En bref
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
[Soirée débat] 9 décembre 2025 – « Désinformation climatique : le rôle du droit face au brouillage du réel »
Un maire peut refuser le permis de construire d’un poulailler industriel en raison du manque d’eau, en tenant compte du changement climatique (jurisprudence cabinet)
Appel d’offres pour centrales solaires sur bâtiments, serres et hangars agricoles et ombrières de parking de puissance comprise entre 100kWc et 8 MWc : l’avis de la Commission de régulation de l’énergie
Par une délibération en date du 1er septembre 2016, la Commission de régulation de l’énergie vient de formuler un avis sur le projet de cahier des charges de l’appel d’offres portant sur la réalisation et l’exploitation d’Installations de production d’électricité à partir de l’énergie solaire « Centrales sur bâtiments, serres et hangars agricoles et ombrières de parking de puissance comprise entre 100kWc et 8 MWc ». Un avis mitigé.
La conclusion de l’avis exprimé par la Commission de régulation de l’énergie est la suivante :
« 4. AVIS DE LA CRE
La CRE est défavorable :
à la clause du cahier des charges autorisant l’augmentation de la puissance cible pour une période lorsque le volume total déposé dépasse largement la puissance cible initialement appelée ;
à l’exigence des pièces relatives à l’autorisation d’urbanisme, qui est inutile et alourdit la préparation des offres par les candidats et leur instruction par la CRE, engendrant par ailleurs un risque élevé d’irrecevabilité. Cette exigence ne va pas dans le sens de l’objectif de simplification de la procédure d’appel d’offres pourtant visé par la récente réforme.
La CRE est favorable aux autres dispositions du cahier des charges sous réserve toutefois que le délai d’instruction soit porté à un mois et que le plan d’affaires soit ajouté à la liste des pièces à fournir par les candidats. » (nous soulignons).
Cet avis est intéressant en ce qu’il souligne la part grandissante qu’occupe le droit de l’urbanisme dans la rédaction des cahiers des charges des appels d’offres destinés à encourager le développement de la production d’énergie solaire.
Pour mémoire, le cahier des charges de l’appel d’offres portant sur la réalisation et l’exploitation d’Installations de production d’électricité à partir de l’énergie solaire « Centrales au sol de puissance comprise entre 500 kWc et 17 MWc » comporte lui aussi des dispositions précises sur l’éligibilité des projets à l’endroit des règles d’urbanisme. Au demeurant, l’exclusion des projets situés en zone agricole va sans doute au-delà des exigences du droit positif et de la jurisprudence.
Dans sa délibération du 1er septembre 2016 relative à l’appel d’offres pour les centrales sur bâtiments, serres et hangars agricoles et ombrières de parking, la CRE s’oppose de nouveau à ce que les candidats soient contraints de produire une autorisation d’urbanisme :
« Dans son avis du 3 février sur le décret modifiant la procédure d’appel d’offres, la CRE « observ[ait] que certaines pièces aujourd’hui exigées des candidats dès le dépôt de leurs dossiers de candidature ne sont pas nécessaires à la notation et au classement des offres. Pourtant, la fourniture de certaines de ces pièces requiert un effort significatif de la part des candidats, sans garantie de pouvoir mener à bien leur projet. L’exigence de la fourniture de ces pièces dans le dossier sous peine d’irrecevabilité crée un risque important d’élimination pour les candidats compte tenu de la complexité des dossiers ».
Tel est le cas de l’autorisation d’urbanisme, dont le projet de cahier des charges exige la fourniture par les candidats alors que la garantie financière d’exécution répond déjà à l’objectif d’écarter les projets dont la réalisation est incertaine. De plus, le retrait automatique de la décision de désignation – faute de constitution de la garantie financière dans les deux mois après la désignation des lauréats – renforce l’incitation à ne déposer que des projets suffisamment matures, pour lesquels une garantie sera obtenue sans difficulté de la part d’un établissement bancaire voire pour lesquels cette garantie ou un accord de principe a été obtenu en amont du dépôt de l’offre.
Au surplus, les cas dérogatoires engendrent une complexité d’instruction supplémentaire importante et représentent un niveau de formalisme disproportionné qui conduira nécessairement à l’élimination d’un grand nombre de projets qui auraient probablement pu se réaliser sans disposer de ces documents.
Dès lors, la CRE demande que l’exigence des pièces relatives à l’autorisation d’urbanisme soit supprimée.
À défaut, la CRE ne sera pas en mesure d’instruire les offres dans les délais prévus par le cahier des charges. »
Cet avis doit retenir l’attention en ce qu’il témoigne aussi et sans doute de la « crainte » de la CRE de devoir se prononcer sur la conformité d’un dossier de candidature aux règles du droit de l’urbanisme.
Les cahiers des charges des appels d’offres ont tendance à utiliser le droit de l’urbanisme comme un outil de sélection des projets. Plus encore, ces documents comportent parfois des règles qui vont au-delà des exigences du droit positif et de la jurisprudence. Tel est le cas par exemple s’agissant de l’inéligibilité des projets au sol en zone agricole.
Une fois de plus, les candidats sont fortement encouragés à s’assurer que leurs dossiers sont tout à fait conformes aux exigences ainsi renforcées du droit de l’urbanisme.
Arnaud Gossement
Avocat associé – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Dérogation espèces protégées : la raison impérative d’intérêt public majeur d’un projet pourrait être reconnue dés le stade de sa déclaration d’utilité publique (projet de loi-cadre relatif au développement des transports)
Le ministre des transports a présenté, ce 11 février 2026, le projet de loi-cadre relatif au développement des transports. L'article 19 de ce projet de loi-cadre modifie plusieurs codes de manière à ce que l'Etat puisse, lors de la déclaration de projet (I) ou de la...
Programmation pluriannuelle de l’énergie : le décret n° 2026-76 du 12 février 2026 a été publié au journal officiel. Voici ce qu’il faut en retenir
Par un décret n° 2026-76 du 12 février 2026, le Gouvernement a publié la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie : un décret et, en annexe, un document comportant les nouveaux objectifs de développement des différentes sources de production d’énergies...
Vélo : le Gouvernement propose d’affaiblir l’obligation pour les collectivités territoriales de créer des pistes cyclables (projet de loi-cadre relatif au développement des transports)
Le ministre des transports a présenté en conseil des ministres, le 11 février 2026, le projet de loi-cadre relatif au développement des transports dont l'article 21 prévoit d'affaiblir considérablement, s'il était adopté, le contenu de l'obligation - créée il y a...
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) : le Gouvernement dévoile ses nouveaux objectifs avec une clause de revoyure en 2027
Le Gouvernement a dévoilé, ce jeudi 12 février 2026, le contenu de la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3) comportant notamment les nouveaux objectifs de développement des différentes sources de production d'énergies électriques et non...
Économie circulaire : le rechapage des pneumatiques usagés, enjeu clé de la modification en cours du cahier des charges des éco-organismes de la filière REP des pneumatiques
La ministre de la transition écologique a soumis à consultation publique un projet d’arrêté modifiant les cahiers des charges éco-organismes et des organismes coordonnateurs de la filière à responsabilité élargie du producteur des pneumatiques annexés à l’arrêté du 27...
Dérogation espèces protégées : un projet « d’intérêt national majeur répondant à une raison impérative d’intérêt public majeur » est d’abord un grand projet (Conseil d’Etat, 6 février 2026, n°500384)
Par une décision n°500384 du 6 février 2026, le Conseil d'Etat a rejeté le recours par lequel plusieurs associations de défense de l'environnement ont demandé l'annulation du décret n°2024-708 du 5 juillet 2024 qualifiant de "projet d'intérêt national majeur" (PINM)...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






