En bref
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
Investissement participatif dans les énergies renouvelables : le cadre juridique se met en place
Lors de la dernière réunion de la commission juridique d’Enerplan – le syndicat des professionnels du solaire – notre cabinet est revenu sur le cadre juridique relatif à l’investissement participatif dans les projets de production d’énergie renouvelable.
La question de l’investissement participatif est d’autant plus d’actualité que les appels d’offres publiés par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) encouragent en outre l’investissement participatif, en allouant un bonus tarifaire aux candidats dont l’offre prendrait en compte ce critère.
Les réponses récemment publiées par la CRE aux questions des candidats aux appels d’offres portant sur la réalisation et l’exploitation d’Installations de production d’électricité à partir de l’énergie solaire « Centrales au sol de puissance comprise entre 500 kWc et 17 MWc » » et « en autoconsommation » apportent un nouvel éclairage sur les contours de l’investissement participatif.
Pour mémoire, l’article 111 de la loi n°2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte a fixé un cadre juridique pour l’investissement participatif, par la forme d’une participation au capital d’une société de projet de production d’énergie renouvelable ou au financement d’un projet de production d’énergie renouvelable.
L’article L. 314-28 du code de l’énergie prévoit ainsi que les sociétés par actions et les sociétés d’économie mixte locales ainsi que les sociétés coopératives constituées pour porter un projet de production d’énergie renouvelable peuvent,
- lors de la constitution ou de l’évolution de leur capital, en proposer une part aux personnes physiques, notamment aux habitants dont la résidence est à proximité du lieu d’implantation du projet, ainsi qu’aux collectivités territoriales et à leurs groupements sur le territoire desquels il se situe.
- proposer à ces mêmes personnes de participer au financement du projet de production d’énergie renouvelable.
Ces offres de participation au capital ou au financement peuvent être faites directement par les porteurs des projets auprès des personnes susmentionnées, ou indirectement.
Le porteur de projet peut ainsi recourir à un fonds d’entreprenariat social éligible, spécialisé dans l’investissement en capital dans les énergies renouvelables, à une société ayant pour objet le développement des énergies renouvelables et bénéficiant de l’agrément « entreprise solidaire d’utilité sociale» ou encore à des plateformes de crowdfunding (conseillers en investissements participatifs, intermédiaires en financement participatif ou prestataires de services d’investissement).
Le décret n° 2016-1272 du 29 septembre 2016 relatif aux investissements participatifs dans les projets de production d’énergie renouvelable, codifié à l’article R. 314-71 du code de l’énergie, fixe enfin les conditions dans lesquelles les offres des sociétés constituées pour porter un projet de production d’énergie renouvelable ne constituent pas une « offre au public » de titres financiers au titre de l’article L. 411-1 du code monétaire et financier.
En premier lieu et dans ce contexte, les cahiers des charges des derniers appels d’offres publiés par la CRE prévoient généralement qu’une prime est allouée au candidat qui a recours à l’investissement participatif.
La prime bénéficie ainsi au candidat s’il s’engage à être au moment de la réalisation du projet :
- soit une collectivité territoriale ou un groupement de collectivités ;
- soit une société par actions ou une SEML dont au moins 40% du capital est détenu, distinctement ou conjointement, par vingt personnes physiques, une ou plusieurs collectivités territoriales, des groupements de collectivités
- soit une société coopérative dont au moins 40% du capital est détenu, distinctement ou conjointement, par vingt personnes physiques, une ou plusieurs collectivités territoriales, des groupements de collectivités.
Sauf exceptions, les cahiers des charges des appels d’offres prévoient également que la prime bénéficie au candidat qui s’engage à ce que 40% du financement du projet soit apporté, distinctement ou conjointement par au moins vingt personnes physiques, une ou plusieurs collectivités territoriales, des groupements de collectivités.
Le candidat est tenu de joindre à son offre une lettre d’engagement sur l’honneur à respecter ces conditions jusqu’à trois ans après la date d’achèvement du projet.
A noter que ce bonus est également prévu par le projet de cahier des charges de l’appel d’offres portant sur la réalisation et l’exploitation d’installations éoliennes à terre.
En deuxième lieu, le caractère incitatif de ce bonus a poussé les potentiels candidats à examiner de plus près les possibilités d’investissement participatif dans le cadre de leur projet.
Ainsi, la CRE a été amenée à répondre à de nombreuses questions des candidats. Les dernières réponses, publiées les 16 et 24 janvier 2017, apportent d’utiles éclaircissements.
En particulier, la CRE a précisé les définitions de « capital » et « financement » :
« On entend par « capital » la somme des fonds propres et quasi fonds-propres. On entend par « financement » l’ensemble du financement du projet, ce qui inclut donc la dette bancaire et les fonds propres notamment ». (cf. réponse à la question Q89 publiée le 5 janvier 2017 dans le cadre de l’appel d’offres « Centrales solaires au sol)
« Les quasi fonds propres sont des ressources financières n’ayant pas la nature comptable de fonds propres, mais s’en approchant. Il s’agit des instruments financiers donnant accès à terme au capital. Ils regroupent notamment les comptes courants d’associés, les obligations convertibles, OBSA. Ils ne regroupent cependant pas les obligations simples, emprunts participatifs ou encore titres subordonnés » (cf. réponse à la question Q126 publiée le 16 janvier 2017 dans le cadre de l’appel d’offres « Centrales solaires au sol » et réponse à la question Q91 publiée le 24 janvier 2017 dans le cadre de l’appel d’offres « autoconsommation »)
La CRE a également apporté des précisions sur les montages de projet admissibles, les investisseurs concernés et les modalités du financement.
Elle a ainsi fixé une véritable doctrine, particulièrement utile aux candidats aux appels d’offres, mais également à l’ensemble des professionnels de la production d’énergie renouvelable qui souhaitent avoir recours à l’investissement participatif.
Margaux Caréna
Avocate – cabinet Gossement avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Energie : une installation de stockage d’électricité (BESS) peut être compatible avec une activité agricole, pastorale ou forestière (CAA Nantes, 5 octobre 2026, n°25NT03108 – Dossier cabinet)
Voici une information attendue par les développeurs d'installations de stockage d’électricité (BESS). Par un arrêt n°25NT03108 du 5 octobre 2026, la cour administrative d'appel de Nantes a pris acte de la décision du ministre de la ville et du logement de se désister...
Solaire flottant : une installation peut, en raison de sa puissance, ne pas être « nécessaire au fonctionnement des services publics », en zone rouge d’un PPRi (CE, 2 octobre 2026, n°499779)
Par une décision n°499779 rendue le 2 octobre 2026, le Conseil d'État a jugé qu'un préfet peut refuser l'implantation d'une centrale solaire flottante en zone rouge d'un plan de prévention des risques d'inondations (PPRi). Pour le Conseil d'Etat, si cette installation...
Chasse : la chasse aux filets des alouettes des champs poursuit des finalités « vivrières, culturelles et récréationnelles » qui lui sont propres et qui justifient qu’elle soit autorisée en plus de la chasse au tir (Conseil d’Etat, 2 octobre 2026, Association One voice et Ligue pour la protection des oiseaux, n°507798)
Par une décision n°507798 rendue le 2 octobre 2026, le Conseil d'Etat a rejeté les requêtes par lesquelles l'associations One voice (représentée par notre cabinet) et la Ligue pour la protection des oiseaux, ont demandé l'annulation de deux arrêtés du 28 août 2025 par...
Solaire : le Gouvernement veut remettre en cause les contrats d’achat signés et élargir le périmètre des installations concernées (PLF 2027)
Le projet de loi de finances pour 2027, actuellement préparé par le Gouvernement comporte des mesures qui fragilisent le soutien public des installations de production d'énergie solaire. Au nom de l'objectif affiché de réduction de la dépense publique, le Gouvernement...
Greenwashing : la directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024 s’applique-t-elle directement aux entreprises à compter du 27 septembre 2026 ?
Plusieurs articles précisent ou laissent entendre que les entreprises doivent, au plus tard ce 27 septembre 2026, vérifier que leurs produits et services respectent directement les exigences de la directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024 modifiant les directives...
Chasse : la ministre de l’écologie autorise la chasse de 5000 specimens de fuligule milouin, en recommandant de privilégier le prélèvement des mâles
La ministre de l'écologie a publié au journal officiel du 24 septembre 2026, l'arrêté du 31 août 2026 encadrant la chasse du fuligule milouin pour la saison cynégétique 2026-2027. L'arrêté du 31 août 2026 fixe la date d'ouverture de la période de chasse au 1er octobre...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






