En bref
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir des objectifs en matière de biogaz
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
Responsabilité élargie du producteur : l’urgence sanitaire a-t-elle une incidence sur le versement de l’éco-contribution ?
En application du principe de la responsabilité élargie du producteur, les producteurs sont tenus de verser une contribution financière à l’éco-organisme auquel ils adhèrent. La période d’urgence sanitaire actuelle modifie-t-elle cette obligation ?
A titre liminaire, il importe de rappeler que l’éco-contribution, soit la contribution financière versée par un producteur à un éco-organisme, n’est pas un prélèvement obligatoire de nature fiscale mais une partie du prix d’un produit.
Par arrêt n°408425 du 28 décembre 2017, le Conseil d’Etat a en effet rappelé que l’éco-contribution destinée à financer la prévention et la gestion des déchets par application du principe de la responsabilité élargie du producteur, n’est pas un prélèvement obligatoire de nature fiscale . La décision précise : « la contribution financière versée à l’organisme agréé constitue la contrepartie directe du service qui lui est rendu par celui-ci, consistant à pourvoir, pour son compte, au traitement des déchets issus des bateaux de plaisance ou de sport qu’il a mis sur le marché national, et ne saurait être regardée, contrairement à ce que soutient la requérante, comme un versement assimilable à une imposition ou à une taxe instituée par l’autorité publique
Le principe : le paiement de la contribution financière doit intervenir à l’échéance prévue au contrat d’adhésion du producteur à un éco-orrganisme
Le droit en vigueur, incluant les récentes ordonnances prises en application de la loi n°2020-290 du 23 mars 2020 d’urgence pour faire face à l’épidémie de covid-19, ne prévoit pas expressément que l’échéance de paiement de la contribution financière due par un producteur à un éco-organisme, peut être prorogée ou suspendue, en conséquence de la crise sanitaire.
Sur ce dernier point, le rapport remis au président de la République sur l’ordonnance n°2020-306 du 25 mars 2020 souligne, au contraire, que « Le paiement des obligations contractuelles doit toujours avoir lieu à la date prévue par le contrat ».
Les contrats d’adhésion des producteurs aux éco-organismes précisent le plus souvent les modalités de calcul et de paiement de la contribution financière. Dans le cas où le contrat prévoit un paiement trimestriel de la contribution financière, l’échéance peut ainsi intervenir au cours de la période déclarée de l’état d’urgence sanitaire, comprise, sauf prorogation éventuelle, entre le 24 mars et le 24 mai 2020.
Pour savoir si le délai de paiement de la contribution financière figure parmi les délais susceptibles d’être prorogés ou suspendus, il est nécessaire de se reporter aux stipulations du contrat d’adhésion pour déterminer si l’échéance de paiement de la contribution financière peut, dans certaines circonstances, être reportée ou suspendue. Si tel n’est pas le cas, le paiement devrait en principe intervenir dans le délai prévu par le contrat.
Le risque d’un aménagement des délais versement de la contribution financière
Le risque pour le producteur. Sans versement, même temporaire, de la contribution financière, l’effectivité du transfert à l’éco-organisme de l’obligation du producteur de contribuer à la gestion des déchets peut être compromise, dès l’instant où il n’y aurait plus de contrepartie à l’obligation pesant sur l’éco-organisme d’assurer la gestion des déchets.
Le risque pour l’éco-organisme. En cas de report du paiement de la contribution financière, l’éco-organisme peut – notamment – être tenu, par souci de non discrimination, de le proposer à l’ensemble de ses adhérents (cf. article L. 541-10, III du code de l’environnement).
Les producteurs adhérents peuvent-ils se prévaloir d’un cas de force majeure ?
Sur ce point, nous vous invitons à lire l’analyse que nous avons consacrée à l’invocation de la force majeure en matière contractuelle. A noter que les récentes ordonnances publiées en application de la loi du 23 mars 2020 pour faire face à l’épidémie de covid-19, n’ont pas systématisé la possibilité de se prévaloir d’un cas de force majeure dans les contrats de droit privé (cf. en particulier, l’ordonnance n° 2020-315 du 25 mars 2020 qui prévoit des conditions financières de résolution de certains contrats de voyages touristiques et de séjours).
Pour retenir ou non la force majeure, il convient tout d’abord de procéder à un examen circonstancié des stipulations propres à chaque contrat. A défaut, l’invocation d’un cas de force majeure en matière de contrat de droit privé est étroitement encadrée par la loi (cf. article 1218 du code civil) ainsi que par la jurisprudence. L’examen de la jurisprudence montre que les tribunaux ne retiennent pas systématiquement les épidémies comme constituant un cas de force majeure. Le débiteur de l’obligation devra également démontrer que c’est bien l’épidémie de covid-19 qui l’a empêché d’exécuter son obligation.
Emma Babin
Avocate- Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Solaire : réunion de la commission juridique du syndicat Enerplan, le 18 mars 2026
La commission juridique d’Enerplan, le syndicat des professionnels du solaire, se réunira le 18 mars 2026. La commission juridique sera animée par Me Florian Ferjoux (cabinet Gossement Avocats) et Mathilde Regoli (Enerplan). Parmi les sujets abordés, figureront la...
Solaire : le Conseil d’Etat fournit de nombreuses précisions sur le décret du 8 avril 2024 relatif aux installations agrivoltaïques et agricompatibles (Conseil d’Etat, 16 mars 2026)
Par trois décisions du 16 mars 2026, le Conseil d’Etat a rejeté les recours demandant l’annulation du décret n°2024-318 du 8 avril 2024 relatif au développement de l'agrivoltaïsme et aux conditions d'implantation des installations photovoltaïques sur des terrains...
Urbanisme : quelle est la durée de validité des autorisations d’urbanisme délivrées pour les ouvrages de production d’énergie renouvelable ? (Tribunal administratif de Bordeaux, 4 mars 2026, n°2503330)
Par un jugement n°2503330 rendu ce 4 mars 2026, le tribunal administratif de Bordeaux a jugé que le décret n°2025-461 du 26 mai 2025, prolongeant et prorogeant le délai de validité des autorisations d'urbanisme délivrées entre 2021 et 2024, ne s'applique pas aux...
Économie circulaire : le point sur le futur règlement de l’UE relatif à la conception des véhicules et la gestion des véhicules hors d’usage (VHU)
Réforme à venir en droit de l’Union européennes en matière de circularité des véhicules (passeport numérique des véhicules) et de gestion des véhicules hors d’usage
Qu’est-ce qu’un « avocat en droit de l’environnement » ? Nos réponses sur l’accès, l’exercice et l’évolution du métier
La question nous est très souvent posée. Par nos clients, par des étudiant(e)s en droit qui réfléchissent à leur orientation professionnelle ou par des personnes qui cherchent un conseil pour défendre leurs droits : qu'est ce qu'un avocat en droit de l'environnement ?...
Lagopède alpin : la ministre de l’écologie doit suspendre, pour cinq ans, la chasse d’une espèce d’oiseau sauvage dont l’état de conservation est mauvais (Conseil d’Etat, 2 mars 2026, Ligue pour la Protection des Oiseaux, One Voice et Comité écologique ariègeois)
Voici une décision importante dont l'intérêt va bien au-delà de la seule question de la conservation du Lagopède alpin mais pourrait contraindre la ou le ministre de l'écologie a suspendre plus souvent la chasse d'espèces sauvages en mauvais état de conservation sans...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






