En bref
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir des objectifs en matière de biogaz
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
[Soirée débat] 9 décembre 2025 – « Désinformation climatique : le rôle du droit face au brouillage du réel »
Le dispositif des certificats d’économies d’énergie ne constitue pas une aide d’Etat (Conseil d’Etat)
Par décision n° 375467 du 9 mars 2016, le Conseil d’Etat a rejeté la demande d’annulation du décret n° 2013-1199 du 20 décembre 2013, relatif aux certificats d’économies d’énergie. A cette occasion, et pour la première fois, la Haute juridiction a jugé que le dispositif des certificats d’économies d’énergie ne constitue pas une aide d’Etat.
Il sera rappelé, dans un premier temps, les principales caractéristiques du dispositif des certificats d’économies d’énergie (I) et analysé, dans un second temps, l’apport de cette décision (II).
I. Le dispositif des certificats d’économies d’énergie
Le dispositif des « certificats d’économies d’énergie » a été créé par la loi n° 2005-781 du 13 juillet 2005 de programme fixant les orientations de la politique énergétique.
Il soumet les fournisseurs d’énergie dont les ventes excèdent un certain seuil à des obligations d’économies d’énergie, dont ils s’acquittent par la détention, à la fin de chaque période de référence, de certificats d’économies d’énergie.
En vertu de ce dispositif, les fournisseurs d’énergie peuvent réunir les certificats soit en réalisant eux-mêmes des économies d’énergie, soit en obtenant de leurs clients qu’ils en réalisent, soit en les acquérant le plus souvent auprès d’un autre fournisseur d’énergie.
A défaut de justifier de l’accomplissement de leurs obligations à l’issue de la période considérée, en produisant les certificats d’économies d’énergie correspondants, les fournisseurs d’énergie sont tenus au versement d’une pénalité.
Les décrets du 29 décembre 2010 relatifs, d’une part, aux obligations d’économies d’énergie dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie et, d’autre part, aux certificats d’économies d’énergie ont été pris pour l’application de ces dispositions.
Le décret attaqué, qui modifie ces deux décrets, a pour principal objet de prolonger d’un an la deuxième période triennale d’obligations d’économies d’énergie, initialement prévue du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2013.
II. La conformité du dispositif des certificats d’économies d’énergie au régime des aides d’Etat
La question principale posée au Conseil d’Etat portait sur la compatibilité du dispositif des certificats d’économies d’énergie avec le régime des aides d’Etat.
Pour mémoire, l’article 107, paragraphe 1 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne pose le principe de l’interdiction des « aides d’Etat ». L’article 108, paragraphe 3, précise que tout projet qui institue ou modifie une aide d’État doit être notifié à la Commission européenne, préalablement à sa mise en exécution.
Par ailleurs, il incombe aux juridictions nationales de sanctionner, le cas échéant, l’invalidité de dispositions de droit national qui auraient institué une aide d’Etat qui n’aurait pas été préalablement notifiée à la Commission.
En l’espèce, la requérante faisait valoir que le dispositif des certificats d’économies d’énergie constitue une aide d’Etat, dont le projet aurait dû être notifié à la Commission européenne. La requérante se prévalait notamment de l’arrêt C-279/08 du 8 septembre 2011, par lequel la Commission européenne avait qualifié d’aide d’Etat un système d’échange des droits d’émission pour les oxydes d’azote.
Afin d’examiner la question, le Conseil d’Etat rappelle que, pour qu’un avantage puisse être qualifié d’aide d’Etat, il doit, d’une part, être imputable à l’Etat et, d’autre part, être accordé directement ou indirectement au moyen de ressources d’Etat.
A cet égard, le Conseil d’Etat estime que le dispositif des certificats d’économies d’énergie, créé par le législateur et mis en œuvre par le pouvoir réglementaire, est bien imputable à l’Etat.
Toutefois, il juge que la mesure critiquée n’institue pas un avantage accordé directement ou indirectement au moyen de ressources d’Etat.
En effet, le Conseil d’Etat relève que l’Etat ne contrôle ni la quantité de certificats offerts sur le marché, ni leur valeur marchande. Il se borne à fixer le plafond du prix d’échange des certificats à travers la détermination de la sanction pécuniaire infligée aux fournisseurs qui ne produisent pas les certificats d’économies d’énergie justifiant du respect de leurs obligations.
En outre, le Conseil d’Etat fait valoir que ces certificats ne sont pas comparables au mécanisme des permis d’émission d’oxyde d’azote négociables, dès lors qu’ils n’ont pas de valeur pour les bénéficiaires et servent uniquement de preuve officielle attestant de la réalisation d’économies d’énergie éligibles au dispositif.
Ainsi, ils n’ont figuré à aucun moment dans le patrimoine de l’Etat, lequel n’avait donc aucune possibilité de les vendre ou de les mettre en adjudication. En conséquence, la Haute juridiction estime qu’il n’existe pas de lien suffisamment direct entre la faculté de négocier ces certificats et une renonciation par l’Etat à une ressource existante ou potentielle.
Partant, le Conseil d’Etat juge que le dispositif des certificats d’économies d’énergie ne constitue pas une aide d’Etat, et ne devait pas à ce titre être notifié à la Commission européenne.
Margaux Bouzac
Avocate
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Référé-liberté : l’euthanasie d’un animal porte atteinte au droit de propriété et au droit à la vie privée de son propriétaire ou détenteur « compte tenu du lien affectif particulier établi avec lui » (Conseil d’Etat, ord, 19 février 2026, Société Protectrice des Animaux du Roannais, n°511614)
Par une ordonnance n°511614 du 19 février 2026, le juge du référé-liberté du Conseil d'Etat a jugé que le fait pour une autorité publique d'ordonner l'euthanasie d'un animal constitue pour son propriétaire ou son détenteur, par nature et quels que soient les motifs...
Déchets du bâtiment : les députés refusent de discuter en urgence du projet de refondation de la filière de gestion de ces déchets, défendu par le Gouvernement (REP PMCB)
Une opération étonnante vient d'échouer à l'Assemblée nationale ce mardi 24 février 2026. Le Gouvernement a en effet tenté, en vain, de faire voter en urgence par les députés réunis en commission du développement durable, son projet de réforme ("refondation") des...
Déchets du bâtiment : le Gouvernement annonce une réforme de la filière REP PMCB mais pas encore de calendrier
Le ministre délégué de la Transition écologique a publié ce 19 février 2026, un communiqué de presse pour préciser quel sont les grands choix réalisés par le Gouvernement pour procéder à la refondation de la filière à responsabilité élargie du producteur pour les...
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir en matière d’énergie solaire (thermique et photovoltaïque)
Le décret du 12 février 2026 relatif à la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) a été publié. Il présente notamment la planification de l’énergie solaire, thermique et photovoltaïque. Présentation. La nouvelle feuille de route pour l’énergie...
Elevages : le Gouvernement et le sénateur Laurent Duplomb défendent la création d’un cadre juridique spécifique et dérogatoire pour les installations d’élevages d’animaux (projet de loi DDADDUE)
Le mercredi 18 février 2026, le Sénat a adopté en première lecture, le projet de loi portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, d’information, de transport, de santé,...
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026
L'Université Paris I Panthéon-Sorbonne (SERDEAUT Centre de recherches), centre de recherches de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne dirigé par le professeur Norbert Foulquier, organise un cycle de conférences mensuelles : "Les matinales du droit de l'environnement"....
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






![📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026](https://www.gossement-avocats.com/wp-content/uploads/2026/02/affiche-matinale-du-serdeaut-12-mars-2026-dep-400x250.jpg)