En bref
Publication du décret du 31 décembre 2025 relatif au mécanisme de capacité
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
[Soirée débat] 9 décembre 2025 – « Désinformation climatique : le rôle du droit face au brouillage du réel »
Un maire peut refuser le permis de construire d’un poulailler industriel en raison du manque d’eau, en tenant compte du changement climatique (jurisprudence cabinet)
Urbanisme : le recours contre le permis de construire modificatif formé par un tiers suspend la durée de validité du permis de construire initial (Conseil d’Etat)
Par une décision du 19 juin 2020, mentionnée aux Tables, le Conseil d’Etat a précisé que le recours d’un tiers contre le permis modificatif a pour effet de suspendre la durée de validité du permis de construire initial. Présentation.
Les faits et la procédure
Était en cause une procédure de référé suspension initiée par un tiers contre le refus de l’administration de constater la caducité d’un permis de construire portant sur la réalisation d’une maison individuelle, de dresser un procès-verbal d’infraction pour construction sans autorisation et de prendre un arrêté interruptif des travaux.
Le tiers opposé au projet considérait que le permis de construire qui avait été accordé initialement devait être regardé comme état périmé en application des dispositions de l’article R. 424-17 du code de l’urbanisme.
Le permis de construire initial avait fait l’objet d’un permis modificatif. Ce dernier a été contesté par le tiers, et finalement annulé par le juge administratif.
La question de droit
La spécificité de la question juridique posée au Conseil d’Etat était de savoir si le recours contre un permis de construire modificatif a suspendu la durée de validité du permis de construire initial.
Pour rappel, l’article R. 424-17 du code de l’urbanisme prévoit que le permis de construire est périmé si les travaux ne sont pas initiés dans le délai de trois ans à compter de sa notification au pétitionnaire. Passé ce délai, le pétitionnaire ne dispose plus de l’autorisation lui permettant de réaliser son projet.
Pour tenir compte d’un éventuel recours contentieux contre le permis de construire, rendant incertain la réalisation du projet, le code de l’urbanisme dispose que le délai de validité du permis est suspendu jusqu’à ce que le juge administratif ait rendu une décision irrévocable (Cf. Article R. 424-19 du code de l’urbanisme).
Si les conséquences de ces dispositions sont claires pour un recours formé contre le permis initial, elles ne précisent pas ce qu’il en est sur la durée de validité de ce permis en cas de recours contentieux contre un permis de construire modificatif qui lui est rattaché.
Sur le fond
Par une décision du 21 février 2018, n°402109, le Conseil d’Etat a jugé que le délai de validité du permis de construire initial n’est pas suspendu pendant la durée du recours formé par le bénéficiaire de ce permis contre la décision de refus de lui délivrer un permis modificatif.
Dans sa décision du 19 juin 2020, les circonstances sont différentes dès lors que le permis modificatif avait été accordé et que le recours était formé par un tiers.
Le Conseil d’Etat considère cette fois-ci que,
« si la délivrance d’un permis de construire modificatif n’a pas pour effet de faire courir à nouveau le délai de validité du permis de construire initial, le recours contentieux formé par un tiers à l’encontre de ce permis modificatif suspend ce délai jusqu’à l’intervention d’une décision juridictionnelle irrévocable. ».
Le recours d’un tiers contre le permis modificatif a donc pour conséquence de suspendre la durée de validité du permis de construire initial.
Cette appréciation est cohérente avec l’objet de l’article R. 424-19 du code de l’urbanisme.
Il importe de relever que l’annulation du permis de construire modificatif par le juge administratif n’a pas d’incidence sur l’effet suspensif du recours contre ce dernier sur la durée de validité du permis initial.
A l’inverse, si le pétitionnaire devait former un recours contentieux contre le refus d’un permis de construire modificatif, en obtenir l’annulation ainsi que la délivrance, l’existence du recours n’aurait pas pour effet de suspendre la durée de validité du permis initial.
Florian Ferjoux
Avocat – Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Le Gouvernement simplifie l’autorisation des installations d’élevage intensif en application de la « loi Duplomb » (Décret n° 2026-46 du 2 février 2026 modifiant la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement)
Par un décret n° 2026-46 du 2 février 2026 modifiant la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement, publié au journal officiel du 3 février 2026 et pris notamment pour l'application de la "Loi Duplomb" du 11 août 2025, le...
ZFE : le Parlement va-t-il réellement supprimer les zones à faibles émissions mobilité ? (loi de simplification de la vie économique)
Ce 20 janvier 2026, les députés et sénateurs, réunis en commission mixte paritaire, ont adopté une version du projet de loi de simplification de la vie économique qui comporte, à son article 15 ter, une mesure de suppression des zones à faible émissions mobilité...
Climat : le Gouvernement publie une trajectoire de réchauffement de la France métropolitaine de 2 °C à l’horizon 2030, de 2,7 °C à l’horizon 2050, de 4 °C à l’horizon 2100 (décret et arrêté du 23 janvier 2026)
Le Gouvernement a publié au journal officiel du 25 janvier 2026, deux textes relatifs à la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique de la France : le décret n° 2026-23 du 23 janvier 2026 relatif à la trajectoire de...
Pas de « silence vaut accord » à défaut de réponse sur une déclaration préalable pour un projet soumis à évaluation environnementale (Décret n°2025-1402 du 29 décembre 2025 relatif aux projets faisant l’objet d’une autorisation d’urbanisme et soumis à évaluation environnementale)
Depuis l’entrée en vigueur d’un décret du 29 décembre 2025, la déclaration préalable pour un projet soumis à l'obligation d'évaluation environnementale relève désormais de la règle du silence vaut rejet. Le décret tire les conséquences d’une décision du Conseil d’Etat...
Désobéissance civile : le blocage d’une autoroute par des manifestants écologistes peut être justifié par la liberté d’expression interprétée à la lumière de la liberté de réunion (Cour de cassation, 14 janvier 2026, affaire « Dernière rénovation », pourvoi n° 24-83.632)
Par un arrêt rendu ce 14 janvier 2026, la chambre criminelle de la Cour de cassation a jugé qu'une action de blocage d'une autoroute par des manifestants écologistes du collectif "Dernière rénovation" présente un lien direct avec l'exercice de la liberté d'expression,...
Autoroute A69 : la juge des libertés et de la détention bouscule les préfets du Tarn et et de la Haute-Garonne (TJ Toulouse, 12 janvier 2026 – référé pénal environnemental)
Par une ordonnance rendue le 12 janvier 2026 (disponible ici sur le site de Vert le média), la juge des libertés et de la détention (JLD) du tribunal judiciaire de Toulouse a ordonné la suspension immédiate des travaux en cours sur des sites en dehors de l'emprise...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






