En bref
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
Urbanisme : nouvelle annulation d’un permis de construire pour défaut de motivation de l’avis du commissaire enquêteur (CAA Nantes)
Par arrêt N° 14NT00255 du 15 avril 2016, la Cour administrative d’appel de Nantes a annulé deux arrêtés portant permis de construire des éoliennes et un poste de livraison électrique, au motif que le commissaire enquêteur n’a pas assorti son avis favorable des raisons qui le déterminent.
Aux termes de son arrêt rendu ce 15 avril 2016, la Cour administrative d’appel de Nantes a pris soin de citer des extraits du rapport du Commissaire enquêteur :
« 8. Considérant que le rapport établi par le commissaire-enquêteur comporte une première partie intitulée » rapport d’enquête » qui rappelle l’objet de l’enquête ainsi que les conditions de son organisation et de la publicité dont elle a fait l’objet ; que le commissaire-enquêteur y décrit le contenu du dossier d’enquête, les actions qu’il a menées et y analyse les observations exprimées en cours d’enquête ; que la seconde partie du rapport, relative aux » conclusions de l’enquête « , débute par des » considérations générales « , se poursuit par un » examen des observations « , consistant à rendre compte de la réponse apportée par le commissaire-enquêteur aux principales observations émises par les participants à l’enquête publique, et s’achève par des » conclusions générales » dont l’énoncé est le suivant : » Après avoir longuement étudié les avantages et les contraintes proposés lors des demandes de permis de construire dans le cadre d’un projet de création de quatre éoliennes, après avoir analysé l’ensemble des observations et étudiées plus particulièrement certaines d’entre elles, j’émets un AVIS FAVORABLE à ce projet de parc éolien sur les communes de X et Y au lieudit Z qui a fait l’objet de la présente enquête publique » ; »
Il convient de souligner que ce rapport du commissaire enquêteur n’était pas, à proprement parler « insuffisant ». le commissaire enquêteur semble avoir respecté les exigences relatives à la rédaction de son rapport, du point de vue de l’analyse du dossier et des observations exprimées par les personnes ayant participé à l’enquête publique.
Toutefois, l’arrêt précise que le commissaire enquêteur n’a pas exprimé de « position personnelle » en n’indiquant pas quelles sont les raisons susceptibles de l’amener à exprimer un avis favorable :
« 9. Considérant que cette dernière mention ne permet pas de déterminer, même de manière sommaire, les motifs pour lesquels le commissaire-enquêteur a rendu un avis favorable ; que la compréhension des motifs ayant conduit le commissaire-enquêteur à émettre cet avis favorable ne peut pas davantage ressortir des mentions émises par ce dernier à propos des observations recueillies auprès du public, et qui portent, soit sur la démonstration de ce que l’ensemble des règles relatives à la publicité de l’enquête ont été respectées, soit sur les engagements pris par l’exploitant en vue de satisfaire à certaines critiques des riverains ; qu’ainsi l’avis favorable émis par le commissaire-enquêteur sur le projet en litige, qui ne peut être regardé comme assorti des raisons qui le déterminent, est intervenu en méconnaissance des dispositions précitées de l’article R. 123-22 du code de l’environnement ; que cette irrégularité, qui a privé le public de la garantie qui s’attache à l’expression d’une position personnelle du commissaire enquêteur, est de nature à entacher la légalité des permis en litige ; »
Cet arrêt démontre, une nouvelle fois, l’importance d’engager une réflexion sur le rôle exact du commissaire enquêteur, aujourd’hui garant de la participation du public et chargé d’émettre un avis personnel sur le fond du projet. Il est en effet difficilement acceptable que tout un projet soit ainsi remis en cause au seul motif qu’il manque un paragraphe dans le rapport du commissaire enquêteur.
Par ailleurs, les bénéficiaires des autorisations d’urbanisme entreprises ont intérêt à suivre attentivement l’enquête publique et à ne pas hésiter à se saisir de la procédure de modification des conclusions du commissaire enquêteur.
Arnaud Gossement
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Urbanisme : le refus de délivrer le permis de construire peut être fondé sur une incomplétude du dossier, sans demande de compléments préalable (Conseil d’Etat, 3 août 2026, n°497092)
Par une décision du 3 août 2026 n°497092, publiée au Recueil, le Conseil d’Etat a jugé que l’autorité administrative compétente peut refuser de délivrer un permis de construire lorsque ce dernier n’est pas complet, sans avoir adressé une demande de compléments...
Recours abusif : le législateur définit ce qu’est un « comportement abusif » (Loi n°2026-796 du 18 août 2026 d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles)
L'article 60 de la loi n°2026-796 du 18 août 2026 d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a créé une nouvelle procédure de condamnation de l’auteur d’un recours, considéré comme abusif, à des dommages et intérêts, devant le juge administratif Par une...
Bidoversité : publication du décret n°2026-829 du 28 août 2026 relatif au régime unique de la haie
Le Gouvernement a publié au journal officiel du 29 août 2026, le décret n° 2026-829 du 28 août 2026 relatif au régime unique de la haie. Le décret décrit les modalités de cette nouvelle procédure censée articuler sans les effacer les treize législations différentes...
IA : l’usage abusif de l’intelligence artificielle peut mener à une amende pour recours abusif (tribunal administratif de Rennes, ord., 19 août 2026, n°2508168)
Par une ordonnance n°2508168 rendue ce 19 août 2026, le tribunal administratif de Rennes a infligé une amende pour recours abusif à une personne dont le recours avait manifestement été écrit à l'aide d'un outil d'intelligence artificielle. Une ordonnance qui ne...
Sénatoriales 2026 : publication de la circulaire du ministre de l’intérieur sur l’attribution d’une nuance politique aux candidats, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche
Le ministre de l'intérieur vient d'adresser aux préfets une circulaire du 23 août 2026 relative à l'attribution des nuances politiques aux candidats aux élections sénatoriales du 27 septembre 2026. Une circulaire dont l'objet est de permettre aux préfets de disposer,...
Commande publique : entrée en vigueur le 22 août 2026 des nouvelles obligations de prise en compte des objectifs de développement durable dans les marchés publics (article 35 de la loi « climat et résilience » du 22 août 2021)
Depuis ce 22 août 2026, plusieurs dispositions de l'article 35 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, dite loi "climat et résilience" sont entrées en vigueur. Elles...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






