Projet de loi pour une économie circulaire : le Gouvernement veut renforcer la lutte contre la publicité incitant à la production de déchets

Juin 11, 2019 | Droit de l'Environnement

Le projet de loi relatif à l’économie circulaire souhaite renforcer la lutte contre la publicité incitant à la mise au rebut prématurée des produits.

L’article 5 du projet de loi pour une économie circulaire propose d’insérer un nouvel article L. 541-15-7 dans le code de l’environnement afin de renforcer la lutte contre la publicité incitant à la mise au rebut de produit :

 » I. Le titre de la sous-section 1 bis de la section 3 du chapitre Ier du Titre IV du Livre V de la partie législative du code de l’environnement, est ainsi renommé

 » Sous-section 1 bis : Lutte contre le gaspillage  » ;

II. Après l’article L. 541-15-6 [Gaspillage alimentaire – Don] du code de l’environnement, il est inséré un article L. 541-15-7 [Publicité] ainsi rédigé :

 » Arti. L. 541-15-7 [Publicité] – Toute publicité ou action de communication commerciale visant à promouvoir la mise au rebut de produits doit contenir une information incitant à la réutilisation ou au recyclage.

« Est interdite toute publicité ou action de communication commerciale incitant à dégrader des produits en état normal de fonctionnement et à empêcher leur réemploi ou réutilisation. « 

L’insertion d’un nouvel article L. 541-15-7 dans le code de l’environnement reprend la 16ème mesure de la Feuille de route pour une économie circulaire (FREC) et vise :

– A inciter à la réutilisation ou au recyclage dans les publicités promouvant la mise au rebut ;

– A interdire des publicités incitant à dégrader des produits en état normal de fonctionnement.

En premier lieu, l’article 5 du projet de loi pour une économie circulaire prévoit d’introduire l’article L. 541-15-7 dans le code de l’environnement. Cet article serait ainsi rédigé :

 » Article L. 541-15-7 [Publicité] – Toute publicité ou action de communication commerciale visant à promouvoir la mise au rebut de produits doit contenir une information incitant à la réutilisation ou au recyclage.

 » Est interdite toute publicité ou action de communication commerciale incitant à dégrader des produits en état normal de fonctionnement et à empêcher leur réemploi ou réutilisation. « 

Désormais, toute publicité ou action de communication commerciale qui vise à promouvoir la mise en rebut d’un produit devra contenir une information encourageant la réutilisation ou le recyclage de ce produit.

En deuxième lieu, le futur article L. 541-15-7 du code de l’environnement interdit toute publicité ou action de communication commerciale qui inciterait à dégrader des produits en état normal de fonctionnement et qui empêcherait leur réemploi ou réutilisation.

Actuellement, aucune disposition du code de l’environnement ne prévoit une telle interdiction.

En troisième lieu, il convient de préciser que la première version du projet de loi pour une économie circulaire du 15 janvier 2019 prévoyait une contravention de 5ème classe en cas de non-respect des dispositions précitées ainsi que la publicité de la décision prononcée en cas de récidive.

Or, l’article 5 du projet de loi pour une économie circulaire ne reprend pas ces dispositions. En effet, on peut s’interroger sur la mise en place effective de ces sanctions dans la mesure où il paraît difficile de contrôler le respect des dispositions précitées.

Ainsi, les producteurs ou fabriquant seront toujours autorisés à faire la promotion de leurs produits. Toutefois, ils devront informer les utilisateurs afin de les inciter à la réutilisation ou au recyclage et ne devront pas inciter à la dégradation des produits en état normal de fonctionnement, ni empêcher leur réemploi ou réutilisation. 

Lucie Antonetti
Avocate
Gossement Avocats

Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :

Découvrez le cabinet Gossement Avocats

Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.

À lire également

Principe de non-régression : le Gouvernement ne peut pas réduire le niveau de protection des zones humides qui ont « un rôle essentiel en matière environnementale » (Conseil d’Etat, 2 mars 2026, France Nature Environnement et autres, n°497009)

Principe de non-régression : le Gouvernement ne peut pas réduire le niveau de protection des zones humides qui ont « un rôle essentiel en matière environnementale » (Conseil d’Etat, 2 mars 2026, France Nature Environnement et autres, n°497009)

Voici une décision d'une grande importance par laquelle, le Conseil d'Etat a sanctionné - ce qui est encore assez rare - une nouvelle violation du principe de non-régression par le Gouvernement. Faciliter par arrêté la construction de bassines dans des zones humides...

Dérogation espèces protégées : le Conseil d’Etat précise la méthode d’appréciation du « risque suffisamment caractérisé » d’atteinte à l’état de conservation des espèces protégées (Conseil d’Etat, 23 février 2026, n°494510)

Dérogation espèces protégées : le Conseil d’Etat précise la méthode d’appréciation du « risque suffisamment caractérisé » d’atteinte à l’état de conservation des espèces protégées (Conseil d’Etat, 23 février 2026, n°494510)

Cette décision n°494510 du 23 février 2026 du Conseil d'Etat est d'une particulière importance pour les rédacteurs des études d'impact qui serviront, notamment, à apprécier l'obligation de dépôt d'une demande de dérogation espèces protégées. Le Conseil d'Etat a ici...

Référé-liberté : l’euthanasie d’un animal porte atteinte au droit de propriété et au droit à la vie privée de son propriétaire ou détenteur « compte tenu du lien affectif particulier établi avec lui » (Conseil d’Etat, ord, 19 février 2026, Société Protectrice des Animaux du Roannais, n°511614)

Référé-liberté : l’euthanasie d’un animal porte atteinte au droit de propriété et au droit à la vie privée de son propriétaire ou détenteur « compte tenu du lien affectif particulier établi avec lui » (Conseil d’Etat, ord, 19 février 2026, Société Protectrice des Animaux du Roannais, n°511614)

Par une ordonnance n°511614 du 19 février 2026, le juge du référé-liberté du Conseil d'Etat a jugé que le fait pour une autorité publique d'ordonner l'euthanasie d'un animal constitue pour son propriétaire ou son détenteur, par nature et quels que soient les motifs...

Découvrez le cabinet Gossement Avocats

Notre Cabinet

Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.

Nos Compétences

Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.

Contact

Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.