non-régression par le Gouvernement. Faciliter par arrêté la construction de bassines dans des zones humides...
Dérogation espèces protégées : le Conseil d’Etat précise la méthode d’appréciation du « risque suffisamment caractérisé » d’atteinte à l’état de conservation des espèces protégées (Conseil d’Etat, 23 février 2026, n°494510)
Cette décision n°494510 du 23 février 2026 du Conseil d'Etat est d'une particulière importance pour les rédacteurs des études d'impact qui serviront, notamment, à apprécier l'obligation de dépôt d'une demande de dérogation espèces protégées. Le Conseil d'Etat a ici...
Référé-liberté : l’euthanasie d’un animal porte atteinte au droit de propriété et au droit à la vie privée de son propriétaire ou détenteur « compte tenu du lien affectif particulier établi avec lui » (Conseil d’Etat, ord, 19 février 2026, Société Protectrice des Animaux du Roannais, n°511614)
Par une ordonnance n°511614 du 19 février 2026, le juge du référé-liberté du Conseil d'Etat a jugé que le fait pour une autorité publique d'ordonner l'euthanasie d'un animal constitue pour son propriétaire ou son détenteur, par nature et quels que soient les motifs...
Déchets du bâtiment : les députés refusent de discuter en urgence du projet de refondation de la filière de gestion de ces déchets, défendu par le Gouvernement (REP PMCB)
Une opération étonnante vient d'échouer à l'Assemblée nationale ce mardi 24 février 2026. Le Gouvernement a en effet tenté, en vain, de faire voter en urgence par les députés réunis en commission du développement durable, son projet de réforme ("refondation") des...
Déchets du bâtiment : le Gouvernement annonce une réforme de la filière REP PMCB mais pas encore de calendrier
Le ministre délégué de la Transition écologique a publié ce 19 février 2026, un communiqué de presse pour préciser quel sont les grands choix réalisés par le Gouvernement pour procéder à la refondation de la filière à responsabilité élargie du producteur pour les...
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir en matière d’énergie solaire (thermique et photovoltaïque)
Le décret du 12 février 2026 relatif à la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) a été publié. Il présente notamment la planification de l’énergie solaire, thermique et photovoltaïque. Présentation. La nouvelle feuille de route pour l’énergie...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






