En bref
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
Transition énergétique : le Premier ministre confirme un changement de forme et de fond pour la prochaine feuille de route énergétique, qui sera adoptée par une loi
Ce lundi 28 avril 2025, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a procédé à une « déclaration sur la souveraineté énergétique de la France » qui a été suivie d’un débat sans vote, comme le prévoit l’article 50-1 de la Constitution. Un débat du même type sera organisé au Sénat le 6 mai. Le Premier ministre a confirmé que la prochaine programmation pluriannuelle sera inscrite dans une loi procédant de la proposition de loi déposée par le sénateur Daniel Gremillet et déjà adoptée au Sénat. L’Assemblée nationale l’examinera mi-juin. Le projet de décret PPE qui vient d’être soumis à consultation ne sera pas publié avant le vote de cette loi. Un autre décret d’application sera publié « à la fin de l’été. Ce changement de la méthode d’élaboration de la programmation pluriannuelle de l’énergie augure sans doute d’un changement de fond du contenu même de cette feuille de route de notre politique énergétique.
Sur le plan du droit, cette déclaration appelle les observations suivantes.
Sur la forme : un changement de méthode d’élaboration de la programmation pluriannuelle de l’énergie
Le Premier ministre a confirmé, ce 28 avril 20205, devant les rares députés présents pour écouter sa déclaration, que la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) sera inscrite dans une loi. Une loi qui procèdera de la proposition de loi déposée par le sénateur (LR) Daniel Gremillet. Sénateur qui sera au demeurant chargé, par le Gouvernement, d’animer un groupe de travail chargé d’accompagner les travaux parlementaires en cours.
Le Sénat a déjà adopté, en première lecture, cette proposition de loi qui prévoit bien de faire remonter la programmation pluriannuelle de l’énergie de la France (PPE) du décret dans la loi et de la réécrire assez complètement dans un sens contraire à l’actuelle transition énergétique. Le Premier ministre a ainsi pris soin de souligner que si la dernière PPE de 2020 prévoyait la mise à l’arrêt de 14 réacteurs nucléaire, la prochaine devrait prévoir l’ouverture de 14 réacteurs nucléaires.
Une proposition de loi soutenue à l’Assemblée nationale par les députés du groupe RN qui ont déposé une copie de ce texte pour protester contre l’éventuelle adoption de la PPE, récemment soumise à consultation publique, par décret (à lire ici : https://lnkd.in/ebmxwqpr). Le Premier ministre a d’ores et déjà confirmé que la proposition de loi du sénateur Daniel Gremillet (co-signée par le sénateur Bruno Retailleau avant qu’il n’entre au Gouvernement) sera discutée par les députés en juin prochain.
Sur le fond : un changement de fond de la programmation pluriannuelle de l’énergie
Le Sénat vient de voter, ce 16 octobre, une proposition de loi « portant programmation nationale et simplification normative dans le secteur économique de l’énergie« ). Ce texte comporte plusieurs dispositions à rebours des objectifs et de la trajectoire de la PPE de 2020.
Modification de la nature de l’objectif contraignant de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. Pour l’heure, l’Etat a fixé un objectif de réduction de nos émissions de GES de 40 % entre 1990 et 2030. Il s’agit d’un objectif de résultat qui structure toute notre politique énergétique. Il faut « réduire » (article L.100-4 du code de l’énergie). Cet objectif est cependant dépassé. L’UE a en effet décidé, en 2021, d’un objectif global de réduction de 55% des émissions de GES entre 1990 et 2030. Chaque Etat doit ensuite faire sa part. La proposition de loi votée par le Sénat (art 11) prévoit :
- de passer de 40% à 50% l’effort de réduction des émissions de GES
- MAIS aussi de passer d’un objectif de résultat (« réduire ») à un simple objectif de moyen non contraignant (« tendre vers une réduction »)
Avec un tel objectif ainsi affaibli, l’Etat serait tenu de « faire au mieux ». En infraction avec l’obligation qui nous est faite par le droit de l’UE de prévoir un objectif « minimal » de réduction des émissions de GES. L’idée est de prévenir le risque d’engagement de la responsabilité de l’Etat devant le juge administratif en réduisant la valeur juridique de l’objectif et donc de la trajectoire qui y mène.
Suppression de l’objectif spécifique de développement des énergies renouvelables au profit d’un objectif de développement des « énergies décarbonées ». Le Sénat a également voté la suppression de l’objectif spécifique de développement des énergies renouvelables inscrit au 4° de l’article L100-4 du code de l’énergie. Cet objectif serait remplacé par un objectif des développement des « énergies décarbonées ». De manière assez incohérente, la suite du texte de la proposition de loi continue d’employer les termes « énergies renouvelables ». Si ce texte est confirmé par les députés, il ne sera plus question d’atteindre un objectif de part (40%) des énergies renouvelables dans la production d’électricité. Surtout si celle-ci est assurée par le nucléaire qui est désormais qualifié d’énergie décarbonée au même titre que l’éolien ou le solaire.
Réduction des objectifs sectoriels de développement de l’éolien et du solaire. S’agissant de la production d’énergie éolienne, l’objectif relatif à l’éolien terrestre est pour sa part, un simple objectif de moyen dépourvu de tout chiffre et de toute année de référence. Il n’engage plus personne à rien. S’agissant du solaire, la situation est moins préoccupante pour le solaire photovtaïque avec un objectif de capacité installée à 50GW d’ici 2030 mais qui est toutefois en retrait par rapport à ce que prévoyait le projet de Stratégie française énergie – climat de 2023 (contre 54 à 60 GW d’ici 2030). Dans son état actuel de rédaction, la propositiokn de loi ne définit pas de rythme annuel ou d’objectif intermédiaire.
La proposition de loi devrait être débattue à l’Assemblée nationale mi-juin 2025.
Arnaud Gossement
Avocat et professeur associé à l’université Paris I
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
IA : l’usage abusif de l’intelligence artificielle peut mener à une amende pour recours abusif (tribunal administratif de Rennes, ord., 19 août 2026, n°2508168)
Par une ordonnance n°2508168 rendue ce 19 août 2026, le tribunal administratif de Rennes a infligé une amende pour recours abusif à une personne dont le recours avait manifestement été écrit à l'aide d'un outil d'intelligence artificielle. Une ordonnance qui ne...
Sénatoriales 2026 : publication de la circulaire du ministre de l’intérieur sur l’attribution d’une nuance politique aux candidats, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche
Le ministre de l'intérieur vient d'adresser aux préfets une circulaire du 23 août 2026 relative à l'attribution des nuances politiques aux candidats aux élections sénatoriales du 27 septembre 2026. Une circulaire dont l'objet est de permettre aux préfets de disposer,...
Commande publique : entrée en vigueur le 22 août 2026 des nouvelles obligations de prise en compte des objectifs de développement durable dans les marchés publics (article 35 de la loi « climat et résilience » du 22 août 2021)
Depuis ce 22 août 2026, plusieurs dispositions de l'article 35 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, dite loi "climat et résilience" sont entrées en vigueur. Elles...
Stockage d’électricité : nouvelle suspension de l’exécution d’un refus de permis de construire une installation de stockage d’électricité en zone agricole (tribunal administratif de Nantes, ref., 4 août 2026, n°2614155)
Par une ordonnance n°2614155 du 4 août 2026, le juge du référé-suspension du tribunal administratif de Nantes a suspendu l'exécution de la décision par laquelle un préfet a refusé de délivrer un permis de construire en vue de la construction d’infrastructures de...
Ours : certains tirs d’effarouchement n’étaient pas « manifestement » illégaux mais le débat sur leur légalité se poursuit (Conseil d’Etat, ref., 20 août 2026, n°518725 – dossier cabinet)
Par une ordonnance n°518725 du 20 août 2026, la juge du référé-liberté du Conseil d'Etat a refusé de suspendre certains tirs dits d'effarouchement à l'encontre des ours par les éleveurs d'un groupement pastoral dans les Pyrénées. Au motif qu'il n'est pas démontré que...
Chasse : publication de la nouvelle liste des espèces « susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD) pour la période 2026-2029
Le Gouvernement a publié, au journal officiel du 21 août 2026, l'arrêté du 10 août 2026 pris pour l'application de l'article R. 427-6 du code de l'environnement et fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces susceptibles d'occasionner des...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






